‹ Explications du maréchal ClauzelChapitre 53 sur 62 · NOTICE HISTORIQUE SUR LA VILLE DE OONSTANTINE · texte numérisé non relu

NOTICE HISTORIQUE SUR LA VILLE DE OONSTANTINE

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Suivant le président de Brosses, Girta, en phénicien, voudrait dire la Ville par excellence. |

Danville, la plus solide autorité pour la géographie comparée, s'exprime ainsi sur Cirta: « En séloignant de la mer d'environ » 50 milles, on trouve Cirta, résidence des rois de Numidie. Elle » fut appelée par les Romains Colonia Siüttianorum, du nom d’un » partisan nommé Siltius qui rendit de grands services à César » dans sa guerre d'Afrique. » Appien dit qu’elle fut donnée en dotation à Sittius. Micipsa y avait mené une peuplade grecque, et, suivant Strabon, ce prince l'avait rendue tellement puissante qu’elle pouvait mettre sur pied 20,000 fantassins et 10,000 cavaliers. Sous le Bas-Empire elle fut nommée Constantine, son nom actuel, parce que , suivant Aurelius Victor, Constantin l'aurait embellie.

Cirta était la capitale de Massinissa, qui y régna soixante ans. Ptolomée l'appelle Cirta-Julia, comme conquise par César. Elle est nommée Girta-Colonia dans l’histoire d'Antonin.

Il faut regarder comme erronée l’opinion qui confond sa position antique avec celle d'Alger. Le docteur Schaw n'a pas partagé cette erreur ; mais son traducteur la lui fait commettre quand il dit que Cirta s’avançait beaucoup dans la mer. Pomponius-Mela crut devoir insister sur ce que Cirta n’était pas près de la mer. Pline la place à 48 milles dans les terres.

* Selon Danville, une rivière qui porte ses eaux au Oued-el-Kebir, V'Ampsagus des anciens, enveloppe entièrement Constantine, et plusieurs voies romaines se font aisément reconnaître aux environs de la ville.

L'empereur Justinien y fit de grandes réparations. Procope les décrit ainsi : la muraille d'enceinte était si basse qu’elle était aisée à escalader, et si faible qu'il semblait que ceux qui l'avaient bâtie

n'avaient pas eu dessein qu'elle servit à la défense. Les tours étaient si éloignées les unes des autres que ceux qui attaquaient pouvaient se tenir hors de la portée du trait ; enfin le temps l'avait entièrement ruinée. Il semblait aussi que la muraille du dehors n'avait été faite que pour servir aux assiégeans. Elle n’avait que trois pieds de large, et n’était liée qu'avec de la boue. Le pied était de pierres dures, mais le haut n’était que de pierres tendres. Justinien en fit réparer toutes les ruines du côté du septentrion et du côté de l’occident. Il fit accroître du double le nombre des tours. De plus il fit rehausser les tours, ainsi que les murailles. La ville , située sur une éminence, manquait d'eau. [l y avait à un mille des fontaines qui arrosaient un boïs; Justinien y fit construire un grand aquéduc et distribua de l'eau dans Constantine. Ces ouvrages acquirent à Justinien le nom de second fondateur de cette cité.

Les historiens modernes n'offrant rien de plus détaillé sur Constantine que ce que nous donne Procope ( De Ædificiis, 1. 2, eh. 5), il a bien fallu recourir aux auteurs anciens. Gette ville était plus

connue dans l'antiquité que de nos jours.

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