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ANCIENNES POSSESSIONS FRANCAISES DE LA CALLE. $S VI

Avant la guerre de 1830 contre Alger , les concessions d'Afrique comprenaient une soixantaine de lieues des côtes de Barbarie (4). Notre première prise de possession datait de 1520, Les établissemens eurent à souffrir plusieurs vicissitudes jusqu’au moment où les Français furent chassés définitivement de la Calle, ville incendiée par les Arabes, d’après l’instigation des Turcs, le 18 juin 1827. L’est de ces parages , où se trouvent nos anciennes possessions de la Calle , du cap Rosa’, du bastion de France et du cap Roux, était affecté à la pêche du corail, ainsi que le golfe de Bone et les environs

(1) L'expression de concession, à force d’être répétée, remplaca celle de possession, consacrée dans plusieurs traités des dix-septième et dix-

huitième siècles.

du cap Ferrat (4). L'autre partie des côtes de la province de Gonstanline, objet des concessions commerciales, était exploitée par une compagnie française qui y faisait un commerce exclusif sur les grains, les cuirs, la laine, le miel, la cire, la soie et l'huile.

L'avantage déce monopole coûtait à la France une redevance annuelle de 200,000 fr. payée au pacha d'Alger. Le trésor rentrait dans ses avances en accordant des patentes de pêche aux bâtimens corailleurs, à raison de 1,000 fr. pour la saison d'été, et de 500 fr. pour celle d'hiver.

Souvent le même bateau prend aussi une patente tunisienne , afin de pouvoir pêcher dans les eaux de Tabarca. Elle coûte moitié

moins que celle de France.

(1) Péche du Corail.

La pêche du corail est faite par des balancelles, bateaux pontés du port de 15 à 25 tonneaux, ayant de 8 à 12 hommes d'équipage et deux mousses constamment occupés à faire ou à réparer ies filets. La voilure est fort basse ; soutenue par un seul mât, elle se compose d’une voile latine et d’une brigantine. Les filets de pêche sont formés par deux forts madriers placés en croix , longs de 1 mètre 50 cent. A leur réunion est une grosse pierre carrée et un câble assez long pour laisser descendre le filet jusqu’à 80 brasses de profondeur (400 pieds) et quelquefois plus. Aux quatre extrémités,

des madriers sont fixés des paquets de réseaux en grosse ficelle. Cet appareil

fort simple est jeté à la mer et retenu au moyen du câble fixé à un petit cabestan. En entrant dans l’eau les réseaux du filet s'étendent, et, parvenus au fond , ils s’étalent autour des madriers, qui, agités par les flots, cassent les branches des coraux ; quand on suppose qu’une quantité suffisante a été détachée des rochers sous-marins, on enlève les filets au moyen du câble ; alors les réseaux se rapprochent par leur propre poids, et accrochent les morceaux de corail cassés par les madricrs. Les filets étant parvenus sur le pont, on cherche dans les réseaux les coraux qui s’y trouvent, On ne conserve que les morceaux qui résistent à la cassure qu'on cherche à faire avec les doigts.”

Cette pêche n’est exploitée que par des Sardes et des Napolitains. Un bateau bien équipé pêche pour 10 où 12,000 fr. de corail, avec une dépense de 6 à 7,000 francs. On le transporte à Livourne, où il est vendu de 3o à 50 francs la livre. Les gros morceaux de corail propres à tailler des médaillons se vendent à la pièce jusqu’à 1,000 fr. et au-delà. Ce n’est que dans ce port et à leur retour, que les patrons.s’acquittent du prix de leurs

patentes auprès du consul francais.

On compte jusqu'à 200 bateaux corailleurs en mer. Leur réunion dans un petit espace offre un coup-d'œil agréable.

La compagnie commerciale n’était assujettie à aucune rétribution. Le gouvernement français ayant voulu exploiter ce commerce, ne put couvrir ses frais ; il l'abandonna à une compagnie française avec la condition avantageuse pour elle de fournir aux corailleurs les chjets de consommation. La dernière était connue sous la raison Paret et compagnie.

La ville maritime de Bone était le centre des pêcheries et des opéralions commerciales. Un consul français y résidait, et la compagnie d'Afrique y avait formé ses plus grands établissemens. Ce n'était qu'éventuellement qu'elle faisait des achats dans les ports de Store , de Collo et de Bugie.

Lorsque la France déclara la gucrre au dey d'Alger, il n'existait plus de distinction entre les concessions commerciales et les anciennes possessions territoriales, limitées par la Scibouze et le Cap- Roux. Aussi avait-on laissé tomber en ruine nos fortifications du Cap-Rose, du Bastion de France et du Cap-Roux. Ce ne fut qu’acci-

dentellement que celles de la Calle furent réparées,

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