‹ Exploitation, débit et estimation des bois: cours fait à l'École impérialeChapitre 14 sur 116 · DES BOIS DB CORDE · texte numérisé non relu

DES BOIS DB CORDE

fait qu'un court trajet par eau, on le considère comme bois à demi-flbtté et où Tappelle bois de gravier. Le bois de gravier diffère peu du bois neuf.

Le flottage des bois de feu leur fait éprouver undegré d'aitératioû d'aut&nt plus gr^nd qu'ils ont séjourné plus longtemps dans Feàu. Si ces bois, ont perdu tputje leur écorce, ils sont extrémeiiielM; légeirf quand ih sont^ecs, ils font une grande flanatHneiéu brûlant, se consument très-vite et forment !peu de charbon. Les bois usés, piqués ou powris se consu^ ment comme de ramadou, sans produire ni flanâne, ni braise. • .

En général, les bois ont acquis leur plus grande valeur, comme bois dfe feu vers l'époque de leur maturité. Les bois exploités en taillis atteignent cette époque longtemps avant ceux que lion élève en futaie. C'est pourquoi les bois de feu provenant de taillis sont aussi recherchés que ceux de ûj^taie, et souvent plus estimés que ceux des futaies exploitées à un grand âge. Mais ils sont moins bons que ceu^ dés arbres de futaie d'âge moyen, et ce qui le pitouve, c'est la faveur que l'on accorde généralement dans le commerce au bois de feu provenant des niodemes ou des réserves de trois âges exploités dans les taillis, sur celui du taillis ou des réserves ptuà âgées*

24 FAÇQNNAGI DBS FAGdS BT BODRRÉBS.

ArtM*IIi»

FAÇONNAGB DES FAGOTS ET BOUBRËES.

Au fur et à mesure que les bûcherons découpent les parties de la tige ou des branches d^un arbre propres à donner des bûches de quartier ou de ron* din, ils mettent de côté et rassemblent en tas les menus brins, les rameaux, ramilles et brindilles qui doiTent être façonnés en fagots ou en bourrées.

On fagotte de différentes manières, suivant les loca* lités, et selon la qualité et la quantité des produits que l'on fait entrer dans un fagot. Ces procédés différents peuvent se réduire à trois : en forme, sur k chevalet et som le pied.

Pour le fagotage en forme, le bûcheron construit un petit atelier formé par deux chevrons, assemblés à mi-bois et en croix, en manière de chèvre à scier le bois. Les fourches de la chèvre sont de telle longueur au-dessus de la croisée, que quand elles sont remplies , elles renferment exactement la quantité de bois qui doit entrer dans un fagot.

Le bûcheron arrange ses morceaux de bois dans les angles que forment les deux fourches, le plus régulièrement qu'il peut, mettant en parement les plus beaux et les plus droits. Quand les fourches de son atelier sont remplies, il lie le fagot de deux harts tout auprès des fourches.

On se sert encore pour le fagotage en forme, de^ deux petites machines ayant la forme de tréteaux à

FAÇONNAGE DES FACOTS ET BOUBRÉES. 25

deux pieds. Ces tréteaux étant renversés, les pi6ds en Tair, l^ouvrier les place -en face de lui et les écarte plus ou moins, selon la longueur qu'il veut donner au fagot. Puis, dans cette forme, il arrange les bois qui doivent composer le fagot, en ayant soin de disposer en parement les morceaux les plus gros et les plus droits. La forme étant ainsi remplie, l'ouvrier lie le fagot avec deux harts.

Ce mode de fagotage s'emploie surtout pour la confection des fagots dans lesquels on ne comprend que du petit rondin assez régulier de forme et de grosseur, et sans aucun mélange >de brindilles et de menu bois. Tels sont entre autres les fagots que l'on vend à Paris sous le nom de cotrets. On l'emploie aussi pour lier en bottes les échalas, tuteurs, piquets, fascines, etc., que l'on fabrique dans les coupes.

Un autre instrument employé dans le fagotage est le chevalet {Voir PL /. Fiff. 3.) Cette machine varie beaucoup dans sa forme ; nous décrirons celle qui nous a paru sinon la plus simple, du moins la plus commode pour l'ouvrier fagoteur.

Elle se compose de deux timons À, B, ou pièces de bois reliées entre elles par deux traverses, C, D* Les deux timons sont disposés en plan incliné et un peu relevés à l'avant à l'aide de deux supports S, S, placés à l'une de leurs extrémités. Deux petites tiges ou broches E, E, ordinairement disposées en fourches, sont fixées perpendiculairement dans les. timons à peu de distance en avant de la traverse D. Uo crochet I est fixé verticalement dans la traverse C.

26 FAÇXmNAGE DES FAGOTS ET BOURRÉES.

Une forte corde, une chatne, oa le pli)s souvent une forte hart H est attachée par un bout au milijsu de la traverse D, et par l'autre bout à un levier L^ Ou donne à cette hart une longueur exactement é^ale à la circonféreiice que doit aVoîr le fagot.

Pour construire un fagot, Fouvrier se place en avant du chevalet entre les deux supports; S et S, et aussi a portée que possible des rames réunies en tas pour le fagotâge. Il découpe successivement ces rames à la longueur du fs^ot et les emploie; immédiatement, en ayaiit soin de disposer en parements les morceaux les plus forts et les plus droits. Au cen* tredes parements, il réunit les brindilles Ou broussailles qui seront Vâme du fagot; Tout le bois qui doit eiitrer dans le fagot étant ainsi bien arrangé sur les timons, en avant des broches, l'ouvrier serre les rameaux le plus fortement qu'il peut dans la hart H. A cet effet, il engage la pointe du levier qui porte la hart sous le fagot, et il appuie sur l'autre extrémité du levier, jusqu'à ce qu'il puisse le faire passer et le maintenir sous le crochet L Le fagot étant ainsi serré, l'ouvrier le lie par le milieu avec une hart ; puis il dégage le levier et termine la toilette du fagot, en coupant avec sa serpe toutes les brindilles qui passent en dehors des parements. Ces brindilles sont aussitôt ramassées, roulées et mises en tas pour former l'àme du fagot suivant.

Cette manière de fagoter est avantageuse en ce qu'elle permet de faire entrer dans les fagots les plus petits remanants des coupes en exploitation.

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