‹ Exploitation, débit et estimation des bois: cours fait à l'École impérialeChapitre 51 sur 116 · ESTIMATION A VUE D'OEIL, PAR HECTARE OU PAR VIRÉE · texte numérisé non relu

ESTIMATION A VUE D'OEIL, PAR HECTARE OU PAR VIRÉE

L'art d'estimer les bois sur pied à vue d'œil et en masse ne peut être enseigné, parce qu'il est impossible de donner à cet égard aucune règle théorique précise. Ce mode d'estimation ne s'emploie en général que pour déterminer le volume sur pied d'une masse de bois de faibles dimensions et qui, eu égard

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à la multiplicité des tiges, ne pourraient être soumis à un mode d'estimation plus rigoureux, sans entraîner une perte de temps considérable. Telles sont les coupes de taillis qui s'exploitent à de courtes révolutions, et dont tous les produits doivent être convertis en bois de chauffage. Dans ce cas, Testimateur parcourt la coupe plusieurs fois et dans tous les sens, et après s'être bien rendu compte de la nature et de la consistance des peuplements, de l'étendue relative des vides et des massifs les plus complets, par rapport au peuplement moyen, de la hauteur et de la grosseur des tiges, et enfin de la manière dont les bois sont plantés, il évalue approximativement le volume du bois à abattre et son rendement en stères de chauffage, de charbonnette et de fagots. Cette évaluation se fait le plus souvent par unité de surface, par hectare, pour deux raisons : d'abord, parce qu'autrefois les coupes de cette nature se vendaient à l'hectare dans les forêts de l'Etat et des communes ; parce qu'aussi, ce mode de vente est encore en usage dans la plupart des taillis possédés par les particuliers , et que vendeurs et acheteurs ont dû s'habituer à estimer de cette manière; en second lieu, ces coupes s'exploitant par contenance, on a été conduit à rapporter à l'unité de surface le rendement des coupes exploitées, et à se créer ainsi, pour chaque espèce de peuplement, des types de production qui devaient servir à estimer sur pied les autres coupes à exploiter les années suivantes.

C'est dans la possession de ces types et Fart de les

appliquer à Festimation de peuplements semblables que gtt tout le talent de l'estimateur. C'est assez dire que ce mode d'estimation exige de celui qui l'em-*ploie une grande rectitude de coup d'oeil, du juge^ ment, de l'esprit d'observation et de comparaison, et surtout une longue pratique des exploitations. Quant au moyen d'acquérir ce talent si précieux pour un forestier, il consiste simplement à beaucoup observer, à examiner de très-près les peuplements des coupes à exploiter, à assister à l'abatage, à la découpe, au façonnage et au mesurage des bois, et à se rendre exactement compte des produits fournis par les peuplements dont on s'est fixé l'image dans la mémoire.

Dans les contrées où les produits des taillis peuvent recevoir différentes destinations, selon les essences qui entrent en mélange dans les peuplements et selon les dimensions des perches, l'estimation du bois sur pied se feit quelquefois à vue d'œil et par virée. Ainsi, un taillis dont les produits seront façonnés, partie en bois de feu, partie en bois d'industrie tels que échalas, perches à houblon, étançons de mine ou de houillère, etc., ou qui se vend avec faculté d'écorcer quand il renferme du chêne, un semblable taillis s'estimera quelquefois à vue d'œil et par hectare, si l'on a des termes de comparaison assez sûrs, mais plus souvent en détail et par virée. Dans l'un et l'autre cas, l'estimateur apprécie directement la quan* titè de marchandises de chaque espèce que le taillis doit fournir par hectare, si l'estimation a lieu à vue

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