DE L^ESTIMATION EN MATIÂRE
d'œil et par hectare, par irirée, si Testimation a lieu à Tue d'oeil et par virée. Toutefois, lorsqu'on opère par virées dont on ne connaît pas la contenance, il vaut mieux évaluer en détail et successivement la quantité de chaque espèce de marchandises que renferme la partie du peuplement qu'on veut estimer. Ce mode par virée consiste à diviser la surface de la coupe en bandes étroites et parallèles, que l'estimateur parcourt successivement en se tenant à égale distance des lignes qui servent de limites à la bande dont il estime les produits. À cet effet, l'estimateur se sert ordinairement de deux aides, dont l'un suit une des lignes qui limitent la coupe pendant que l'autre trace parallèlement une autre ligne dans l'intérieur, en cassant quelques menues branches ou en faisant de légers blanchis sur les arbres qui se trouvent sur son passage. Ces deux lignes déterminent la largeur de la bande dont l'estimateur apprécie les produits, en se tenant toujours à égale distance des deux aides et marchant parallèlement à eux. Arrivés à l'extrémité de cette bande, le second aide suit en sens inverse la ligne qu'il vient d'ouvrir, tandis que le premier trace à son tour dans l'intérieur de la coupe une seconde bande de même largeur que la première. L'estimateur se place comme précédemment entre ses deux aides et parcourt la nouvelle bande en sens inverse de la première. En continuant ainsi, on estime successivement chacune des parties de la coupe à exploiter. Plus le bois est fourré, plus les bandes doivent être étroites ; leur largeur varie en général entre 10 et 20 mètres.
Nous avons dit que Fart d^estimer les masses à vue d'œil, consiste dans Tapplication exacte des types de production que l'expérience a gravés dans la mémoire de Testimateur. Or, il est deux faits qui influent beaucoup sur le rendement des taillis et dont nous voulons prévenir ceux qui n'ont pas encore une habitude suffisante des estimations ; c'est^ en terme de métier, la mamère dont les bois se soutiennent et la manière dont les bois sont plantés. Deux arbres de même hauteur et de même diamètre à la base, donnent souvent des produits très-différents, parce que la tige de Tun s'approche davantage de la forme cylindrique ou se soutient bien, tandis que le diamètre de l'autre va en décroissant rapidement, que sa tige a la forme conique ou se soutient mal. Or, il est d'expérience que le degré de cylindricité ou de conicité des tiges varie avec les essences et, pour une même essence, avec les circonstances dans lesquelles les bois végètent. C'est ainsi, par exemple, que pour une coupe placée toute entière dans les mêmes conditions de fertilité, les bois de même essence affecteront tous sensiblement la même forme et pourront donner des produits bien différents de ceux d'une coupe peuplée en apparence de la même manière et dont les bois se soutiendraient d'une manière différente. — Par la manière dont les bois sont plantés dans les taillis, on exprime si le peuplement est surtout formé de cépées plus ou moins fortes, ou s'il y a mélange de petites cépées, de brins de semence et de drageons. Un taillis qui se compose surtout de fortes cépées est
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beaucoup plus productif qu'un taillis aussi complet en apparence, mais dont le peuplement est formé en grande partie de brins de semence ou de drageons. Gomme conséquence de ce fait, les taillis d'aune, de chêne, de frêne, de châtaignier, de tilleul, dont les souches produisent beaucoup de rejets, sont généralement plus productifs que les taillis d'essences qui poussent peu de rejets, et se reproduisent surtout par drageons ou par brins de semence. Outre les deux faits que nous venons de mentionner, il faut également remarquer que le sous-bois des taillis composés est souvent moins élevé, moins fourni, et que les perches sont plus faibles dans le voisinage des réserves que sur les points oii celles-ci ne font pas sentir l'influence de leur couvert.
Donc, en résumé, lorsqu'on veut faire l'estimation d'une coupe de tailiis, soit par hectare, soit par virée, il importe tout d'abord de se rendre compte de la proportion du mélange des essences, de la hauteur et de la grosseur des tiges, de la manière dont les bois se soutiennent, et de la manière dont les bois sont plantés. Ce n'est qu'après cet aperçu général que l'on peut rapporter et comparer le peuplement à estimer aux différents types de production des taillis simples, ou du sous-bois dans les taillis composés.
Article IV.