‹ Exploitation, débit et estimation des bois: cours fait à l'École impérialeChapitre 54 sur 116 · PLACES D'ESSAI · texte numérisé non relu

PLACES D'ESSAI

Le mode d'estimation par places dressai consiste à estimer à vue d'œil, ou, plus généralement, à cuber aussi exactement que possible, par les procédés de la dendrométrie, le matériel existant sur une surface déterminée, et à appliquer les résultats de cette estimation aux massifs situés dans les mêmes conditions de peuplement. L'emploi de ce mode exige évidemment (pie la place d'essai dont le matériel servira de type dans le calcul, soit déterminée de façon qu'elle soit bien l'expression moyenne du peuplement entier. Si le massif à estimer présente des nuances tranchées dans la consistance du peuplement, la forme et les dimensions des arbres, on doit établir autant de places d'essai différentes et donner à chacune d'elles une contenance proportionnelle à l'étendue de la masse correspondante du massif à estimer, ou bien, appliquer séparément à chaque masse de peuplement différent, les résultats de la place d'essai correspondante.

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Ce qui frappe d'abord dans remploi de ce mode d'estimation, c'est quMl ne peut être appliqué qu'à des masses assez considérables et d'un peuplement à peu près uniforme. En efiTet, pour une coupe de petite étendue, U serait aussi expéditif de l'estimer tout entière en détail, surtout si l'on considère que, pour opérer avec chance de succès, il faut toujours donner une certaine étendue aux places d'essai et en établir un certain nombre, afin d'avoir des résultats moyens suffisamment exacts. Si ensuite on réfléchit au mode d'exécution de l'opération, il se présente au début une difficulté grave, c'est l'établissement même des places d'essai. 11 arrive en effet que, quelque soin que l'on apporte dans le choix de ces places, on n'est jamais certain de prendre bien exactement ses types, et, par suite, on est contraint de douter soimême des résultats qu'ils donneront. Or, une erreur commise, soit dans le choix du peuplement type, soit dans le résultat de son estimation, peut devenir trèsgrave, lorsqu'on applique ce résultat à l'estimation d'une masse considérable. Aussi ce procédé n'est-il nullement employé dans l'estimation des coupes de futaie, et si parfois on s^en sert dans les taillis, ce n'est que lorsque la coupe à estimer est très-régulièrement peuplée, et que l'on manque des données nécessaires pour l'estimer à vue d'œil par comparaison avec d'autres coupes précédemment exploitées.

DES BOIS SUR PIBD. il9

Artiele VT,

CONaUSION,

En résumé, voici dans quelles circonstances on applique les différents procédés que nous venons de décrire :

l "" Le mode d'estimation par comptage et cubage individuel des arbres, doit être appliqué exclusivement à la détermination de la possibilité des futaies,

2*" Les coupes de taillis simple et le sous-bois des coupes de taillis composé s'estiment le plus ordinairement à vue d'œil et par hectare. Néanmoins, dans les contrées où le produit des taillis peut recevoir différentes destinations et se débiter, partie en bois de feu, partie en bois d'industrie, l'estimation des coupes se fait quelquefois en détail et par virée. Ces deux manières d'estimer les taillis ne peuvent évidemment être employées que par des hommes qui ont une habitude suffisante des estimations et des exploitations. Ceux qui n'ont pas l'expérience nécessaire pour estimer ces sortes de coupes à vue d'œil, ont recours à la méthode des places d'essai.

y Les arbres à abattre dans les coupes de futaie ou les réserves abandonnées à l'exploitation dans les coupes de taillis sous futaie s'estiment individuellement par pied d'arbre, soit à vue d'œil, soit à l'aide de mesures prises avec des instruments de dendromélrie. Dans l'application de l'un ou de l'autre mode, on estime d'abord le volume entier de chaque arbre.

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à vue d'œîl et en stères ; puis, suivant que Ton fait usage de Fun ou de Tautre procédé, on détermine séparément « à vue d'œil ou à Taide de mesures prises et de coefficients d'expériences, le volume en mètres cubes ou en solives de la partie de la tige pro|H:% à donner du bois d'œuvre , et le restant , c'est-à-dire, le houppier, en stères de chauffage et en fagots. On fait ainsi deux estimations qui peuvent servir à se contrôler Tune par l'autre, surtout lorsqu'on emploie le procédé du comptage. De ces deux modes d'estimation des arbres de futaie, le premier ne peut être employé que par des hommes très-exercés et très-habîles , encore ne donne*t-il jamais des résultats bien certains, surtout lorsqu'on l'applique sur une grande échelle. Le second est d'un emploi toujours plus simple, plus facile et plus sûr ; il est susceptible de contrôle et peut être abordé par des hommes peu versés dans la pratique forestière, mais il exige l'emploi de coefficients préalablement déterminés par des expériences nombreuses et faites avec soin.

Pour effectuer les calculs de cubage de la partie de la tige propre à donner du bois d'œuvre, , nous avons déjà dit que l'on assimilait cette partie de l'arbre à un cylindre de même hauteur et de circonférence égale à la circonférence du milieu delà pièce. Cette pratique se fonde sur l'usage établi dans le commerce de cuber les bois en grume abattus, comme des cylindres de même longueur et de circonférence égale ou à la circonférence du milieu > ou

à une moyenne proportionnelle entre les circonférences mesurées au petit bout et au gros bout. Or, il est constant que la différence entre les circonférences au gros bout et au milieu d'une pièce de bois d'œuvre, est comprise entre et 35 p. 0/0 au plus de la circonférence au gros bout ; autrement dit, que si la circonférence au gros bout est égale à C, la circonférence du milieu est égale à C, si la pièce est cylindrique, ou approximativement égale à 0,95 x C, 0,90 X C, 0,85 X C, 0,80 xC, 0,75 X C, 0,70 X C, 0,65 X C, selon que la pièce s'approchera où s'éloignera davantage de la forme cylindrique.

En se fondant sur cette donnée d'expérience, on pourrait construire (1) un tarif qui, pour une circonférence de base et une hauteur quelconques, donnerait les volumes cylindriques correspondant à la même hauteur et à la même base diminuée de 5, 10, 15, 20,^ 25, 30, ou 35 p. 0/0. Pour appliquer ce tarif à l'estimation d'arbres sur pied, il suffirait de mesurer la circonférence de base et la hauteur de la partie de la tige propre au bois d'œuvre, puis de déterminer, par quelques expériences sur des arbres abattus, le rapport moyen de la circonférence du milieu à la circonférence de base, et par suite, la colonne du tarif dans laquelle on devra trouver le volunle de la pièce à cuber. Ce tarif pourrait être établi de la manière suivante :

(1) M. Dzikowski, ancien élève libre de Técole forestière, aujourd'hui régisseur du domaine forestier de Bonne-Fontaine (Bas-Rhin), vient de publier un tarif complet de cubage, construit d'après ce principe. Cet ouvrage se trouve h Nancy, à la librairie Grimblot, v.^ Raybois et Comp.

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