‹ Exploitation, débit et estimation des bois: cours fait à l'École impérialeChapitre 55 sur 116 · PRODUITS FAÇONNÉS · texte numérisé non relu

PRODUITS FAÇONNÉS

Nous venons d'exposer, dans le chapitre précédent, les différentes manières d'estimer sur pied le volume brut des bois d' œuvre, le volume brut et fabriqué des boîs de feu. Ces procédés sont ceux dont les Agents forestiers se servent généralement dans l'estimation des coupes à vendre sur pied. Mais, dans beaucoup de localités, tous les marchands de bois et même aussi quelques Agents forestiers procèdent autrement. Ainsi, dans les sapinières, il est d'usage assez général parmi les marchands d'estimer chaque arbre individuellement, d'^après ses dimensions, en marchandises fabriquées. Par exemple, un sapin de telle ou telle dimension est estimé comme pouvant donner une charpente de telle ou telle catégorie, soit un chevron, une panne simple, une panne double ou une poutre ; tel autre qui est propre au sciage est estimé comme devant donner un nombre déternainé de planches réduites ou marchandes. Cette manière d'estimer une coupe de sapins suffit souvent au marchand pour déterminer le prix qu'il peut en offrir, parce qu'en beaucoup de circonstances, les remanants

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d'exploitation et le bois de feu provenant, soit de la cime des arbres vifs, soit de la tige de quelques arbres morts, n'ont pour lui qu'une valeur insignifiante. Mais les Agents forestiers doivent procéder plus rigoureusement, non pas surtout en vue de déterminer plus exactement le prix de la coupe, mais parce qu'ils doivent estimer avec la plus grande approximation possible le volume réel des bois à abattre, qui ne doit jamais dépasser le chiffre de la possibilité.

Dans les coupes de bois feuillus, notamment dans les coupes de chêne, les marchands estiment souvent en solives les bois d'œuvre sur pied, par l'application immédiate des formules d'équarrissage. A cet effet, ils considèrent la partie de la tige propre à donner du bois d'œuvre, comme un cylindre de même hauteur et dont la circonférence serait celle prise au milieu de la longueur. La circonférence au milieu de cette partie de la tige se déduit, comme nous l'avons dit précédemment, de celle que l'on mesure à . 1"" ou 1",33 du sol, en diminuant celle-ci de 2 ou 4 centimètres par mètre de hauteur, ou d'une quantité fixe telle que 1/10% selon la loi qui régit le décroissement de la grosseur des tiges dans la même forêt. Avec ces dimensions, l'estimateur calcule, à l'aide d'un tarif, le volume de chaque pièce, comme si elle était équarrie au quart sans déduction, au 1/5* ou au 1/6* déduit.

Lorsqu'il s'agit d'estimer des bois de charpente, généralement les marchands emploient de préférence

Je procédé de cubage au quart sans déduction, parce que le volume des pièces équarries suivant les usages du commerce s'accorde à peu près avec les résultats du cubage au quart qui donne 78, 5 p, 0/0 du volume en grume. Les marchands n'emploient guère les deux autres méthodes, parce qu'elles donnent des résultats (50, 3 p. 0/0, 54, 5 p. 0/0 du volume en grume), qui ne sont pas en rapport avec le volume équarri des bois du commerce. Cependant, on s'en sert encore dans quelques cas particuliers. Par exemple, dans une localité où il est d'usage de vendre les bois abattus pour leur volume au 1/6' déduit, il est tout naturel que le marchand estime de la même manière les bois qu'il se propose d'acheter sur pied. De même un fournisseur de marine qui doit livrer ses bois équarris à vive arête ou à peu près, emploiera de préférence la formule au 1/5* ou au 1/6' déduit dans l'estimation des bois sur pied, parce que les résultats, de ces deux modes de cubage s'approchent davantage du volume des bois équarris à vive arête. Au surplus, le déchet dû à l'équarrissage à vive arête varie avec les forêts ; il dépend surtout de la quantité d'aubier que renferment les bois, et c'est à prendre en considération non-seulement dans le cubage de ceux qui doivent être débités en charpentes, mais encore dans l'estimation du volume des bois de travail et notamment dans^ le cubage des chênes destinés à faire du merrain.

Ce mode d'estimation des bois d'œuvre ne donne pas le volume réel, mais seulement le volume du

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bois supposé façonné et équarri à la manière de^ bois de charpente. On voit de plus que le volume estimé diffère plus ou moins du volume en grume, selon la formule d'équarrissage employée, et que ces différences de volume, qui expriment le déchet dû à Féquarrissage des bois de charpente, ne représentent pas le déchet qui proviendrait des autres emplois que l'on peut faire du bois. Par conséquent, ce mode d'estimation, qui peut convenir à un marchand disposé surtout à faire de la charpente, ne peut être adopté d'une manière générale dans une même localité, qu'autant que la valeur du bois d'œuvre, quelle que soit sa destination, se règle d'après le prix du mètre cube de bois de charpente équarri. C'est ce qui a lieu dans quelques contrées, et c'est ce qui a fait adopter l'usage de prendre pour unité de mesure, dans la vente des bois d'œuvre en grume, le volume au quart sans déduction, au 1/5* ou au ^|& déduit. Pour ce qui est de la vente des bois abattus, on conçoit qu'il est indifférent d'adopter telle ou telle unité de mesure du volume, pourvu que le prix de l'unité soit en rapport avec le volume qu'elle représente, et que vendeurs et acheteurs soient d'accord sur ce point. Mais dans les contrats officiels, on ne peut accepter sans inconvénient ces usages qui varient avec les localités ; c'est pourquoi l'Etat vend, sans garantie de mesure, les bois debout ou abattus dans ses forêts, et, en général, n'achète et ne reçoit que pour leur volume réel, les bois dont il a besoin dans ses chantiers.

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De ces considérations il résulte que les agents forestiers peuvent, dans certains cas, appUquer les formules d'équarrissage à l'estimation des bois d'œu- -vre sur pied. Mais ils ne peuvent employer ce mode d'estimation que comme moyen de se rendre compte des opérations des marchands et de déterminer la valeur en argent des bois d'œuvre, conformément aux usages de la localité. L'emploi de ce procédé ne les dispense pas d'estimer le volume entier et brut des bois d'œuvre, d'abord parce que l' Administration tient à connaître la production réelle de chaque coupe, en second lieu parce que dans les coupes de futaie dont la possibilité est basée sur le volume, les Agents doivent pouvoir justifier que, dans le martelage de chaque coupe, ils sont restés dans les limites de cette possibilité.

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