‹ Exploitation, débit et estimation des bois: cours fait à l'École impérialeChapitre 81 sur 116 · EMPLOI SPÉCIAL DES BOIS DE MATURE · texte numérisé non relu

EMPLOI SPÉCIAL DES BOIS DE MATURE

Les màts des vaisseaux, frégates, corvettes et bricks se composent généralement, dans leur ensemble, de quatre longueurs disposées les unes au-dessus des autres. Le bas mât qui s'implanto à fond de cale, le mât de hune, le mât de perroquet et le mât de cacatois.

Différentes conditions essentielles de la mâture se combinent pour rendre obligatoire la construction de chacun des mâts supérieurs en une seule pièce de bois. Il faut qu^ils conservent toute leur flexibilité, que les vergues puissent glisser facilement contre eux quand on les amène, et enfin que le mât luimême, lorsqu^on le guindé ou qu'on le cale (Félève ou rabaisse) ne soit arrêté par aucun obstacle dans son glissement à travers le trou du chouquet. (Le chouquet est une pièce de bois percée de deux trous, l'un carré et l'autre rond ; le trou carré reçoit la tête du mât inférieur, le trou rond permet le passage du mât supérieur quand on le cale.)

Les bas mâts d^un bâtiment au-dessus du rang de brick ont des dimensions trop considérables pour permettre de les faire d'un seul arbre. On a recours alors aux mâts d'assemblage composés d'un plus ou moins grand nombre de pièces en épaisseur et en longueur. On comprendra d'autant mieux cette nécessité en remarquant qu'un bas mât de vaisseau de 120 canons a de 38 à 40 mètres de longueur et l'^.Oô centimètres de gros diamètre; le diamètre au petit bout est les 2/3 du gros diamètre, c'est-àdire, 0",70 centimètres (1).

Pour composer un mât d'assemblage, on réunit plusieurs couches de bois et on a soin que, dans la longueur,- les écarts des pièces qui entrent dans l'a»semblage se croisent assez pour assurer la solidité de la construction. Ces pièces de bois se réduisent à la tète, suivant les dimensions du mât.

Les couches de bois étant parfaitement dressées au rabot, on les enduit * d'une peinture épaisse et on insère entre les couches juxta-posées une série de dés ronds en bois dur, placés en échiquier, de manière à prévenir le glissement des pièces les unes contre les autres. Le mât bien arrondi, on consolide l'assemblage au moyen de cercles en fer forgé d'une pièce.

(i) Le bas mal d'un vaisseau de 120 coûte environ iO,000 francs.

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DES BOIS EHPLOTÉS A L'AMÉPrAGEMBNT ET A L'ABHEHENT DES VAISSEAUX.

Saos vouloir entrer ici dans des détails que ne comporteot ni le but ni le cadre de cet ouvrage, nous indiquerons brièvement l'emploi que l'on fait des principales essences, soit dans l'aménagement de l'intérieur des vaisseaux, soit dans la construction ou la fabrication des objets d'armement.

Le chêne, nous l'avons déjà dit, est le bois dont on fait le meilleur merrain. La manne fait une consommation considérable de merrain de chêne, pour la fabrication des tonneaui qui servent à loger les liquides, les vivres, les objets d'habillement, etc. , etc. Le merrain que la marine emploie est débité suivant des dimensions spéciales, et provient en général du nord de l'Europe (1).

la merrain de Dtnuict dont la Iodépiissear, sar 0™,!» de largeur et

s se veDilent k Paris à pea près anr a sonl IrÈ 3- recherchés ponr la me- , Varee qn'ila soqI tendres, faciles i . i se fendre oa il se gercer, qatai 'e bois de chêne des proviocei de la prodoisons en France, e[ comme I de bonne qualité pour la eonconienir des liquides (sartont les cales, il semble qne ce seraii loat e du merrain de France, dAl-il le Danizict.

Le chêne s'emploie encore, concurremment avec le pin, le sapin (1) et l'épicéa, à tous les ouvrages de menuiserie, notamment à la construction des soutes, des chambres çt logements d'officiers, etc., etc.

Le hêtre sert également à la menuiserie, mais il est peu employé.

Avec l'orme on fait des poulies (2) , des galoches, des cabestans, des caps de mouton, des affûts de canon et, en général, tous les ouvrages qui exigent de la solidité et qui sont exposés au frottement. L'orme sert aussi à faire des canots et toute espèce d'embarcations à parois minces et légères, pour la construction desquelles il faut employer des bois qui ne soient sujets ni à se fendre ni à se déjeter.

Le frêne s'emploie, à peu près exclusivement à faire des avirons.

(1) Le sapin et Tépicéa que l'on emploie dans les chantiers de la marine proviennent ea grande partie des forêts de la Suède et de rillyrie. Les uns s'appellent bois blanc on bois ronge de Suède, suivant l'essence, les autres sapins de Trieste. Pour tous les usages auxquels servent ces bois, on peut' regretter, comme pour le merrain de chêne, que l'on demande à Tétranger des produits que nos sapinières fournissent en grande abondance, et dont la qualité a été reconnue supérieure, an moins en ce qui concerne les sapins de l'arrondissement de Limoux. La marine du coqunerce emploie même en mâture beaucoup de sapins provenant de nos belles forêts du Jura et des Alpes*

(2) Les roues des poulies et des galoches sont ordinairement faites d'un bois exotique très-dur qu^)B nomme boié de Gaiac.

CHÀPFFRE TROISIÈME.

DES QUALrrÉS ET DES DÉFAUTS DES BOIS

D'OEIUVRE.

jLrtIcle prMAier*

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