‹ Exploitation, débit et estimation des bois: cours fait à l'École impérialeChapitre 82 sur 116 · DE LA CONSTITUTION PHYSIOLOOIQUE DES BOI · texte numérisé non relu

DE LA CONSTITUTION PHYSIOLOOIQUE DES BOI

Après avoir énuméré dans les chapitres précédents les qualités que l'on exige des bois de marine, et les défauts ou les vices particuliers dont doivent être exempts les bois destinés aux différentes parties de la construction d'un vaisseau, nous allons indiquer les moyens d'apprécier les qualités diverses des bois d'œuvre en géjiéral; nous ferons connaître ensuite la nature des défauts ou des vices qui pprtent atteinte à leur organisation.

Gomme tous les corps oi^anisés, les bois sont soumis à toutes les vicissitudes de la vie. Tant qu'ils végètent, ils sont exposés à desi accidents et à des q)aladies qui peuvent altérer leur constitution, et, quand 'Is sont morts ou abattus, ils se décomposent plus ou moins lentement, selon leur qualité, sous l'influence de la chaleur et de l'humidité. Pour pouvoir apprécier les qualités diverses des bois et se .rendre compte des causes d'altération et de destruction aux-

quelles ïk sont exposés, il £aut remonter à leur constitution physiologique.

Le bois est intimement composé de ceUulû9e (1) et de lignine. U renferme en outre des principes minéraux qui, par la combustion, donnent de i à 5 p. 0/0 de cendres.

La cellulose constitue les membranes propres de tous les tissus élémèntmres des plantes. C'est une substance fermentescible comme la fécule dont elte n'est du reste qu'une modification. La cellulose est toujours accompagnée de principes azotés qui peuvent agir sur elle comme ferments.

La lignine ou ligneux est un principe toujours lié à la cellulose. C'est la matière qui incruste la cellulose des organes élémentaires pour constituer le bois.

ce Le bois est formé de couches annuelles dispo- D sées concentriquement autour de la moelIe,dont les » plus extérieures sont les jlus récentes. Chaque » couche ligneuse peut être formée de fibres, de » parenchyme ligneux, de canaux résineux, de ]» vaisseatuc disposés en faisceaux longitudinaux » entre lesquels s'interposent les rayons médullaires D qui se dirigent de la moelle à l'écorce. Les fibres D et les rayons ne manquent jamais et constituent » sou vent à eux seuls le bois (conifères) . Les vaisseaux

(1) La ceiUlose est an principe immédiat neutre, e'est-à»-dire, dtiQs lequel l'hydrogène et Toxigène sont dans les proportions nécessaires pour former de Teau.

L» lignine est un principe immédiat snrhydrogéné.

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» ne se rencontrent que dans les bois feuillus, les » canaux résineux que dans les conifères. I^e paren- » chyme ligneux fait souvent défaut. Tous ces tissus » ont leurs parois composées de cellulose. Ces y> parcHs de cellulose sont elles-mêmes incrustées » plus ou moins de lignine.

» Les différents éléments du bois ne sont pas x» toujours uniformément répartis et de forme con- » stante dans l'épaisseur d'une même couche ; en ï> général, ils déterminent au bord interne de celle- D ci un tissu plus lâche et plus mou que celui du » bord externe. On appelle bois de printemps et ^i^ D (f automne, ces deux régions habituellement diffé- » rentes d'une même couche, en raison de la saison » dans laquelle chacune d'elles s'est principalement » développée.

»' Les fibres constituent essentiellement la masse » du bois et ne manquent jamais ; sur une section » transversale, elles en forment la partie la plus » compacte que l'on dirait pleine à l'œil nu. Elles D varient suivant les essences, en longueur et en » diamètre ;* leurs parois peuvent être plus ou moins » épaisses, jusqu'au point d'obstruer presqu'entière- D ment leur cavité centrale , elles sont tantôt unifor- » mément réparties les unes à côté des autres, tantôt x> groupées en faisceaux droits et parallèles entre eux » ou plus ou moks ondulés. C'est en partie de ces » circonstances que résultent les bois durs et lès bois » tendres, ceux à grain fin ou à grain grossier, ceux » qui sont aptes à la fente et ceux qui y sont im* D propres.

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» Les vaisseatix sont disséminés longitudinalement » au milieu du tissu fibreux ; ils ne se trouvent pas » nécessairement dans tous les bois. Ils manquent i> complètement dans les conifères. Généralement x> d'un plus gros diamètre que les fibres et à parois » plus minces, ils sont le plus souvent visibles à Tœil » nu, surtout sur une sf<^tion transversale où ils » apparaissent sous forme de trous. Les vaisseaux » existent toujours dans les bois feuillus.

» Les canaux résineux s'observent chez beaucoup » de conifères et manquent dans les bois pourvus de D vaisseaux dont ces canaux "paraissent être les re* » présentants ; ils sont composés d'une cavité étroite, ,» longitudinale, rayonnante et entourée d'uiié cou- » che de cellules d'une nature spéciale, très-petites, » délicates et serrées. À l'œil nu , ils apparaissent » sur là tranche du bois sous forme de perforations p analogues à celles des vaisseaux ; et vus sur le fil, ^ ils représentent de petites lignes longitudinales x> brunes ou rougeâtres, en raison de la résine » concrète qui s'y trouve accumulée.

» Les conduits de résine sont très-apparents dans » les pins et le mélèze ; ils sont très-rares et peu ;^ visibles dans l'épicéa; ils manquent totalement » dans le sà{)in, le cèdre, les genévriers, l'if.

» Les rayons médullaires apparaissent sur la ^ tranche du boissons la forme de lignes ràyoïv- )» nantes plus où moins longues; suivant le fil, ^ ils déterminent' des tacihes nacrées/ dès maillures » plus foncées ou plus claires que le bois. La forme.

218 QUAUTÉS BT DÉFAUTS

s> la grandeur et le noiiibne de ces oiaiUures dépen- » dent de la directiOD du débit» de la hauteur des » rayons, de leur nooibre. Elles sont les pi us grandes n possible^ quand le bois est coupé dans la direc- )» tion des rayons eux**mémes, c'est^^-dirq, quand » il est débité sur mailk : elles sont les^ plus petites B possible au contraire» quand le débit est perpen- » diculaire à ces mêmes rayons.

» Les rayons médullaires sont plus ou moins D apparfuts à Tœil nu, mais ils ne manquent jamais. » Leur longueur est trèfr-variable dans un même » bois, mais leur direction est toujours perpen^ 9 diculaire aui^ couches qu'ils traversent.

}» La couleur du bois est si^ette à quelques variay> tiops suivant le sol, l'exposition , l'altitude, le clt-* » mat. Tous les bois sont blancs dans leurs premières » années, même l'ébène. En général ils ne conservent ]» pas cette couleur. Le dépôt de lignine qui, eii » incrustant leurs tissus, les solidifie, et de l'état » d'aubier les fait passer k V^t de bois parfait, est )> généralement accompagné d'un dépôt de matière 9 colorante, spéciale pour chaque espèce, de sorte ï> que souventlacolo^ation i^us ou moins fonoéedVn 9 bois est un indice d'une ligiiifieation>plus eeoif lète. » Cependant U ^st de^ es|>èces dont la lignine n^eM; i> as^sQciée k auicune matière colorante et donl la » solidification ou transformation d'aubier en bok x> parfait se fait sans qu'il se produise de diangement x> de couleur; ces bois restent Uancs :.charflfies> 9 érables^ etc. Chez d'autres, Jl ne i» prochnit en

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D quelque sorte jamais de bois parfait : bois blaoes. x> Dans les bois colorés, la transformation de » Tàubier en bois parfait se fait diversement. Ainsi » elle peut se produire au bout d'un temps plus ou » ou moins long pour la même espèce, d'où résultent » des bois ayant beaucoup ou peu d'aubier. Cette » transformation peut ensuite se faire à peu prèSs D régulièrement^ de sorte que la limite entre l'aubier » et le bois parfait est très-nette. Tels sont les grands » arbres à tige élevée « chênes , pins , mélèzes , » etc. (1). »

Arifete it.

DES GA1TSÉ9 QUI mFÏUBPrr SUR LA QUÂLrPÉ DES BOIS DE MÊME ESPÈCE, ET DES GARAGTËRES QUI SERVENT A LA FAIRE RECONNAITRE.

La qualité d^un boid d'œuvre ne peut s^apprécier

que relativement à l'usage auquel on le destine,

et dépend toujours de la quantité de lignine qui

incruste les tissus, de la structure des fibres, de la

longueur des rayons, de la disposition et de la

grosseur des vaisseaux, et, s'il s'agit de bois résineux,

de la quantité de résine concrète dont ils sont

iteprégnés.

Les bois à vaisseaux groà> à fibres fortes et allon*

g|§es et à croissance régulière, sont à la fois résistants

et élastiques ; tels sont le chêne, le ôhàtaignier, le

(1) Extrait de la Description deê boiê, par M. Malhku, professeur d'histoire natarelfe à l'École forestière.

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frêne, Forme. Lessbois résineux à fibres fortes et allongées jouissent des mêmes propriétés et sont d'autant plus tenaces, élastiques et durables qu'ils renferment plus de résine dans leurs tissus.

Les bois à fibres allongées, droites et parallèles entre elles, sont les plus propres à la fente. Les principaux parmi les bois feuillus sont le châtaignier, le hêtre, le chêne; et parmi les bois résineux l'épicéa, le pin sylvestre, le sapin.

Les bois les plus durs, les plus tenaces et les plus compactes ont la fibre courte, les rayons très-minces, les vaisseaux petits ou très-petits; ils ne sont pas propres à la fente, mais ils sont susceptibles d'un beau poli et conviennent surtout aux emplois dans lesquels le bois est exposé à un frottement continu, comme les dents de roues, les écrous, les vis, les manches d'outils, etc. ^Tels sont, parmi nos bois indigènes, les ormes champêtre et tortillard ^ le charme, les érables, les alisiers, les sorbiers, le pommier, le poirier, l'épine blanche et le cornouiller mâle.

Mais les qualités propres à chaque essence sont plus ou moins développées selon les conditicHis de climat, de sol €|t de traitement dans lesquelles les bois ont crû . Ces conditions n'influent pas . dans le même sens sur toute espèce de bois ; car, tandis que ie pin sylvestre des plaines de la Russie a plus de densité et de ténacité que celui de notre payi^, les chênes du midi de la France sont plus denses et plus durables que ceux de même espèce qui croissent

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dans les départemeiits du nord ; tandis que les bois résineux acquièrent plus de qualité dans les sols médiocres que dans les terrains très-substantiels, les chênes élevés dans des terrains fertiles et profonds ont une qualité de bois meilleure que celle des chênes de même espèce qui croissent dans des sols maigres ; tandis que le , chêne et le pin sylvestre demandent pour prospérer à participer largement aux influences de la lumière, le sapin réclame la participation aux mêmes influences dans une mesure beaucoup moins large et acquiert une qualité de bois d'autant meilleure^ qu'il croit dans une gêne plus grande, pourvu que cette gêne ne soit pas telle qu'elle s'oppose au développement régulier de sa végétation.

Toutefois, il n'est pas rare de rencontrer dans une même forêt des arbres de même espèce, soumis exactement aux - mêmes conditions de végétation, ayant le même port et les mêmes apparences extérieures, qui, lorsqu'ils sont abattus, présentent des différences sensibles dans la qualité de leur bois. D'oii il résulte que, si on peut avoir des données assez précises sur la valeur générale des bois d'une forêt, on n'est jamjais certain, tant qu'un arbre est sur pied, de porter un jugement exact sur la qualité de son bois. Nous nous bornerons donc à indiquer ici les caractères distincfifs de la qualité des .bois abattus, mais en nous limitant aux : essences qu'il importe surtput d'étudier sous ce rapport à cause de leur emploi dans les grandes constructions, le chêne, le sapin et le pin sylvestre.

Les bois de chêne sont de deux qualités principales, les bois durs ou mrveuœ, les bois tendres ou gras. Les caractères généraux qui servent à distinguer ces deux qualités dil bois de chêne, tiennent à Tépaisseur des couches annuelles, aux fentes qui se manifestent après l'abatage par suite du dessèchement, à la coloration du bois et à Fodeur qu^il ethale.

Les bois de chêne nerveux, ceux qui ont le plus de qualité sous le rapport de la force, de la solidité, de la ténacité, de Télasticité et de la durée, ont ordinairement les couches annuelles très-développées et variant d^épaisseur entre (r,005 et0",0I5 et au-dessus. La partie extorieuré de chacune de ces couches, qui comprend ce que l'on appelle le bois . dûutomne, est formée d'un tissu serré,, plein, compacté , d'apparence cornue , tandis que k partie întéHeure, ou bois de printemps , n'est que peu développée et ne présente qu'une zoùe étroite de vaisseaux qui apparaissent très-nettement sur là tranéhe sous la forme de petits trous très-ràppfôchés {PL 1/^tlI, fig. i .) Les bois de cette qualité ont les fibres fortes, serrées, difficiles à rompre; les copeaux qui tombent sous la hache se cassent difficilement, et les liorceaux ne se séparent que pai^ déchirures. Lôrsj i^on les rabote, la tarlofpe enfève de longs rubans qui offrent une certaine résistance à la ruptui*e, fe bois est poli et brillant, et la fibre parait cotûtfïe tapissée et incrustée d'une substance 4rupeusé ou gommeuse toujours fraîche. — Les bois de chêne nerveux pren-

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neûtun i^etratt prononcé p^Èc Ib dessétehement. Ge retrait se inaiiîfeste par des fentes plus ou moins fertas, profondes et nombreuses» que Fon remarque i Ift surfaoe extérieure ûeê pièces éoo^ées M s«ir la «action d'abatage* Des fentes tuès-marquées sur la section d'abelage soni un indice des plus certains de la qualité da bois ; mais quand elles sont exagé^ rées> eUes peuTont constituer un véritable défaut. C'est ainsi que ics chênes d'Italie^ de Provence et ^Algérie» éclatent qudquefois de maaièn) à devenir impropres^à toule espèce d'eifirpl^ comme bois d'oeu*vre (t). -^ La «couleur n'estpÉsun indice bi^ certain de la^alité du bois^ parce qu'elle «'altère facilement et asse^ prompteme^t $o»& PinAtience def» agètH» et^ ténors. Cep^aût,ieii remarque â^sez géftérâ^fement que les bois de diéne de boittië qualité ont une couleur à peu pf es uniferiM qui deirietit Mulfemettt un

(t) Le^ ététes, âùià lè h6h tiSt fé'pïti (têti^, sôûi te Xknttn, le fiégè, VjMiÈe 01.16 Moite qftfn'Mt.llfWite .^HéH le l^eiisè e^ ^àl péopfo de ^mdeskioféÊB «a Algérie. Lt Mé 4a ces ehéiies ett plw nerron^ plu dnrable que celui da roixvre et da pédoncalé^ et peat être très-utilement ehfiployé ctâùs certaines parties des constructions navaîes. Mais, outre tfH la lige* dé eee «fbn^â.M o9éitàÊAt9È[kh{pett 4é hûgémrfstmetotïlht' mtA^QVk pea réfidière^ la fihfe est to^joon si servée et le btfts telleiMBAt disposé k se déjeter et à se gercer, que ces chênes ne peuvent supporter la comparaison, ni comme bois de travail, ni comme bois de constmctîoû, âvëc lé rouvre et le pédoa<iUlé dés cliffialé doux et tempérés de Bruuê}. i-^ .Ob ternaire Mtssi^ géné#â(eMeni^ ^de pl«is «n diéne k i'ii9& iMefi pM le bois parfait est dur et nervettx; it^^lfe ne ptis encore aCrmer si cette plus grande, épaisseur d*aubier, relativement au diamètre snr fraoff bois, tient au plus grand développement ou au plcfs grand nombre 'de^sr couches d'aubier dan^s kis bois nerveux que dans les bois tendres.

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peu plus foncée dans les couches voisines du cœur ; de plus, le bois fraîchement abattu et qui n'a pas été flotté, a ordinairement une couleur jaune tantôt blanchâtre, tantôt brunâtre, tantôt rosée; mais le caractère tiré de la couleur ne doit s'observer que sur une section faite à quelque distance des racines, .parce que dans la partie inférieure de la pièce, dans la culée, le bois peut être coloré diversement par les substances étrangères que charrie la sève. — Le çhéne a une odeur sut generts qu'il est assez difficile de définir, mais que Ton reconnaît facilement quand «o^ a fréquenté les coupes en exploitation et assisté à la découpe et au débit des bois. Cette odeur aigre et amère est d'autant plus forte que le bois est plus sain, plus vigoureux, mieux nourri, et c'est un signe à peu près certain de sa bonne qualité et de sa solidité.

Le bois de chèud nerv^x est propre à tous les usages auxquels on destine cette précieuse essence, mais il doit être recherché surtout pour les emplois qui exigent de la solidité, comme la charpente dans les constructions civiles, et les pièces qui forment la membrure des vaisseaux dans les constructions navales. Sous ce rapport, le chêne pédoncule de bonne qualité paraît avoir l'avantage sur le chêne rouvre ordinaire de France.

Par opposition au bois de chêne nerveujt, on appelle bois gras celui dont le tissu est mou, poreux, peu résistant, dont le grain est peu serré, la fibre lâche et imparfaitement lignifiée. Dans les bois gras les couches annuelles sont ordinairement peu déve-

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loppées, et le bois de printemps occupe dans chaque couche une place d'autant plus grande par rapport au bois d automne que le chêne lui-même a été moins bien nourri {PL YIII, fig. 3). Il suit de là que le bois a d'autant moins de force que les couches concentriques sont moins développées et que les vaisseaux de la couche de bois de printemps sont plus nombreux et plus ouverts. Les chênes de la moins bonne qualité sous ce rapport n'ont presque pas de bois d'automne, ou du moins cette partie de la couche annuelle est si mal élaborée qu'on la confond avec le bois de printemps, et alors, sur la tranche, les couches annuelles paraissent dans toute leur largeur percées de trous ou de vaisseaux comme un crible. — Le bois gras a la fibre sèche et cassante ; les copeaux qui tombent sous la hache se rompent avec facilité et netteté, sans éclats ni déchirures ; ceux qu'on détache avec la varlope, au lieu de former de longs rubans, se séparent sous l'outil en petites plaques. — Le bois de chêne gras prend peu de retrait par le dessèchement, et par conséquent ^'est pas sujet aux grosses fentes comme le bois nerveux. — La couleur du bois fraîchement coupé est ordinairement brune, tirant sur le jaune fauve, le roux, ou le violet, d'un aspect terne et sec, souvent tachetée ou diversement veinée. Mais, en se desséchant, le bois prend une couleur plus claire, et, lorsqu'il est bien traité et mis à couvert en lieu sec et aéré, sa teinte devient plus belle et se rapproche souvent de celle du bois nerveux. — L'odeur du chêne gras est moins forte, moins acide, plus douceâtre que celle, du chêne nerveux.

Les bois gras absorbe&t très-facilement rhumidité de l'atmosphère et sont trè^-accessibles à la fermentation et à la pourriture, dès qu'ils siHit exposés aux injures de Fair ou placés dans un milieu ehaud et humide. Cette disposition des pièces à s'altérer promptement dans toutes leurs parties» fait considé* rer les bois de cette qualité €omme absolument impropres aux constructions navales et à tcMB les emplois qui exigent de la solidité, de la force et de la durée. Cependant le bois gras, lorsqu'il est à couvert et d^ns un lieu sec, résiste assez longtemps et peut utilement servir à des emplois où le bois ne supporte ni charge ni fatigue. C'est ainsi que les. chênes gras ou tendres, quand ce défaut n'est pas exagéré, sont les plus recherchés pour les beaux ouvrages de menuiserie et d'ébénisterie, parce que le bois est plus facile à travailler et qu'il n'est sujet ni à se fendre, ni à se voiler, ni à prendre du retrait, quand il est mis en œuvre. A ce point de vue, le chêne rouvre de qualité ordinaire parait avoir l'avantage sur le chêne pédoncule, du mo\m si on en juge par ce qui se passe dans les pays accidentés où les menuisiers et les fabricants de merrain accordent une préférence marquée aux chênes de moatagne ou de coteau qui sont ordinairement de cette espèce. Toutefois il y a des chênes rouvres dont le bois est très-nerveux, comme il y a des chênes pédoncules dont le bois est mou, poreux, gras.

Entre les deux types extrêmes de la qualité des bois de chêne, il existe une infinité de nuances qui

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se rapprochent plus ou moins des bois nerveux ou des bois gras et qu'il serait impossible de définir par des caractères bien tranchés [Pi. VIII, fiff. 2). Mais ces nuances sont faciles à apprécier pour qui veut les examiner, et comparer entre eux les bois de chênes qui ont crû dans des conditions différentes de sol ou de climat (1).

Le sapin est, de tous les bois résineux , le plus commun en France et le plus employé, soit dans les constructions, soit dans les ouvrages de menuiserie ; mais on n'apporte généralement pas» dans le choix; des sapins qu'on met en œuvre, la même attention qu'on donne au chêne, parce qu'ils ne servent pas à des usages aussi importants que celui-ci. Cependant, soit qu'on l'emploie comme charpepte, soit qu'on le dei^tine ^n menuiserie à des ouvrages qui exigent de la solidité et de la durée, il n'est pas indifférent de négliger la qualité du bois, attendu que la durée d'une charpente de sapin peut varier beaucoup, suivant que le bois est de qualité médiocre ou supérieure. Le sapin de bonne qualité se distingue facilement à ses couches annuelles régulières, peu développées, et présentant sur la tranche un grain fin, serré, plein. Le sapin de qualité médiocre, au contraire, a souvent les couches concentriques très-

(i) Les bois de chêne de qualité moyenne, qui ne sont ni très-nerveux ni tvès-tendres, réputés le» meiUeurs pour Ja fabrication des futailles, à cause de l'influence qu'ils exercen^ sur la consecvation et U boniôcatioii des vins.

larges, et son bois est formé d'un tissu mou, poreux, spongieux.

n en est de même de l'épicéa et du pin sylvestre, dont la qualité s'apprécie de la même manière d'après la régularité et l'épaisseur des accroissements annuels du diamètre, et d'après l'aspect plus ou moins compacte du bois vu sur une section perpendiculaire à l'axe. Mais, tandis que le sapin et l'épicéa n'ont pas d'aubier, ou du moins que l'on ne fait aucune distinction dans leur emploi entre le bois du cœur et celui des couches extérieures, le pin sylvestre a un aubier très-marqué, souvent trèsdéveloppé, dont le bois diffère essentiellement, sous le rapport de la qualité, de celui du cœur ou du bois parfait. Le bois aubier du pin, sylvestre est blanc jaunâtre et se distingue très-facilement du bois parfait qui est brun rougeâtre, ou jaune rosâtre. Le bois aubier du pin se dessèche, s'altère et se décompose promptement à l'air ; il est surtout particulièrement exposé à la vermoulure ; tandis que le bois parfait est extrêmement solide , résistant , élastique et aussi durable, si ce n'est plus, que les meilleurs bois de chêne. Sous le rapport de la solidité, de l'élasticité et de la durée, le pin sylvestre est (avec le mélèze et le laricio) infiniment supérieur aux autres bois résineux que nous produisons en France ; mais la nécessité où l'on est de purger ce bois de son aubier pour certains emplois^ et par conséquent de réduire beaucoup les dimensions utiles des pièces, constitue le pin sylvestre dans un état d'infériorité réelle, comme bois d'œuvre, vis-à-vis du sapin ou de l'épicéa.

DES BOIS d'oeuyke. 229

Article III.

DES PRINCIPAUX VICES OU DÉFAUTS ftUl SE RENCONTRENT

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