X INTRODUCTION
civilisation, la suppression absolue de la culture forestière a marqué, presque partout, l'époque de la décadence des peuples. Pour ne citer qu'un exemple, qui ne sait que le berceau du christianisme, cette Terre Promise où prospéraient de nombreuses populations, est devenu un aride désert après la disparition des forêts qui en faisaient la richesse et l’ornement?
Quant au chiffre de la production forestière française et à l'étendue de nos besoins en bois de fortes dimensions, personne ne les connaît; ces renseignements n existent nulle part, et j éprouve un véritable regret de n'avoir pu les introduire dans la seconde édition de ce modeste ouvrage. Mais on sait, dune manière certaine, que la quantité de bois nécessaire à l'entretien de notre flotte et de nos voies ferrées n'absorbe pas moins de 400,000 mètres cubes par année, ce qui équivaut à la possibilité de plus de 100,000 hectares de futaie de chêne en plein rapport. D'autre part, les tableaux officiels de l'administration des douanes nous apprennent que l’excédant de l’importation sur l'exportation des bois communs de service et d'industrie représente, annuellement, une valeur d'environ 150 millions de francs, et que dans cette somme le merrain destiné à la
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fabrication des tonneaux entre pour 45 millions.
À ne considérer que ces derniers chiffres, on voit que nous demandons à l'étranger des bois d'œuvre pour une somme considérable. Que si, comme il faut le désirer, on parvient à substituer le fer au bois, sans trop d'inconvénient, dans la plus grande partie des constructions, il n'en reste pas moins acquis que nous ne pouvons plus faire face à tous les besoins de la menuiserie, même en bois communs comme ceux de sapin et d’autres espèces résineuses; qu'enfin, l'une des branches les plus importantes de la production nationale, l’industrie viticole, ne trouve plus sur le sol français le merrain de chène nécessaire pour loger et exporter ses produits.
Sans doute nous pourrions, comme certains économistes, ne pas nous inquiéter de cet état de choses, si les bois étrangers, dont la quantité importée augmente chaque année, pouvaient nous être fournis avec certitude dans les temps à venir. Maïs cette assurance n'est rien moins que positive, et si nous interrogeons les États tels que la Suède, la Norwége et les autres contrées de la Baltique, d'où nous recevons la plus grande partie des bois résineux étrangers qui entrent dans notre consommation, ils nous répondent, par leurs voix les