DIMENSIONS VOLUMES CYLINDRIQUES
Pour ! mètre de hauteur et pour des dimensions égales à celles de la base diminuées de :
Diamètre.
Circonfér.
ee rm
——— | | — | — mm | ————…———
pus 0,013
0,709/0,640\0,57410,512/0,45410,598|0,547|0,299 0,785|0,709/0,636|0,56710,50310,44210,58510,532 0,866/0,78110,70110,62510,55410,48710,424/0,566 0,950/0,858|0,770/0,686|0,603/0,534\0,2466/0,401 1,059/0,93710,841|0,750|0,665|0,584/0,50910,439 1,151/1,02110,916/0,81710,724/0,636.0,55410,478 1,227 /1,10710,994/0,886|0,785|0,690|0,601 10,518 Hs 1,075|0,959/0,849/0,74610,650/0,861
ARTICLE Il.
Estimation à vue d'œil et par pied d’arbre.
Le mode d'estimation à vue d’œil et par pied d'arbre s'applique, comme le précédent, aux arbres de résere abandonnés à l’exploitation dans les coupes de taillis composé, aux arbres à exploiter en coupes principales dans les futaies régulières, et aux arbres à exploiter en jardinant dans les futaies irrégulières. Son emploi consiste à estimer en stères le volume de chaque arbre, tige et branches, comme s'il devait être converti tout entier en bois de feu. Puis, quand l'opération est faite et qu'il s’agit de fixer la valeur en argent de la coupe, on détermine la proportion en bois d’œuvre et en bois de chauffage du matériel estimé soit d'après des notes prises sur le terrain, soit d’après des renseignements recueillis dans des coupes précédemment exploitées, soit d’après les résultats d'expériences faites sur des arbres abattus.
Ce procédé est en usage dans beaucoup de forêts, et particulièrement dans les futaies dont tous les produits sont destinés au chauffage. Mais quand les arbres peuvent donner du bois d'œuvre, les règlements administratifs prescrivent aux agents estimateurs de mesurer et d'inscrire sur leur calepin la circonférence de base et la hauteur de la partie de la tige qui pourra être convertie en bois de service
ou d'industrie. Or, à supposer que cette prescription n'implique, pour l'Administration, qu’un moyen de contrôler les opérations des agents estimateurs, on comprend cependant que cette mesure les porte à se contrôler eux-mêmes, en vérifiant par le calcul l'estimation du bois d'œuvre qu'ils ont pu faire à vue d'œil. Ce procédé tend donc, sinon à disparaître de la pratique des estimations, du moins à se modifier de façon à se confondre, ou à peu près, avec le mode par comptage et cubage individuel des arbres.
L'art d'estimer à vue d'œil et par pied d’arbre ne peut pas s’enseigner, mais il est assez facile à acquérir ; aussi rencontre-t-on, dans toutes les localités forestières, bon nombre d’estimateurs habiles en ce genre. Ces hommes, exercés par une longue pratique des exploitations, jugent du volume d’un arbre en le comparant par la pensée à d’autres arbres de même essence, de mêmes dimensions et de même forme dont ils connaissent le rendement, parce qu'ils les ont vu exploiter et débiter. Quelle que soit l’habileté du forestier qui s’en sert, ce mode d'estimation, on le conçoit, ne peut jamais conduire à des résultats bien certains. Souvent les erreurs sont peu importantes, mais quelquefois aussi elles sont considérables ; de là, des inconvénients qui ont plus ou moins de gravité selon les circonstances dans lesquelles on opère. Au point de vue de la vente des produits, une estimation erronée du ma-
tériel à exploiter conduit à une évaluation en argent trop faible ou trop forte des produits à vendre sur pied, ce qui est toujours fâcheux. Au point de vue économique, ce mode d'estimation appliqué aux coupes annuelles dans les futaies aménagées présente des dangers plus sérieux, en ce sens que l’on peut être amené à anticiper sur l'avenir, ce qui forcerait plus tard à suspendre les exploitations, ou au moins à réduire considérablement la possibilité des produits restant à exploiter.
Mais, de ce que nous n’approuvons pas l’emploi exclusif de ce procédé dans l’estimation des coupes de futaie, est-ce à dire que nous regardons comme superflu pour un forestier de savoir estimer à vue d'œil, avec une certaine approximation, le volume d'un arbre sur pied et son rendement en marchandises fabriquées? Loin de là. Nous considérons, au contraire, que tout forestier, pour devenir un praticien habile et consommé, doit s’efforcer de devenir bon estimateur ; que non-seulement il doit apprendre à estimer les arbres individuellement, mais qu’il doit encore s'appliquer à estimer approximativement, par hectare, des massifs entiers de bois de tous âges et de toute consistance. Pour arriver à ce résultat, 1l faut se former le coup d’œil en observant beaucoup, en suivant de près les exploitations, en faisant abattre, façonner et débiter sous ses yeux des arbres que l’on a vus sur pied, que l’on a examinés sous tous les aspects, et dont on s’est fixé les formes et les dimensions dans la mémoire. Ou bien, il faut
suivre assez longtemps et très-attentivement les opérations d’un estimateur habile, et vérifier les types que l’on s’est créés, ou se rectifier le coup d'œil par des expériences sur les arbres abattus ou à abattre dans les coupes en exploitation. Le premier pas à faire dans cette étude et le plus important, c’est de s'exercer à estimer juste le diamètre et la hauteur d’un arbre quelconque, et on y arrive assez vite en s’aidant, dès le début, du compas forestier et du dendromètre. Ces premières données acquises, on se perfectionne d'autant plus vite que l’on fait plus d'applications, et que l’on se donne la peine de se vérifier par le procédé plus sûr que nous avons exposé dans l’Article second. Disons seulement pour finir que, lorsqu'on veut estimer à vue d'œil un arbre sur pied, il faut d’abord l’approcher de tout près, pour se rendre bien compte de son diamètre à hauteur d'homme et de la manière dont la tige se soutient; qu’ensuite, il faut l’examiner de plus loin et sous tous les aspects, de manière à bien voir tout le développement des branches et de la cime. Après ce premier examen, on estime séparément la partie de la tige propre à donner du bois d'œuvre en stères ou en mètres cubes, et le restant de l’arbre en stères de chauffage et en fagots.
ARTICLE IV
Estimation à vue d'œil, par hectare ou par virée.
L'art d’estimer les bois sur pied à vue d’œil et en masse ne peut être enseigné, parce qu'il est impossible de donner à cet égard aucune règle théorique précise. Ce mode d'estimation ne s'emploie en général que pour déterminer le volume sur pied d'une masse de bois de faibles dimensions et qui, eu égard à la multiplicité des tiges, ne pourraient être soumis à un mode d'estimation plus rigoureux, sans entrainer une perte de temps considérable. Telles sont les coupes de taillis qui s’exploitent à de courtes révolutions, et dont tous les produits doivent être convertis en bois de chauffage. Dans ce cas, l’estimateur parcourt la coupe plusieurs fois et dans tous les sens, et après s'être bien rendu compte de la nature et de la consistance des peuplements, de l’étendue relative des vides et des massifs les plus complets, par rapport au peuplement moyen, de la hauteur et de la grosseur des tiges, et enfin de la manière dont les bois sont plantés, il évalue approximativement le volume du bois à abattre et son rendement en stères de chauffage ou de charbonnette et en fagots. Cette évaluation se fait le plus souvent par unité de surface, par hectare, pour deux raisons : d’abord, parce qu’autrefois les coupes de cette nature se vendaient à l’hectare dans les forêts de l'Etat et des
communes ; parce qu'aussi ce mode de vente est encore en usage dans la plupart des taillis possédés par les particuliers, et que vendeurs et acheteurs ont dû s’habituer à estimer de cette manière : en second lieu, ces coupes s’exploitant par contenance, on à été conduit à rapporter à l'unité de surface le rendement des coupes exploitées, et à se créer ainsi, pour chaque espèce de peuplement, des types de production qui devaient servir à estimer sur pied les autres coupes à exploiter les années suivantes.
C’est dans la possession de ces types et l’art de les appliquer à l'estimation de peuplements semblables que gît tout le talent de l’estimateur. C’est assez dire que ce mode d'estimation exige de celui qui l’emploie une grande rectitude de coup d'œil, du jugement, de l'esprit d'observation et de comparaison, et surtout une longue pratique des exploitations. Quant au moyen d'acquérir ce talent si précieux pour un forestier, il consiste à beaucoup observer, à examiner de très-près les peuplements des coupes à exploiter, à assister à l’abatage, à la découpe, au façonnage et au mesurage des bois, et à se rendre exactement compte des produits fournis par les peuplements dont on s’est fixé l’image dans la mémoire.
Dans les contrées où les produits des taillis peuvent recevoir différentes destinations, selon les essences qui entrent en mélange dans les peuplements et selon les dimensions des perches, l'estimation du bois sur pied se fait quelquefois à vue d'œil et par
verée. Ainsi, un taillis dont les produits seront façonnés, partie en bois de feu, partie en bois d'industrie tels que échalas, perches à houblon, étançons de mine ou de houillère, etc., ou qui se vend avec faculté d’écorcer quand il renferme du chêne, un semblable taillis s’estimera quelquefois à vue d’æil et par hectare, si l’on a des termes de comparaison assez sûrs, mais plus souvent en détail et par virée. Dans l’un et l’autre cas, l’estimateur apprécie directement la quantité de marchandises de chaque espèce que le taillis doit fournir, par hectare si l’estimation a lieu à vue d'œil et par hectare, par virée si l'estimation a lieu à vue d’œil et par virée. Toutefois, lorsqu'on opère par virées dont on ne connaît pas la contenance, il vaut mieux évaluer en détail et successivement la quantité de chaque espèce de marchandises que renferme la partie du peuplement qu'on veut estimer.
Ce mode par virée consiste à diviser la surface de la coupe en bandes étroites et parallèles que lestimateur parcourt successivement, en se tenant à égale distance des lignes qui servent de limites à la bande dont il estime les produits.
Nous avons dit que l’art d'estimer les masses à vue d'œil consiste dans l’application exacte des types de production que l'expérience a gravés dans la mémoire de l’estimateur. Or, il est un fait qui influe beaucoup sur le rendement des taillis et dont nous voulons prévenir ceux qui n’ont pas encore une habi-
tude suffisante des estimations : c’est, en termes de métier, /a manière dont les bots sont plantés. — Par la manière dont les bois sont plantés dans les taillis, on exprime si le peuplement est surtout formé de cepées plus ou moins fortes, ou s’il y a mélange de petites cepées, de brins de semence et de drageons. Un taillis qui se compose surtout de fortes cepées est beaucoup plus productif qu’un taillis aussi complet en apparence, mais dont le peuplement est formé en grande partie de brins de semence ou de drageons. Comme conséquence de ce fait, les taillis d’aune, de chêne, de frêne, de châtaignier, de tilleul, dont les souches produisent beaucoup de rejets, sont généralement plus productifs que les taillis d’essences qui poussent peu de rejets, et se reproduisent surtout par drageons ou par brins de semence.
Donc, en résumé, lorsqu'on veut faire l'estimation d’une coupe de taillis, soit par hectare, soit par virée, il importe tout d’abord de se rendre compte de la proportion du mélange des essences, de la hauteur et de la grosseur des tiges, et de la manière dont les bois sont plantés. Ce n'est qu'après cet aperçu général que l’on peut rapporter et comparer le peuplement à estimer aux différents types de production des taillis simples, ou du sous-bois dans les taillis composés.
ARTICLE V
De l'estimation en matière des bois sur pied, par places d'essai.
Le mode d'estimation par places d’essai consiste à estimer à vue d’œli ou, plus généralement, à cuber aussi exactement que possible, par les procédés de la dendrométrie, le matériel existant sur une surface déterminée, et à appliquer les résultats de cette estimation aux massifs situés dans les mêmes conditions de peuplement. L'emploi de ce mode exige évidemment que la place d’essai dont le matériel servira de type dans le calcul, soit déterminée de façon qu’elle soit bien l'expression moyenne du peuplement entier. Si le massif à estimer présente des nuances tranchées dans la consistance du peuplement, la forme et les dimensions des arbres, on doit établir autant de places d'essai différentes et donner à chacune d'elles une contenance proportionnelle à l'étendue de la masse correspondante du massif à estimer, ou bien, appliquer séparément à chaque masse de peuplement différent les résultats de la place d’essai correspondante.
Ce aui frappe d’abord dans l'emploi de ce mode d'estimation, c’est qu'il ne peut être appliqué qu’à des masses assez considérables et d’un peuplement à peu près uniforme. En effet, pour une coupe de petite étendue, il serait aussi expéditif de l’estimer tout entière en détail, surtout si l’on considère que, pour
opérer avec chance de succès, il faut toujours donner une certaine étendue aux places d'essai et en établir un certain nombre, afin d’avoir des résultats moyens suffisamment exacts. Si ensuite on réfléchit au mode d'exécution de l'opération, 1l se présente au début une difficulté grave, c’est l'établissement même des places d'essai. Il arrive en effet que, quelque soin que l’on apporte dans le choix de ces places, on n’est jamais certain de prendre bien exactement ses types et, par suite, on est contraint de douter soimême des résultats qu’ils donneront. Or, une erreur commise, soit dans le choix du peuplement type, soit dans le résultat de son estimation, peut devenir irès-grave, lorsqu'on applique ce résultat à l’estimation d’une masse considérable. Auesi ce procédé n'est-il nullement employé dans l'estimation des coupes de futaie, et si parfois on s’en sert dans les taillis, ce n’est que lorsque la coupe à estimer est irès-régulièrement peuplée, et que l’on manque des données nécessaires pour l’estimer à vue d’œil par comparaison avec d’autres coupes précédemment exploitées.
ARTICLE VI
De l'estimation des bois d'œuvre sur pied en produits façonnés.
Nous venons d'exposer les différentes manières d'estimer sur pied le volume brut des bois d'œuvre, le volume brut et fabriqué des bois de feu. Ces pro-
cédés sont ceux dont les agents forestiers se servent généralement dans l'estimation des coupes à vendre sur pied. Mais, dans beaucoup de localités, tous les marchands de bois et même aussi quelques agents forestiers procèdent autrement. Ainsi, dans les sapinières, 1l est d'usage assez général parmi les marchands d’estimer chaque arbre individuellement, d’après ses dimensions, en marchandises fabriquées. Par exemple, un sapin de telle ou telle dimension est estimé comme pouvant donner une charpente de telle ou telle catégorie, soit un chevron, une panne simple, une panne double ou une poutre; tel autre qui est propre au sciage est estimé comme devant donner un nombre déterminé de planches réduites ou marchandes. Cette manière d'estimer une coupe de sapins suffit souvent au marchand pour déterminer le prix qu’il peut en offrir, parce qu’en beaucoup de circonstances les remanants d’exploitation et le bois de feu provenant, soit de la cime des arbres vifs, soit de la tige de quelques arbres morts, n’ont pour lui qu’une valeur insignifiante. Dans les forêts de bois feuillus, les marchands estiment souvent les bois d'œuvre, et particulièrement les chênes, en solives ou en décistères, par l'application immédiate des formules d’équarrissage. Ils se servent, à cet effet, de tarifs qui donnent les volumes au 1/4 sans déduction, au 1/6° ou au 1/5° déduit des pièces dont ils ont mesuré la hauteur et la circonférence de base. Le choix du mode de cubage qu’ils emploient dépend, en général, des usages
DES BOIS SUR PIED. 257 adoptés dans la localité pour la vente des bois abattus.
Ce mode d’estimation du bois d’œuvre ne donne pas le volume réel, mais seulement le volume du bois supposé façonné. Il en résulte que les agent forestiers ne peuvent l’employer que comme un moyen de se rendre compte des opérations des marchands et de déterminer la valeur en argent des bois d'œuvre, conformément aux usages de la localité. L'emploi de ce procédé ne les dispense pas d’estimer le volume entier et brut des bois d’œuvre, d’abord parce que l'Administration tient à connaître la production réelle de chaque coupe, en second lieu parce que dans les coupes de futaie dont la possibilité est basée sur le volume, les Agents doivent pouvoir justifier que, dans le martelage de chaque coupe, ils sont restés dans les limites de cette possibilité.