‹ Exploration archéologique de la Galatie et de la BithynieChapitre 14 sur 153 · AE L · texte numérisé non relu

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ils étaient exemptés des impôts, honorés de titres comme spectabilitas, et parfois comptés par les Césars parmi leurs amis particuliers (1). Quant aux médecins municipaux, il y en avait dans chaque ville un nombre déterminé (2); ils étaient choisis par les citoyens, proposés au collége des archiatri. Un passage du Code de Théodose (XIE, 3, 8) indique que la sanction

impériale était nécessaire pour valider cette nomination. L'07d0 archiatrorum exerçait une sur-

veillance légale sur les autres médecins, et ceux-ci étaient forcés de lui rendre compte de leur pratique et d'accepter son contrôle; c'était lui aussi qui devait distribuer l'instruction professionnelle aux jeunes gens qui se destinaient à la médecine, et qui tenait sans doute ces scholæ medicorum que nous trouvons mentionnées dans une inscription de Rome (Orelli, n° 4426), con-

sacrée au secrétaire ou archiviste d'une de ces écoles, fabulario scholæ medicorum. Ce collége

formait done, dans chacune des villes où il était institué, comme une sorte de conseil de santé et de faculté au petit pied. Les archiatri recevaient des appointements de l'État ou des villes, et prenaient en retour l'engagement de soigner gratuitement les pauvres; il en était de même

des médecins militaires (3). Les constitutions impériales assuraient à ces médecins d'importants

priviléges; comme prix du titre qu'elles leur conféraient et des obligations qu'elles leur faisaient contracter, elles les affranchissaient du service et des logements militaires , elles leur permettaient de refuser une tutelle, ete. (4). Les médecins même qui n'étaient pas agrégés à la corporation des archiatri, qui intra numerum non erant, comme disent les rescrits impériaux, s'ils ne recevaient point de traitement, étaient encore l'objet des faveurs de la loi; s'ils avaient à vivre de ce que leur payaient leurs malades, la loi les aidait à se faire rembourser leurs honoraires en

faisant de leur créance une créance privilégiée.

Je croirais volontiers que les cités grecques d'Europe et d'Asie adoptèrent de bonne heure, pour rétribuer le médecin et mettre ses soins à la portée de tous, des pauvres comme des riches, un système d'abonnement qui est resté jusqu'à nos jours dans les habitudes des populations de ces contrées. Maintenant encore, en Roumélie et en Anatolie, dès que la communauté grecque, dans une ville quelconque, est assez intelligente pour sentir le prix des services d'un médecin, et assez aisée pour pouvoir supporter cette dépense, elle engage à l'année un docteur ayant étudié en France, à Pise ou à Athènes; celui-ci touche par an une somme dé-

terminée, moyennant laquelle il doit ses visites à tous les membres de la communauté qui jugent

&v, et d’autres inscriptions contiennent le titre de

n° 1695) mentionne un certain Attalos, doyix

ç (ibid., n® 314,318). Un personnage dont il est plusieurs fois question sur les marbres (Corpus inser. gr.,n°% 367,

2283, 3285), Marcus Artorius Asclépiade, prend, sur une stèle de Smyrne, le titre de x

eoù Kaisapos Sebacrod.

(1) Sur la situation des 4rchiatri sacri palatii x. Cod. Theodos., NA, 16, 1. XE, 18, 1. XII, 5-12, 14, 16, 18. Ils

avaient le rang de comtes primi où secundi ordinis. Xbid., 17, 18. , il y avait dans les petites villes cinq,

(2) D'après le réglement qui se trouve recueilli dans le Digeste, XXII, 1, 16, 2

dans les moyennes sept, dans les grandes, dix places de médecins, auxquelles étaient attachées de précieuses immunités. Dans Rome il y avait un médecin particulier pour chacune des quatorze régions, sans compter les médecins particuliers pour

le collége des Vestales et pour le Porticus xysti (Cod. Theodos., XIIT, 3, 8). C’est ainsi qu'à Paris chaque arrondissement

et chaque établissement public ont leur médecin en titre, remplissant des fonctions tantôt gratuites, tantôt rétribuées ,

mais toujours fort recherchées pour les avantages de diverses espèces qu'elles procurent. Le titre de archiatros était usité dans toute l'étendue de l'empire, aussi bien en Occident qu’en Orient; je trouve des archiatri à Rome (Orelli, n° 4226);

à Pisaurum (Oliv., +. Pis., page 152); à Bénévent (Orelli, n° 3994); à Pola (Gruter, page. 632, n° 5); à Labranda et

Aphrodisias de Carie (Corpus inser. gr., nS27i4, 2847): à Éphèse (Le Bas, oyage archéologique , Inscriptions, partie V,

n° 16r); à Euromos et Alabanda de Carie (#brd., n° 314 318); à Coloë (Wagener, 1. L.), etc ; L + Lo) ;

(3) V. Cod. Justin., X , 52, 9. « Scientes annonaria sibi commoda a populi commodis administrari, » ils doivent plutôt « obsequi tenuioribus quam turpiter servire divitibus. » Justinien supprima le traitement que recevaient de l'État les archiatri. Procop., Hist. arcan., ©. 26. Cf. Le Bas, #id., n° 1336. Une curieuse inscription lycienne loue un médecin, Héraclite, fils d'Héraclite, d’avoir exercé gratuitement son art, txrpecavrx moi.

(4) Sous ce rapport, ils étaient tout à fait assimilés aux professeurs de lettres, comme le montre l'intitulé même d’un

chapitre des Codes de Théodose IL et de Justinien, de Professoribus et Medicis.

bon de l'appeler; les médicaments seuls restent à la charge des malades. Ces frais sont couverts au moyen d'une cotisation réglée par les primats pour chaque famille d’après la fortune qu'elle est censée posséder. Une pareille organisation est bien inspirée de cet esprit démocratique et égalitaire qui a toujours animé le peuple grec, et il me semble en retrouver la trace dans une de ces curieuses inscriptions de Delphes qu'ont découvertes et que vont prochainement publier MM. Foucart et Wescher; c’est celle qui porte le n° 16, dans la partie du recueil consacrée aux décrets de proxénie. Les Delphiens y donnent à un certain Philistion et à ses descendants l’exemption de la chorégie, xai rod iurpixo5. Tè iurpxév, ne serait-ce pas la contribution que chaque citoyen avait à payer pour avoir droit aux soins du médecin ou des médecins de la ville ?

Ibid. Sur un cippe cylindrique haut de 2 mètres. Lettres de 0,04.

AOMITIOCAI Aopérios At- OMHAOYZAN optdou Cv KAI$PONQNE Aa ppoväv &- AYTOKAITYNEKI aurû ai yuvext

à A&dHKAIANAPO Açp% xai Avdbo[o OEMTOYIQTETE déyn rù vio rere- AEYTHKOTIEABKAI Aeurmebrs E(rüv) À6 où AOMITIRAOMITI Aopurio Aouri- OYKAIAYTATETE où Ha adro rer

10 AEYTHKOTIEAB Aevrnadre é(rov) 16.

MNHMHC XAPH Myuns yéo(uv.

Domitius, fils de Diomède, a élevé pendant sa vie ce tombeau pour lui-même et pour sa femme Affé et pour son fils Androsthène, mort à trente-deux ans, et pour Domitius, fils de Domitius, mort, lui aussi, à trente-

deux ans. Hommage à leur mémoire.

Lignes 3 et 4, remarquer la forme singulière de l'E, forme qui n'est pas employée dans le reste de l'inscription, comme si le graveur, après en avoir fait par deux fois l'essai, n’en eût pas été content et fût revenu de lui-même à la forme consacrée. L. 5, À go est un nom qui n'a pas l'air d’origine grecque, et dont tous les exemples se trouvent en Asie (1); le Z d’Androsthénès manque sur la pierre. L. 6, Androsthénès, par une irrégularité qui n’a rien d'étonnant dans un texte d'une aussi basse époque, se rattache par ce datif en n à la première déclinaison, à moins qu'il ne faille voir là un simple iotacisme, 1 pour a. L. 7, une sigle dont je ne connais point d’autre exemple, E pour ëx@v; Franz cite ET pour érôv dans une inscription sicilienne (2). Ce Domitius, fils de Domitius, mort au même âge qu'Androsthène et enseveli par Diomède dans

le même tombeau, était sans doute quelque parent de celui-ci.

hid. Sur un cippe cylindrique. Lettres de 0,05.

D A Pare 11 doit manquer là une ligne donnant le nom du père.

AYPINNAGMEMNON Aïpuve, Mauvor(fx

AIOTEIMHéKAIXPYZIO Auorelun xai Xpôcuol v OYFATEPEZ 6 TT AT PI MN4M Buyarépes marpi vu HZXAPIN nç Jépu.

(1) Corpus inser. gr., n° 3390, 1. 3816, 2. 4143, 8. 3843, 1. (2) Elem. epigr. gr., page 364.

Au-dessous

une inscription métrique, en petits caractères très-effacés. Je n'ai rien pu lire des

quatre premières lignes, voici ce que j'ai distingué des suivantes :

NS DE OANH A UNE TP INONMIONMOMMONIÉANCINOMN O7 dépoy robpov fxavov OPHANHN de 0, 2 NN Gpqavr

KATEAEIMONAAEADH OPhANIHE MIPOICIEEAIAN

moy adekpn|v

L. 1, il faut peut-être lire Abgwvz. On voit ici le nom de Chrysion porté par une fille de condition très-probablement ingénue, et sœur de trois autres femmes dont les noms ne paraissent pas indiquer la situation d’eselave ou la profession de courtisane, à laquelle semblaient affectés, dans l’Athènes de Philémon et de Ménandre, ces noms neutres en #07. Les inscriptions nous prouvent qu'à Athènes même, dès cette époque, et sur les autres points du monde grec, ces noms étaient souvent portés par des femmes mariées, de condition libre (1). L. 6, il semble y avoir un solécisme, Séuey roùuév pour roy éubv. Il ne me parait pas que nous ayons beaucoup à regretter la perte de la partie métrique de l'inscription, ni qu'elle dût contenir autre chose que la plainte verbeuse et incorrecte des quatre sœurs.

Ibid. Sur un cippe cylindrique.

HAIOZ Is ANT ARE NAT Q Â rt vio ETAONKF è KAIATTIKHOYTATPI Guyarpt ETAONKA Erüv x.

Hélios à son fils Atticus, âgé de vingt-trois ans, et à sa fille Attica, âgée de vingt et un ans.

A Saridjilar, près Bolu, sur un cippe cylindrique TAIAIQNANTYAAN ATATA DIPMEINAHOYTATHP 2 KAIIOYAIANOZKAI za lovktavè mai ANTYAAOZ Avruès TATEKNA à mé Dans une rue de Boli, sur un cippe cylindrique. Lettres de 0,04. ATAOHITYXHI Ayaën sôyn" TAIAIONAEOYAN T. Aov Acouay AIAIAAÏIOTEIMA Aïla Atoreluæ HRIP ASIE TRE À xpariorn TONTIATEPA rdv marépe.

Ligne 2. Asoués est un nom inconnu, et que je croirais volontiers d'origine asiatique (2). Sans doute on trouve des noms grecs et latins ainsi terminés, par suite de contractions faciles à Le] ,

(1) Une inscription qui vient d'être trouvée à Athènes (Revue archéologique, juillet 63, p. 19), prés la porte Dipyle, est ainsi conçue : KopéXkuwov À

vos yuvi, et dans les inscriptions de Delphes on trouve jusqu’à quinze femmes ou filles d’archontes et de sénateurs de Delphes dont les noms se terminent en :

(2) Cf. Le nom propre Ass, qui se trouve dans une inscription d’Érythres, chez Le Bas. J'oyage archéologique, Ins-

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