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haut et l'étage intermédiaire, consacré à la divinité du lieu. Ce sont de vrais promenoirs que les galeries souterraines et que les galeries supérieures, qui, les unes et les autres, se développent dans toute la longueur de l'édifice et en font le tour; elles ne paraissent pas, tant elles sont commodes et spacieuses, jouer ici un rôle accessoire, mais avoir été construites tout exprès pour servir à la promenade (1). »
A défaut d’autres indices, le trait final de cette description, rapproché du caractère général des ruines encore subsistantes, de l'importance des substructions et du vaste développement de ces souterrains dont nous n'avons étudié et relevé qu’une partie, pourrait déjà conduire à faire regarder comme vraisemblable l'attribution que nous proposons; mais nous pouvons aller plus loin, et signaler une coïncidence plus remarquable encore entre les témoignages antiques et les observations que nous avons faites sur les lieux. Le peu de temps que nous passâmes à Cyzique ne nous permit pas de chercher à loisir, parmi les débris amoncelés, les füts, les chapiteaux, les grands fragments d’entablement qui se retrouveraient sans doute enterrés au plus profond des décombres, et qui fourniraient les données nécessaires pour une restauration de l’ensemble. Pourtant M. Guillaume putrecueillir et mesurer un certain nombre de fragments et d’ornements d'architecture qui lui permettent toutau moins de déterminer, avec une grande approximation, l'échelle de l'édifice. Les morceaux qui ont le plus attiré son attention sont une base de colonne (v. PL III, fig. 2), un ove, des perles et un fragment de chapiteau corinthien. Or la comparaison de ces divers éléments l'a conduit à conclure qu'ils avaient appartenu à un même ordre colossal dont la colonne, en y comprenant la base et le chapiteau, aurait eu une hauteur totale de 21,35, si l'on attribue à cette colonne la proportion de 10 diamètres, proportion moyenne qui sert en quelque sorte de règle (2). Or cette élévation serait supérieure à celle même du plus grand ordre connu, qui nous est offert par les colonnes du grand temple de Balbek (Héliopolis) (3). Les plus hautes colonnes qui soient encore debout à Rome sont
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Apügor dE dnd yhv Te xai astro d0 aÿrod Jurovres mixhe, domep où Ev L Nous n'avons omis que la partie du texte qui contient de froides allusions mythologiques d’où il n’y a rien à tirer
pour l’histoire du temple et le caractère de son architecture. On remarquera que, dans les dernières lignes, nous avons
cru devoir ajouter quelques mots à ceux que nous donnait le grec, et développer plutôt que traduire, pour rendre le
sens plus clair. Par cet « étage d’en haut », brepüos Uéx, par ces « galeries suspendues en l'air », xpeuacro dpéyor, Aristide nous paraît avoir voulu désigner les galeries qui, dans les grands temples, où il y a intérieurement deux ordres superposés, courent au-dessus des portiques qui forment les bas-côtés de la cella; c’est la place qu'occupe le sréforium dans certaines basiliques romaines et dans nos églises du moyen âge. Voir sur ces galeries hautes Abel Blouet, Æxpédition scientifique en Morée, à. 1, p. 69 et planche 68, et Dela, ardette, Ruines de Pæslum, 1799. À propos du temple d’Olympie, Pausanias (V, 10) parle aussi de ces portiques supérieurs, qu'il appelle oroa irepüor, et ailleurs, en décrivant le temple d’Athéné Alea à Tégée, il dit qu'il avait deux ordres superposés, un ordre corinthien au-dessus d’un ordre dorique (VIT, 45).
(2) Pour ce qui est des bases sur lesquelles M. Guillaume a appu
& ses calculs et de la méthode qu'il a suivie, voir
l'Explication de la planche 3.
(3) Les colonnes du grand temple de Balbek ont sept pieds anglais de diamètre inférieur, et 63 et demi de hauteur, base et chapiteau compris, ce qui revient à 2°,1 3 de diamètre et 19",35 de hauteur. (V. Les Ruines de Balbec, parR. Wood, Londres, 1757). Les colonnes du temple de Jupiter Olympien, à Athènes, construit également par Hadrien, ont 16,70.
(V. Penrose, Principles of Athenian architecture).
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celles du temple de Mars Ultor; elles n’ont que 17",50. Une colonne enlevée à la basilique de
Constantin, et dressée sur une place voisine de Sainte-Marie Majeure, a 19 mètres de haut. On voit
que le temple de Cyzique avait pu à bon droit frapper les yeux et l'imagination des contemporains; on voit que, par ses proportions, il dépassait les autres édifices construits dans un siècle qui avait pourtant l'habitude et le goût du colossal.
La hauteur de la colonne étant ainsi obtenue par l'examen des parties subsistantes et par le calcul, ce n’est pas sans surprise et sans plaisir que l’on se reporte à ce passage de Dion : « On dit que sous Antonin il y eut un terrible tremblement de terre qui désola la Bithynie et les rivages de l'Hellespont; il maltraita cruellement plusieurs cités, et il en renversa d’autres de fond en comble. Une des villes qui souffrirent le plus, ce fut Cyzique; elle vit s’écrouler son temple, le plus beau et le plus grand de ceux qui existaient alors; ses colonnes, chacune d’un seul bloc, avaient quatre orgyies de grosseur et cinquante coudées de haut. Tout le reste était à l’avenant, et il était plus facile d'admirer les beautés de cet édifice que de les louer dignement (1). » Les dommages éprouvés par le temple sont sans doute exagérés ici par Dion, ou du moins la trace en fut complétement effacée par les successeurs d’Antonin, puisque des écrivains très-postérieurs mentionnent cet édifice comme existant encore de leur temps. Quoi qu’il en soit, ce qu'il nous importe ici de constater et de relever, c'est cette hauteur de 50 coudées que Dion attribue aux colonnes; 50 coudées équivalent à 23",15 ; or, nous avions trouvé, par le calcul, pour cette même hauteur, 21",35. Ne suffit-il pas, pour expliquer le faible écart qui sépare l’une de l’autre ces deux évaluations, de songer que Dion, qui ne parle ici qu’en passant du temple de Cyzique, a dû se contenter de donner des chiffres ronds, chiffres qu'il citait d’ailleurs sans doute de mémoire ? 4
Dans le passage que nous avons cité plus haut, Dion énonce un fait qu'il serait curieux de vérifier, et dont il est permis de douter jusqu'à preuve du contraire; il affirme que les colonnes auraient été faites chacune d’un seul bloc. La chose, il est vrai, n’est pas absolument impossible, et cetie disposition serait bien dans le goût d’une époque qui, ne pouvant plus atteindre à l’harmo- Ê
difficulté vaincue. Nous devons dire aussi que, parmi les débris de toute sorte accumulés sur ce
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ection des grands modèles classiques, cherchait surtout à étonner par le mérite de la
point, nous n'avons vu aucun de ces tambours cylindriques qui jonchent le sol dans l’Acropole d'Athènes, à Égine ou à Phigalie. Les dimensions qu'il faudrait attribuer à ces monolithes dépasseraient pourtant de beaucoup les plus grands qn'il y ait à Sainte-Sophie; Justinien avait fait rechercher pour sa basilique les plus belles colonnes que l'on ait pu trouver dans tout l'empire ; Éphèse, Alexandria Troas, Cyzique, les iles de la mer Égée, Rome même, avaient dépouillé pour lui leurs temples, envoyé leurs plus précieux matériaux, ce que l’on avait pu trouver, parmi les débris des magnificences d'autrefois, de plus beau, de plus riche et de plus grandiose. Or, tandis que dans le temple d'Hadrien à Cyzique les füts devaient avoir de 19 à 20 mètres, ceux des fameuses colonnes de vert antique, apportées d'Éphèse et célébrées par Paul le Silentiaire n’ont que 8 mètres, et les colonnes de porphyre égyptien apportées de Rome, où elles avaient été enlevées au
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Au premier moment on serait tenté de rendre par diarnètre le mot grosseur, épaisseur; mais nous croyons qu'il faut le traduire nécessairement ici par circonférence; d’après la valeur que l’on attribue ordinairement à l'orgyie (1,850) 4 orgyies donneraient un diamètre de 7",40, chiffre dont l’exagération saute aux yeux, et qui n’est nullement en rapport avec l’évaluation fournie par Dion lui-même pour la hauteur des colonnes. Il vaut donc mieux penser que Dion à voulu indiquer la grosseur des füts par la mesure de leur circonférence, plus facile à obtenir que celle du diamètre. Le diamètre inférieur de colonnes hautes de 23",15 (6o coudées) serait, si l’on continue à calculer sur la proportion de 10 diamètres, 2",31, ce qui donnerait 7,26 de circonférence. Nous obtenons de cette manière, sinon le chiffre même que fournit l'historien, au moins quelque chose qui n’en est pas fort éloigné.