‹ Exploration archéologique de la Galatie et de la BithynieChapitre 23 sur 153 · I. FACE LATÉRALE DROITE · texte numérisé non relu

I. FACE LATÉRALE DROITE

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Il y a encore sur la pierre une quinzaine de lignes, mais où je n'ai pu distinguer que des

lettres éparses et des fragments de noms.

Il. FACE LATÉRALE GAUCHE :

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Mapriavès Todguuos , ITéprios Oxthoiios, Joÿ(tos) Eruytoy,

Âuotos B ; Appi[vuoc] Aurédogf oc,

Éx(rwg) ? Kids Âciorumds,

Movuc(cvioc) Posgou 4 Népucos À gxtvéou, M(doxoc) Oadds, A(oÿz106) Kapmopdpos, Ayabone B.

À fnvéd'ogos Érrovéou, KaGeicuoe Aüpidtos, TApoy E,

OxJraoutos,

À Jeuvuos,

Chéréas étant hipparque pour la huitième fois, Asclépiade Xénas, fils d’Asclépiade, étant secrétaire du sénat néocore, ceux-ci ont été Prytanes pour le mois Calamæon, et Callies pour le mois Panémos : Hoplites :

ee Viennent ensuite les noms qu'il est inutile de transcrire.

Cette inscription a un frappant rapport avec celles qui se trouvent à Paris, conservées à la Bibliothèque impériale, et qui sont reproduites dans le Corpus sous les numéros 3662, 3663, 3664, 3665. C'est, pour la face latérale droite, la liste, mutilée par le temps, de ceux des citoyens de la tribu des Æoplites qui ont exercé les fonctions de prytanes pendant le mois Calamæon, et celles de Callies pendant le mois Panémos. Deux tribus, on le voit par les inscriptions qui sont arrivées jusqu'à nous plus complètes, concouraient à fournir pour chaque mois les cinquante sénateurs qui exerçaient la prytanie, et c'est la tribu des Oivores qui est toujours associée à celle des

; faut-il chercher sur la face latérale gauche les noms des sénateurs de la tribu des Oinopes qui ont par

3é pendant ces deux mois les mêmes fonctions que les sénateurs de la tribu des Hoplites? C'est la pensée qui vient tout d’abord à l'esprit; ce qui conduit à l’écarter, ou tout au moins à ne l’admettre qu'avec quelque hésitation, c’est que l'écriture n’est pas tout à fait la même sur la face latérale gauche que sur la droite; dans la première l’o a partout la forme o, dans la seconde partout la forme W; dans la seconde inscription, les mots sont quelquefois séparés par des points dont je ne trouve pas trace dans la première ; faut-il voir là la marque de deux époques différentes, ou seulement la preuve que les deux parties d’une même inscription auraient été confi

à des lapicides différents, dont chacun se trouvait avoir ses habitudes et ses préférences ?

Fac I. Pour tout ce qui regarde le calendrier de Cyzique, sa constitution, ses tribus, l'ordre dans lequel, groupées deux par deux, elles exerçaient la prytanie, je n'ai qu'à renvoyer aux savantes dissertations que M. Bœckh a jointes aux inscriptions citées plus haut. Pas plus que Marquardt, Bœckh n’a réussi à déterminer quelles étaient au juste les fonctions que désignaient à Cyzique les verbes xaXu4to et xaXu6, quel était le lieu consacré ou le corps de magistrats que l’on appelait xéuov. À Athènes, on donnait le nom de x#Xkov à un tribunal dont la compétence ne nous est pas bien connue (1); et l’analogie souvent signalée entre l'organisation politique d’Athènes et celle que Cyzique devait à ses origines ioniennes, nous conduit à croire qu'il s’agit ici

(®) Pollux, VIN, 21. Lex. rhet., p. 269, 33 : Kékwv, Joacréeiov Abynat cbro xahoiuevov. Cf. Photius, p. 126, 24. le 22

St

aussi d’attributions judiciaires. Les prytanes sortant de charge se trouvaient de plein droit investis, pendant le mois suivant, de cette magistrature dont les attributions et le caractère ne pourront nous être révélés que par la découverte de quelque texte nouveau. Un xaXMapyos, souvent aussi mentionné dans les inscriptions de Cyzique, était à la tête du corps des xaXMdlovrss OÙ aù- MÉVTES.

Le mois Calamæon est le huitième, et le mois Panémos le neuvième du calendrier de Cyzique. D'après la comparaison des différents textes qu'il commente, Bœckh établit que c'est ordinairement au mois Panémos que correspondait la prytanie des Hoplites; ici elle tombe sur le mois

précédent, le mois Calamæon; mais cette particularité, comme Bœckh le remarque lui-même, se trouve déjà dans l’une des listes que portent les marbres de la Bibliothèque impériale (Corpus inser. gr., n° 3363). Il y eut, à ce qu'il semble, à partir d'un certain moment, une interversion faite dans l'ordre suivi jusqu'alors. Une particularité plus singulière et qui mérite plus d'attention, c'est la manière dont est indiqué ici le nom du magistrat éponyme, de l'hipparque. Partout ailleurs, dans les actes de la même ville, nous avons, suivant l'usage ordinaire,

nt in Ce datif

qui servent à dater les textes lapidaires. On le trouve, dans les inscriptions de l'époque impériale,

cupyobvros roù Jeivos, tandis qu'ici le nom du magistrat éponyme est au datif (1). , employé comme l'ablatif absolu du latin, est rare dans cette acception et dans les formules

employé dans les formules traduites du latin; ainsi, quand il s'agit des consuls ou proconsuls romains, on a, comme pour changer le moins possible le titre officiel, transcrit l'ablatif latin par le datif grec. Je lis dans une inscription de Smyrne : Ô écgpayisbn à Poun red roûv Novôv Maiov Adrorgérop. Kaisaer T. Aile ÂSouuv® Âvroveivo rù P, Tai Beoutrio Hocisevre ro B ürévoic (2). Les exemples de ces datifs sur les médailles sont fréquents, mais toujours quand il s’agit de magistrats et de titres romains (3). Je ne connais pas d'autre exemple d'une magistrature grecque, indiquée ainsi, dans une cité grecque, à la manière latine, et par ce datif, transcription machinale et incorrecte de l’ablatif latin.

Le titre de néocore, donné ici au sénat de Cyzique, nous montre que l'inscription en question est postérieure à l'avénement d'Hadrien et antérieure au règne de Sévère : c’est en effet sur des monnaies portant l'effigie d'Hadrien qu’apparaît pour la première fois la formule Kukxnvôv vewzégov (4), et c’est sur des pièces de Julia Domna et de Septime-Sévère que l'on commence à rencontrer la légende Kofwenvov Ds veozépov où E vsoxéguv, qui depuis lors se répète sans cesse (5).

Les fonctions de secrétaire du sénat se trouvent mentionnées dans l'intitulé d’autres inscriptions de Cyzique (n° 3661, 3663); le sénat est appelé, tantôt, comme ici, veoxépos Pour, tantôt isoù fBouan.

f 2N Se D 1dopos, Epuäs d'Ép-

L. 5, Æevas est une sorte d’abréviation de Æevédosos, comme Agreuts d’Ags

uédwpos, Amos d'ÂroNédogos; ces formes abrégées paraissent avoir été très-employées à cette

époque et dans cette région; on les rencontre souvent dans les inscriptions de l'Asie Mineure à l'époque romaine. Bœckh (6) rappelle quel sens il faut donner à la formule bien connue maiïntenant qui se trouve souvent dans cette inscription et dans les autres inscriptions de Cyzique, je veux parler du chiffre suivant un nom propre; cette sigle indique que, depuis le nombre de générations marqué par ce chiffre, ce nom se trouvait dans la famille, porté par le père avant le fils,

(4) Je ne puis conserver aucun doute sur le texte que je donne; un estampage pris sur la pierre, et où les lettres se lisent encore de la façon la plus distincte, ne permet pas l'hésitation.

(2) Corpus inser. gr., 3175.

(3) Voir Mionnet, Zonie, n. 254; Phrygie, n. 153; Éolie, n. 64; Lydie, n. 251, etc., etc.

(4) Mionnet, Suppl., V, p. 318, n. 226.

(5) Mionnet, Suppl, V, p. 339, n. 369, 370; p. 338, n. 368.

(6) Corpus inscr. gr., ad n. 3662.

pre

par l'aïeul avant le père, ete. L. 12, Médov pour Médov. L. 19, 21, 22, les titres Paoreds, puotépyne, oivognaË, sont relevés par Bœckh (ad ». 3663); il est difficile de dire ce qu'étaient au juste ces fonctions, qui paraissent avoir eu toutes un caractère religieux. L. 28, Biovos pour Biowvos.

Face I. Les mêmes formules se retrouvent ici, IL. 2, 8, 4, le titre Paeÿe, Il. 3, 13, 20, 25, le chiffre & indiquant que le fils porte le même nom que son père. L. 5, dpévrns, écrit en abrégé comme Baotkste, comme puoréggns, est-il le titre d’une fonction publique analogue à celles que désignent ces titres? est-ce simplement un nom de métier qui s'attache ici comme surnom à Valérius Sévérus, que l’on appellerait, pour le distinguer de quelque homonyme, le tsserand? L. 3, Nnctg6pos, nom dont je ne connais pas d'exemple. L. 9, iCaïos est une variante nouvelle du nom bien connu isaios, celui que portait l’orateur athénien. L. 13, l'orthographe d’Âxstos est à remarquer; ce n’est point ici une décomposition du 6, inspirée par le désir de se rapprocher de l'orthographe archaïque, mais une transcription du nom latin d’Accius, tel qu'il se prononçait alors, le second c, celui qui précède l’é, tendant dès ce moment à prendre, dans certains cas, un son identique à celui de la lettre s. L. 14, j'ai cru devoir suppléer Âouivoc; malgré son apparence toute germanique, ce nom n’est pas étranger à l'Asie Mineure. On le trouve sur une monnaie de Clazomène (1). L. 14, je ne connais pas d'autre exemple du nom Atrédopos. L. 15, je lis Éx[roo] et L 16 Movo[ovuoc], tout en conservant quelques doutes; le point qui suit le xet le « montre bien que ce sont là des abréviations, quoiqu'il n’y ait aucune raison qui ait dù faire abréger ces noms plutôt que d’autres; nous avons, dans la face I, 1. 22, T.. et foua. pour 'afos et lolo, dans la face IT, sans parler des prénoms romains, DofX6tos et los abrégés (IL. 6 et 12) par Doré. et Îoun.; mais on s'étonne un peu plus de voir traités de même des noms bien moins connus et moins fréquents, comme seraient Hector et Musonius. Il y a d’ailleurs, dans la manière dont sont désignés tous ces personnages et dont sont écrits tous ces noms, un tel désordre, une telle confusion des noms d’origine grecque et des noms d'origine latine, un tel mélange des procédés et des formules propres en particulier à chacune des deux langues, que l’on ne peut ici s'étonner de rien ni déclarer aucune combinaison invraisemblable ou impossible.

Nous avons retrouvé, dans le lit même du ruisseau qui traverse le théâtre, les fragments brisés d'autres stèles contenant sans doute des listes analogues. Voici les plus longs :

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