‹ Exploration archéologique de la Galatie et de la BithynieChapitre 33 sur 153 · TI · texte numérisé non relu

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un nouveau jour, attira l'attention de l'illustre Cavedoni, qui prit la peine de faire sur cette inscription quelques remarques auxquelles il me suffira de renvoyer le lecteur (ibidem, p. 207). On trouvera, dans ce rapide et savant commentaire, l'explication des épithètes que portent, dans notre épitaphe, les villes de Prymnessos et de Kotiaïon. Prymnessos se vantait probablement d’avoir été la capitale des anciens rois, et faisait remonter son t{ustration à ce Midas dont elle mettait l'effigie sur ses monnaies (Mionnet, Swppl., t. VII, pl. XIII, 3); j'ajouterai que, si le bourg moderne de Seid-el-Ghazi répond, comme on le croit, à l'emplacement de Prymnessos, cette ville avait dans son voisinage immédiat ces tombes royales qui, dès l'antiquité, attiraient l'attention des voyageurs, et dont l’une laisse lire encore sur le rocher le nom de Midas qu'avaient répandu au loin, dans toute la Grèce, des légendes variées et bizarres. Quant à Kotiaion, cette ville devrait son titre de sage à l'honneur qu'elle aurait eu, d’après la tradition, de donner le jour au sage Ésope. Cavedoni fait encore remarquer que cette profession de foi épicurienne convient bien à un Phrygien, d'après la vieille réputation de mollesse voluptueuse qui s'était attachée aux habitants de cette contrée; il rappelle le souvenir de ce Phrygien Androcottos, ami fidèle de Sardanapale, qui, racontait-on, aurait écrit sur son tombeau ce conseil : ESOIE, HINE, IAIZE, dont les termes ressemblent si fort à ceux de notre inscription. Enfin Cavedoni croit que le surnom de Woz&z, que portait Léonidès, est encore une allusion à sa vie insouciante et au sans-façon avec lequel il traitait les choses de ce monde. Wop&s, ou, comme l'écrit Le Bas, Wéouë, ce serait celui qui fait claquer ses doigts à propos de toute chose, comme pour dire que rien ne vaut même un claquement de doigt, oùx

déve bvta rod Vépou Tov

Saxriwy (Athénée, XII, p. 529 . Ce sens me paraît plus ingénieux que celui qu'adoptent "À ? 2 P

Welcker et Franz; ils voient dans ce surnom de Yosä< une allusion à la profession d'histrion qu'au-

rait exercée Léonidès, et sans doute au bruit des applaudi

ements qui saluent l’acteur ou au son de sa voix qui retentit sur la scène. Je restitue à la dernière ligne æée; on pourrait aussi bien supposer ëcûe, ou quelque autre verbe du même genre.

Sur une grande dalle de marbre qui forme maintenant le devant d’une fontaine, dans le quartier grec, en lettres de 0,06.

TONKAYTONENZHNOIZINTONEZOXON Tèv æurdv éy Céoiowv, rdv NMEPOTEICIN TONTIPNTIZTONBOYAHE ëh used AETNOAHOLOAHE TONTTNXOYEHIAE EKENEYXEÉEBIHE EMETOXIOKHIAOMYIA y edcebine, Edcroyiou Didpuiæ,

5 ONA@ANATOIDIAEEEKONTOYNEKAKAITT àv dhdvaror pi\éecxo OYEAMENAOANATOIZKAIMAKAPINAECE : . dhavérous rai paxaplov èc- BAAAONTAOBANATHNAOMNONZH EANTA GéXovra dbavérov dôpov, Cécavra

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5, S. ent. À Gogo

Celui qui a été illustre parmi les vivants, celui qui a excellé parmi les mortels, le premier du sénat et de la ville tout entière, celui qui, par piété, aimait les pauvres, Philomuiès, fils d’Eustochios, que les immortels aimaient, et qui, à cause de cela, est entré dans la demeure des immortels, ayant vécu cinq dizaines d'années, est ici enseveli.

On reconnaît, au commencement surtout, un certain effort pour se rapprocher du rhythme poétique, et l'épitaphe débute par une sorte de distique incorrect.

Tôv Auto év Cbouauv, tv ÉÉoyov àv Lepémeucuv,

rdv meGrioroy Boudñs A0È rénos SA.

Daouvins est un nom nouveau, assez singulièrement composé; il signifie proprement : « qui aime les mouches. » A la fin de la ligne 5 et au commencement de la ligne 6, il y a un ou deux

mots que je ne puis déchiffrer. L. 6, je lis MAKAPION au lieu de MAKAPIQOH que porte ma copie, et qui n'aurait pas de sens. De même à la ligne suivante, je lis AOMON au lieu de AOMNON. Ayant rencontré ce nom de AOMNOX, AOMNA, dans des inscriptions que j'avais copiées le jour même, j'aurai peut-être involontairement écrit sur mon cahier Aéuvoy au lieu de Aéuov. Ce qu'il y a d’intéressant dans cette inscription, au milieu de la barbarie de sa prosodie et de ses emphatiques exagérations, c'est d'y voir un païen déclaré, qui se vante de la protection des immortels, recevoir sur son tombeau ce titre d’«ami des pauvres, » que l’on ne s’attendrait à trouver que dans l'épitaphe d’un chrétien (1). M. Egger a signalé une inscription latine de Rome, contemporaine du règne d'Auguste, où un certain G. Attilius Evhodus, affranchi d’un Attilius Serranus, est qualifié de BoNI. MISERICORDIS.AMANTIS.PAVPERES; il esquisse, à ce propos, une intéressante histoire du sentiment moral chez les anciens, un tableau des progrès de l'idée de l'humanité; il montre, par de nombreux exemples, que les anciens étaient moins étrangers que nous ne nous le figurons à ce que nous nommons aujourd'hui la charité, à ce que Cicéron appelle déjà caritas generis humani (2). Notre épitaphe, qui doit être du secon:l ou du troisième siècle de notre ère, nous conduit aux mêmes conclusions que la lecture d’Épictète et de Marc-Aurèle; elle nous indique combien il y avait alors d’expressions et d'idées communes aux chrétiens et à l'élite de ceux qui n'avaient pas embrassé la foi nouvelle. Dans quelle mesure il ÿ avait relation et imitation réelle, quelle influence avait pu exercer le christianisme naissant sur la philosophie et la morale païenne, ce sont là des questions délicates et complexes, qu'il ne m’appartient point de traiter ici.

Dans un méd ui dépend de l'Oulou-djami ou grande mosquée, sur une dalle de 2 mètres de long, qui est encastrée dans le mur. Cette dalle semble avoir été ph dans la frise d’un entablement, à côté d’une autre qui ne s’est pas retrouvée; il est donc difficile de dire combien de mots manquent au commencement des lignes. Lettres de Om,10 et de 0m,05.

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Cette inscription est tellement mutilée, les lettres sont si effacées et se lisent si mal, qu'il me paraît bien difficile d'en tirer un sens suivi. Elle se terminait par l’apostrophe ordinaire au voyageur.

Dans le mur du côté nord de la forteresse, se trouve cette inscription byzantine, sur une pierre longue et de forme convexe.

NHPOTAHTHCKATABAPBAPONTANY.MMOI.NP© OYMOC:HPOHTAIOMMAKBOATAIKPCOTOCiYOOMNATTI FIOCNAN:TIA

Cette inscription, placée à une certaine hauteur dans le mur, est fort difficile à lire; je ne puis

(1) Une femme chrétienne de Milan est appelée, dans son épitaphe, amatrix pauperum (486 ap. J.-C.). Sur une inscription romaine du siècle précédent (340 ap. J.-C.), un artisan romain, Junianus, s'intitule amator pauperorum, et sa femme, qui a élevé le tombeau, se donne à elle-même la qualité d’amnatrix pauperorum.

(2) Mémoires d'histoire ancienne et de philologie, Paris, 1863, XV.

tirer de sens de ces trois lignes, que M. Guillaume et moi avons pourtant transcrites avec grand peine et grand soin. Les caractères employés ici ne rendent pas la forme allongée des lettres de

l'inscription.

Dans le mur de la forteresse. Lettres de 0m,025.

MHECZOTIKOMNHMHE Épluñs Zorwÿ pvépne XAPINGAAEA@AI géo dde\pS.

Hermès à son frère Zoticos, hommage à sa mémoire.

Dans le cimetière arménien catholique. Lettres de 0m,04.

AYPAAEZAN Aÿe(fuic) AXEav- APOLIOMEMON dpos loiorou AYPAPXELTPAT Adp(n%ix) Apyecrpdi(n KAYPTENAAINYIN (a) Aderrie) Tevadte vig.

Aurélius Alexandre, fils de Justus, à Aurélia Archestraté et à Aurélius Gennadios son fils.

J'ai copié encore à Koutahia un certain nombre d'inscriptions déjà transcrites par Le Bas, qu avait fait une riche moisson dans cette ville; avant lui, Kotiaion n’avait fourni aux recueils épigraphiques qu'un bien petit nombre de textes. Je me bornerai pour ces inscriptions, en général trèsbien transcrites par Le Bas, à indiquer les quelques variantes que présentent mes carnets.

Le n. 822 de Le Bas présentait une leçon qui avait étonné Franz, zwc au commencement de la ligne 3. Ma copie porte zwoc. Même ligne, j'ai lu AYTW au lieu de AYTUN. Je ferai remarquer, à propos de cette inscription, combien ce nom de Zortxés, qu’elle renferme, est commun en Phrygie ; ainsi on le rencontre encore, à Kotiaïon, dans le n. 82 de la présente publication et dans le n. 1717 de Le Bas; il n’est pas moins fréquent à Eumenia (C. J. Gr., nn. 389 4, 3896, 3902).—N. 804 de Le Bas. va s'est déjà ren-

Je lis TPYHINA et non TPYbAINA. Tpigtva serait un nom nouveau, tandis que T'eÿe contré. — N. 796 de Le Bas, pas de différence. — N. 826. Je n'ai pas pu, mieux que Le Bas, rien tirer des lettres très-effacées qui séparent AMIAC de rA1W. — N. 795,1. 4, je lis FAYKYTATA au lieu de

TAYKYTO, qui n’est peut-être qu'une faute d'impression. — N. 3827, v, du Corpus : il y a quelques inexactitudes dans la copie de Kennedey Bailie. Kai est partout écrit en abrégé, k. Après ÂroNovio, on lit très-distinctement sur la pierre kaacamoc. Ce nom de Agoaos est nouveau. Le mot fapig0ove:, qui se rencontre dans la formule finale d'imprécation, n’est pas dans la dernière édition du Thesaurus. Ce mot se trouve pourtant dans plusieurs autres inscriptions de cette contrée que contient le Corpus, et qui reproduisent, avec de légères variantes, cette même formule de malédiction (nn. 3814, 3815, 3843, 3893).

Obligés de ne point nous éloigner définitivement de Koutahia avant le retour du courrier que nous

avions envoyé chercher à Brousse notre correspondance d'Europe, nous profitèmes de cette circonstance pour faire une excursion vers le sud, dans la direction et sur la route d'Afioun-karahissar. Le point extrême que nous atteignimes de ce côté futle village d’Æ/tun-tach, «la Pierre d'Or, » où une inscription précédemment découverte avait conduit à placer une ville, jusqu'alors inconnue, qui aurait porté le nom de Bennisoa. Altun-tach est situé à huit heures environ de Koutahia, dans la direction du Sud-Sud-Est. On cherchera dans nos itinéraires la situation relative des villages visités

pendant les quatre jours que dura cette excursion.

Le premier jour, partis assez tard de Koutahia, nous ne sortimes point du bassin de l’ancien Tymbris, appelé aujourd’hui Porsouk-tchaï. Auprès de Koutahia, la plaine est cultivée, et les villages ne manquent pas; puis le terrain s'élève, et nous avons en face de nous le fond de la vallée. Le paysage est triste; partout une pierre calcaire, de couleur laiteuse. Les maigres moissons que l’on voit encore dans la plaine en nuancent de place en place la morne et fatigante blancheur, sans parvenir à la cacher sous la verdure. Sur les hauteurs, quelques pauvres et courts arbustes font effort afin de pousser de quelques pieds au-dessus du sol. Le Porsouk-tchai coule rapidement dans une gorge étroite où nous descendons pour le traverser; nous le franchissons sur un pont à trois arches, d’une assez bonne construction. Sur la rive droite, auprès du pont, jaillit une source minérale, qui marque au thermomètre 22 degrés centigrades. L'eau coule parmi des restes d'anciens bassins en blocage; mais, ni dans un moulin et une ferme voisine, ni parmi les débris. de murs qui jonchent le sol, je n’aperçois de blocs antiques. Les saules qui bordent la rivière et l’étroite bande de prairie qu’elle arrose forment un agréable contraste avec la falaise crayeuse; celle-ci présente des stratifications fort régulières, et qui courent, presque horizontales, sur une longue étendue.

Laissant derrière nous le Porsouk-tchaï, nous marchons, en nous élevant peu à peu, parmi des collines que couvrent de petits bois de genévriers (1); nous arrivons, trois heures après avoir quitté la rive où nous avions fait halte, au misérable village de Douwarlar, «les murs, » situé au milieu d’un petit plateau en partie cultivé. Nous y trouvâmes quelques inscriptions.

Sur une stèle où se trouve, au-dessous de l'inscription, un oiseau becquetant dans une corbeille. Lettres de 0,015.

AIAC.ICIAAAAPXWANAPI Aqiès. ..... Àpy® dvdpi......

Âguwës est un nom féminin déjà connu, et analogue à Âywäs (v. p. 108). Venait ensuite un second nom terminé en i{a, comme Priscilla. Âsyée employé comme nom propre est nouveau.

Autre stèle encastrée dans un mur. Lettres de 0,03.

TITATPIKIOCANAPOKAIOY Harpéuos Avdpoéou CE CIEMOIEMVERIENN ëero edyhv* SENOAOKOVYIOC Eevédoyol ce] vide HIAITOY BXérov.

Patricius, fils d’Androclios, pour accomplir son vœu. Xénodochos, fils de Philippe.

Xénodochos est sans doute le nom de l'artiste qui avait fait le bas-relief ou la statuette votive au-dessous de laquelle devait être placée la plaque dont nous avons copié l'inscription. Celle-ci est de très-basse époque; la forme de l'ypsilon, que je donne d’après mon estampage, est caractéristique.

On nous avait beaucoup parlé, à Koutahia, d’une curiosité naturelle qui se trouvait auprès de Douvwarlar; on nous en avait fait des descriptions hyperboliques qui nous décidèrent à sacrifier une demi-journée. Il y avait une demi-heure de chemin, nous assurait-on dans le village, et nous marchâmes deux grandes heures avant d'arriver. C'est une simple caverne, fort étroite ;

(4) D'après Aucher-Éloy, qui suivit la même route que nous en 1832, c'est le Juniperus hispanica. T. I, P- 145. TT 31

elle s'ouvre dans une chaîne de rochers calcaires, au sommet de la montagne qui s'élève à l'ouest

du village et que l'on appelle Omer-baba-dagh. On pénètre à plat-ventre dans cette grotte ; ensuite

la voûte s'élève un peu, et on marche à peu près debout pendant une vingtaine de mètres; puis on arrive à une sorte de puits où se termine brusquement la galerie. On y est descendu, à ce qu’il paraît, car une grosse branche d'arbre, placée en travers de l'orifice du puits, ne peut avoir été mise là que pour recevoir des cordes. Le trou parait très-profond; un caillou que nous y jetons rebondit plusieurs fois avant que nous cessions d'en entendre le bruit. Il n'y a d’ailleurs pas de belles stalactites; les dépôts calcaires formés sur les parois par le suintement des eaux n’ont rien de remarquable. Je ne sais si un géologue trouverait ici matière à des observations intéressantes; mais pour nous, nous quittèmes Douwarlar avec le regret d’avoir perdu notre matinée.

A trois quarts d'heure au sud de Douwarlar, nous arrivâmes, par une pente douce, à un petit col qui sépare le bassin du Tymbris de la grande plaine que l'on désigne maintenant sous le nom de Systchanli-ova, plaine dont les eaux paraissent couler vers le sud-ouest et aller à l’'Hermos ou au Méandre. Après avoir passé ce col, nous avons à notre gauche des montagnes nues et grisâtres, tandis qu'à notre droite s'étend cette belle plaine, dont une grande partie est inculte. La plaine a de la grandeur; elle est partout entourée de montagnes, hors vers le sud-est, où elle se perd en douces et lointaines ondulations dans une brume transparente; c'est par là, vers Synnada, que commence le vaste plateau qui se termine aux montagnes de la Pisidie. Le trait saillant du paysage, c'est le Murad-Dagh, l'ancien Dindymenon, dont le sommet, le 6 juin, est encore tout couvert de neige.

La partie septentrionale de cette plaine paraït avoir appartenu à une ville dont le nom, qui ne nous avait pas été transmis par les auteurs, nous a été révélé par les marbres. Une inscription copiée à Altun-tach par M. Le Bas, et que nous y avons vue encore et transcrite de nouveau, rappelle le souvenir des honneurs rendus à l'empereur Trajan par les Bennisoëniens, Bewvssonvet, et une autre inscription honorifique relevée par nous au même endroit contient le même nom, avec une variante dont nous chercherons à nous rendre compte. Il y à donc lieu de croire qu'ÆAltun-lach, village d’une quarantaine de maisons, occupe à peu près l’emplacement de Bennisoa, et que cette ville, quoique les historiens n’en aient pas parlé et que l'on

n'en connaisse pas de monnaies, jouit, à l'époque impériale, d’une prospérité qui s'explique a ment par la fertilité de son territoire et qui paraît s'être prolongée assez tard. De nombreuses stèles funéraires sont éparses dans le village et dans son cimetière ; on rencontre partout, à l'entrée du village et auprès de la mosquée, des colonnes sans cannelure et d'un assez fort diamètre, de grands blocs qui ont dû appartenir autrefois à des édifices de quelque importance. Plusieurs des stèles funéraires sont faites d’une sorte de brèche veinée de rose et de lilas qui provient sans doute des carrières de Synnada. La mosquée, presque entièrement faite de matériaux antiques, a été construite avec soin, et remonte peut-être à l'époque seljoukide, ou plus haut encore. D'après la tradition du pays, ce serait une ancienne église; elle a la forme d’une grande salle rectangulaire. Derrière la mosquée, sur un petit ruisseau qui contourne le village, se trouve un pont fait de gros blocs soigneusement appareillés ; en amont, un bandeau de marbre blanc encadre l'arche. On serait porté à voir là une construction romaine, sans la forme légèrement ogivale de l'arche unique. Ce serait donc un monument byzantin ou seljoukide, l'œuvre en tout cas d’une époque où l’on avait, avec le loisir de soigner ce genre de travaux, le désir de leur donner un heureux aspect et une belle forme. Voici la première des deux inscriptions qui nous ont appris l'existence de la ville de Bennisoa; je la reproduis quoiqu'elle ait été donnée par M. Le Bas (n. 774), et qu'elle ait passé, de son recueil, dans le Corpus (n. 3857. 1.). Il manque dans sa copie, je ne sais comment, deux mots importants qui servent à fixer la date de l’inscription ; toutes les lettres sont faciles à lire, et se distinguent encore aisément sur mon estampage.

Sur un cippe cylindrique haut de 0m,85. Lettres de 0",02.

YTEPTHCAYTOKPATOPOC Yrip rc aüroxpéropos NEPOYATPAIANOYKAICAPOC Neooix Toaiavod Kaicupoc C'ENR ACT OA ME PAMPARNEIREIORM Zebaoroù l'eppavxoë AAKIKOYNEIKHCAIIBENNIU Aœuxod veuns A Bevvio MHNOANHCTEIMOAAOY Muvogdvns Teyuohéou TONBUMONANECTHCEN Tôv Boyèv dvésrnoev BENNEICOHNUN Beyveconvüv.

Mènophanès, fils de Timolaos, a élevé, au nom des Bennisoëniens, un autel à Jupiter Bennios, en souvenir de la victoire de l’empereur Nerva Trajan, César, Auguste, Germanique, Dacique.

Le Bas avait mal lu le nom du père de Mènophanès; sa copie porte TewoSérov, que Franz avait corrigé en Teoxpéroy; ce qui est plus important, il avait sauté les deux mots lepuavixoù Auxixod. Comme l’a indiqué M. Henzen, Trajan portant ici les noms de Germanique et de Dacique, et l'autel étant consacré en souvenir d'une victoire, pro victoria, il paraît probable que l'inscription date du commencement de la guerre contre les Parthes (1). Les premiers succès remportés par Trajan sur l’Euphrate avaient dû avoir un grand retentissement dans cette Asie Mineure qu'avaient souvent menacée et quelquefois désolée les incursions des Parthes. Le rédacteur de l'inscription a sous-entendu ou le graveur a oublié ré devant le mot Bevvisonvoi. Sur la. répétition d'ôéo dans les inscriptions honorifiques, voir le Corpus, 4713, e. Ce Jupiter Bennios, que mentionne notre inscription, parait avoir été une divinité assez célèbre dans cette partie de la Phrygie. Une inscription trouvée à Tatar-Bazardjik, entre Aiïzani et Koutahia, à une douzaine d'heures d’Altun-tach, est ainsi conçue : Tpépwv Meviszou Al za vois Bevvsirous (2). Ces Bennite, comme l'a supposé Franz, doivent être un collége de prêtres du Zeds Bévvos. Quel était au juste le caractère de cette divinité, et d'où venait son nom, c'est ce qu'il paraît impossible de dire, jusqu'à nouvel ordre. Cavedoni propose, pour le mot Béwa, une étymologie celtique qui me paraît plus ingénieuse que vraisemblable. Ce district n’a jamais fait partie de la Galatie, qui ne s’étendait pas si loin à l’ouest, et d’ailleurs, au cœur même de l’ancienne Galatie, nous ne voyons pas qu'aucun mot celtique soit passé dans le dialecte grec du pays; les inscriptions nous montrent à Ancyre les noms propres celtiques disparaissant dès les premières années de notre ère. À plus forte raison est-il peu probable que dans un district qui ne semble pas avoir été occupé, au moins d’une manière permanente, par les Galates, une divinité hellénique ait reçu et gardé un surnom celtique (3).

Voici l'inscription nouvelle qui concourt avec la précédente à fixer à Altun-tach le site de

Bennisoa :

(1) Bulletin de l'Institut de correspondance archéologique, 1861, p. 163. (2) Corpus, n° 3857. < (3) Corpus, ad n° 3857, Addenda,

Sur un piédestal haut de 0®,98. Hauteur des lettres, 0,03.

IMÉENY Tñc [re (PE AEZHEA docng d[ec- TOTHN TFÉTAY HBOMNE à Bourà KAIOAH aa à dF- MOC ..

COHNWN Zonväv.

Le sénat et le peuple des Soëniens, en l'honneur du maître de la terre et de la mer.

À quel empereur se rapporte cette inscription, analogue à plusieurs autres qu'a énumérées M. Henzen à propos de la publication de ce texte dans le Bulletin de l'Institut de correspondance archéologique (1861, p. 163)? C'est ce qu'il est impossible de déterminer, en l'absence de tout nom et de toute date. M. Henzen la croirait pourtant de la fin du second ou du commencement du troisième siècle de notre ère. Le sigma lunaire, employé concurremment avec la forme plus ancienne, fait tout d’abord songer au second siècle. Si Auguste est déjà nommé dans une inscription de Phanagoria (C’. Z. G. 2122) réons Vñs xal néons bakdoons dpyov, l'emploi du mot Seorérns trahit une époque postérieure. D'un autre côté, notre inscription est plus simple que celles du tyran Fulvius Macrianus et celles de Constantin le fils, qui s’intitulent chacun yñe za Pakéoons al mavroc äavbgéroy ävous Deomérne #ui wieos (C'. I. G. 3711 et 2834); elle rappelle tout à fait une inscription de Mytilène où Septime Sévère est appelé yä&s zal Dakéoonus Jeorétus (C. I. G. 2181).

Dans l'inscription précédente, le nom que portent les citoyens de la ville qui consacre un autel à Trajan est Beyvercomvoi; ici nous n’avons plus que Xonvei. Il ne manque pourtant rien sur la pierre en cet endroit, et il n’y a point à douter qu'il ne s'agisse de la même cité. Il est probable que le nom primitif de la ville était Soa, d'où l’ethnique Soënoi, et que le culte du Zeus Bennios, qui aurait eu son temple à Soa, fit appeler cette ville Benni-Soa, pour qu'on ne la confondit pas avec quelque autre bourgade qui portait ce nom de Soa. Mais il paraît que, dans l'usage ordinaire et pour plus de rapidité, on abrégeait quelquefois, quand il n'y avait point d'erreur ni de doute possible, et qu'on omettait la première partie du nom. C'est ainsi que parfois, dans le district où est située une ville, on néglige de la désigner par l’épithète ou le surnom qu'emploient les géographes pour la distinguer d'autres villes, situées dans des pays différents et qui ont même nom.

Nous trouvâmes encore à Altun-tach un certain nombre d'inscriptions funéraires. Presque toutes avaient été lues par M. Le Bas; en voici une qui lui a échappé:

Sur une stèle. Lettres de 0,02.

ATOAAWNIOCAPICTEOY Arokénos Apioréou MATEPIMW...I1AITAYKY paré... Puxv- TATHEYCEBIHCENEKEIN rérn eboebins Évéxev.

Apollonios, fils d’Aristéas, à sa mère chérie. . . . ., par piété.

Je ne trouve pas de nom de femme qui commence par M6, et je ne sais comment suppléer les trois ou quatre lettres qui manquent.

Nous avons recopié à Altun-tach les inscriptions numérotées dans Le Bas 775, 777, 780, 781, 783. J'appelle l'attention sur le n. 775, qui contient une des épitaphes les plus simples et les plus touchantes que j'aie rencontrées sur les tombeaux pendant tout le cours de notre voyage. Je la transcris et la traduis :

AZ BCE ; UN / Aéyeoy rôde cua marne eldpuoe Guyarpi,

ÀGavérnv TEMLAV, [YnLOGUVOY daxgô[ov* Marne ù à Bapumévôas rt réxvou Taupoipou Épauriy Cüca ouyrarénea répe,

Eï

ot

: PAS z 40Y 1GTopyhs DÉxpUGL LUpOpLÉVE.

Xaigous, aiobnè ddeîre, copüv, où p?, dvve reyrèv Ihoÿrovos BaciAños émyboviov évboéTre, Q topic paxdpwv mévres Gpekduebe.

Éori yap nat êv oduévors vépeaus, merd êort èmt révois 10): à sis se 0e CON dvayvods mépuls -

Tempéac nat Néva yovets.

C’est un père qui a construit pour sa fille cet impérissable sépulcre, honneur immortel, monument de ses [l avec elle, dans la tombe; ma tendresse me fait fondre en larmes et dépérir. Salut, honnête passant, et ne manque point, hélas! d'honorer, comme doit le faire un homme sage, Pluton, le souverain maître des hommes qui habitent sur la terre, Pluton à qui, fors les immortels, sont dus tous les êtres vivants. Car il y

a aussi chez les morts une Némésis, une Némésis qui s'attache aux tombeaux. . . . Lis et passe. . . Timéas et Nana, parents.

armes. Quant à moi, mère navrée du trépas de son enfant au rapide destin, je me suis déposée toute vivante,

Ma copie diffère peu de celle de Le Bas. J’indique les variantes. Vers 4, MHTHPAEHBAPV..... La leçon de Le Bas Mérne À Bapur

Üxs donne un vers faux: il y en a d’ailleurs plusieurs dans l’inscription, le 4", le 6", le 7%, V. 9, METAECTI au lieu de péya ati. V. 10, ANATNOYyETTAPIOI au lieu de à euoù répit. M. Waddington, dans le commentaire où il explique les inscriptions recueillies par Le Bas en Asie Mineure, remarque avec raison que cette épitaphe contient plusieurs do-

rismes; il cite uupouévæ, rauäv; on peut ajouter Bagurévius pour Pusurévins. Ces formes doriques ne peuvent guère provenir que d'une transcription d’hémistiches pris chez d'anciens auteurs, peut-être dans des recueils d'épitaphes où l’on trouvait commode de puiser. Il n’y a, dans la langue des inscriptions de cette contrée, aucune trace de dorisme. Dans le 6 vers, Franz et M. Waddington lisent yévwe pour pévs; je ne comprends pas alors ce qu'ils font do, où ils paraissent voir le datif du pronom personnel de la troisième personne. C'est la jeune fille qui parle et qui salue le voyageur. Ne vaut-il pas mieux lire où dvve? oius est une exclamation bien connue, COMME oiwo, qui répond à notre «hélas! » Franz et M. Waddington ajoutent au vers 5 un mot, éyñe, qui rend faux le pentamètre, mot qui ne se trouve ni dans la copie de Le Bas ni dans la mienne, et qui n’a certainement jamais existé dans le texte. Ïcropyt n’est, je crois, qu'une forme locale et populaire pour orcgy#, forme à laquelle a donné naissance cette disposition de nos organes vocaux qui à tiré le mot espée de l'italien spada, et qui fait encore dire partout chez nous aux paysans une es{alion, une estatue (1). Meré êor pour uéreor:, diérèse inspirée ici au poëte

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