‹ Exploration archéologique de la Galatie et de la BithynieChapitre 36 sur 153 · LA · texte numérisé non relu

LA

— L. 23, on retrouve la formule du début; là comme I. 2, il faut changer en un A le À que porte ma copie. — 20-29, la phrase a une construction irrégulière; il n'y à point de verbe qui gouverne l'accusatif Héoxwhoy. — L. 25, i pour ei. — L. 28, &\ pour A, pour &X4. —— L. 29, j'ai évi-

demment sauté les deux lettres e, que je rétablis dans la transcription. Dans toute la première partie de cette inscription, on voit que l’auteur de l’épitaphe à cru faire des vers hexamètres, et le sens est facile à suivre ; d’ailleurs, la plupart des vers sont faux, et les

pensées sont la banalité même. Voici ce début, avec l'orthographe ordinaire :

y #hubov.

Tpdpiuos Edriyous mode

M en on à Tôv copins au diddoraho évvoyuov EVE

de réve Ouvéroo ne Ihouréos oùxiav lev,

dvrov verdoy Quyas rap

OùŸ &v ris lavov à

APATE

oùd” Ewbev

ov xÿbovro

+ Se à oùx orowy dpôyioc ëG

éyy0s oÙx elcopaTen,

AN raisache daxpÜwv xè Ada uh moiere Opnvoie,

padè réxere Vuyès daxpotc. . -..

Viennent ensuite cinq lignes dont je n'ai pu rétablir le sens ni combler les lacunes; puis encore, ce qui veut être un vers :

aubov ie Aïda Ddpoue, rdv desyyéz Logo.

Après ces développements, l'inscription se termine par la mention de plusieurs faits, mention où semble disparaitre complétement toute prétention poétique. Voici comment on peut traduire cette première inscription :

Moi Trophime, fils d'Eutychos, je suis venu retrouver mon père. Moi que la loi avait revêtu du droit d'enseigner ici la sagesse, j'ai été saisi par celui qui ne cesse d’aller vers 8 5 >) la demeure de la mort et de Pluton, par celui qui reçoit tout joyeux les âmes de tous les morts. Une fois ; I : J0ÿ mort, personne ne réussira à se glisser hors des enfers et à revenir au monde, à revoir le lever de l'aurore ou le coucher du soleil. Là-bas, point d’astre qui décrive son cours; là-bas ne pénètre et ne s’aperçoit point la clarté de la lune brillant au haut du ciel, mais toujours règne une nuit sombre. Cessez cependant vos larmes » ] 8 [ et n’adressez point de lamentations à Hadès; ne laissez point vos âmes se fondre en larmes. ....... Hd: La douzième année, je suis allé dans la demeure d'Hadès, le lieu sombre. J'étais appelé autrefois maitre de > ;

sagesse ; puis je fis entrer dans ma maison une petite-fille, qui mourut à quinze ans. Un tombeau n'a été élevé par ma fille Ammia et par mon fils adoptif Telesphoros. J'ai quitté ma femme et l’ai laissée au monde.

Dans ces dernières lignes, la grammaire et les idées parais ez décousues. Nous ne savons

pas à quoi se rapporte cette indication de la douzième année qui semble se trouver ligne 24, à quel événement de la vie de Trophime elle se rattache. Il a dû vivre jusqu’à une vieillesse avancée, puisqu'il parle d’une petite-fille et d’un fils adoptif ; c'était, à ce qu'il semble, quand il est mort, un professeur en retraite.

II. Le commencement de l'inscription de gauche me présente de grandes difficultés. Il y a peut-

être quelque erreur dans ma copie; je n’ai malheureusement d’estampage que de la troisième fac

C'est cette troisième inscription qui m'avait paru la plus difficile de toutes à lire, et c’est celle dont je tire aujourd'hui le sens le plus suivi et le plus satisfaisant ; c’est que M. Guillaume a bien voulu en prendre une empreinte pendant que je transcrivais les deux autres côtés.

L. 1. Je mets un point après Tazi4 : c'est là un intitulé, sans relation grammaticale avec ce qui

suit. On à de nombreux exemples de cette disposition dans les inscriptions grecques et latines du temps de l'empire. Aurelia Tatia aurait été la femme de Trophime, fils d'Eutychès. L'inscription gravée sur la face gauche parait faire immédiatement suite à celle de la face antérieure : c’est toujours Trophime qui parle. J'ai quitté, dit-il, jeté en tête de cette inscription. L. 2,

ma femme, et cette femme est l’Aurelia Tatia dont le nom est

éuio pour éuéo, forme ionique pour éucd. Le génitif du pronom

personnel forme un singulier pléonasme avec l'adjectif possessif qui termine la ligne précédente. L. 5

9, cé est pour meés 6; c’est là du moins le sens le plus plausible que je puisse trouver à cette phrase très-obscure. L. 7, Kogruxée, nom d’un personnage qui paraît, au moment de la mort de

Trophime, avoir été sur le point d'épouser une fille ou une cas, il lui donne le titre de gendre. Ce gendre, comme il le l'érection du tombeau de famille. — Remarquez, L. 8, l’aspira

etite-fille à lui, appelée Névyn; en tout dit, lignes 12 et 13, s'était associé à ion devant la voyelle initiale d’ätis qui

porte ordinairement un esprit doux. Cette orthographe concourt, avec quelques autres indices, à

nous faire croire qu'à une certaine époque et dans certains dialectes, la première syllabe du mot &iris

était frappée d’une aspiration. On trouve le composé

LosX (Thesaurus, éd. Didot, s. v. érrilo,

: du grec. Dans certains manuscrits du

, ten latin le nom propre Helpis, ainsi transeri

Nouveau Testament, on rencontre à je supplée un I sans lequel on aurait un

mot inintelligible.

On reconnaît ici aussi un certain effort, plus malheureux encore, pour atteindre au rhythme

poétique, quelques pentamètres boiteux mêlés à des hexamètres non moins irréguliers :

; je Hube d'opov.

dv yàe Thot FaÜT he

ex Ode *

\ NN où Guvid puce

auBode yà yauCpds ya

äN duot pvduns yéeuw Boudv doucéunv ba AN éuot uviuns dou Bou pvcéunv ÉvOa,

day Ovnrotar, uvnudauvov DE Biou.

Voici la traduction de cette partie de l’épitaphe, autant que permettent de la rendre son obseurité et son décousu :

A Aurélia Tatia.

J'ai quitté la compagne de toute ma vie, et elle est morte la même année, à 70 ans; mais mon affection est

allée te rejoindre, chère femme, dans la demeure de Pluton. Quant à Kyriakos, je l'ai la out entier à l’espérance de faire entrer dans sa couche Nonné devenue son épouse. C’est ce gendre qui s’est aussi réuni à moi pour construire d’un commun accord cette tombe. Je me suis, pour conserver ma mémoire, dressé ici une stèle funéraire, un de ces monuments qui font vivre le nom des mortels et qui rappellent leur vie. Adieu, toi qui fus bonne.

Dans ces derniers mots, l’auteur de l’épitaphe revient à Aurelia Tatia et lui adresse un dernier salut. L’épitaphe ne s’arrêtait d’ailleurs pas là.

I. L'inscription de la face droite a la forme d’un dialogue entre Ammia, morte avant le mariage,

et ses parents affligés. Si cette Ammia était la même que celle qui est mentionnée I, 30, on ne voit

pas comment elle aurait pu élever la tombe de son père, puisqu'elle est pleurée ici par lui. Peut-être

) Voyez, à propos de formes analogues, où la préposition s'aspire devant des mots dont nous sommes habitués à

écrire avec l'esprit doux la voyelle initiale, une note de M. W addington, dans son commentaire sur la longue et iniption d’Éphèse qu'il

téressante ins

joutée au recueil de M. Le Bas, 136. (Foy. Arch. Partie V.

Explication des inscrip., p. 60.) Boeckh, qui avait déjà remarqué cet ordre de faits, est d’avis pourtant de conserver l’esprit doux, dans

les mots qui l'ont habituellement, même après ces consonnes aspirées.

est-ce ici cette éyyévn, cette petite-fille, qui est morte à quinze ans, et qui se serait appelée Ammia comme sa mère.

L. 4, i pour #, exclamation qu'amènent ici les besoins de la mesure. L. 5, 4v pour à, fait qui concourt subsidiairement à montrer que la prononciation de l'£ræ, ailleurs représentée par la diphthongue «1, n’était pas encore ici confondue avec celle de l'iërz, hors dans quelques mots (foy pour iv, I, 6, repose peut-être seulement sur une faute de copie, aisée à expliquer; I, 1. 14, nous

avons cekvi pour cevns; IL, L. 4, à, pour #, L. 19, uirne pour warne). L. 6, Ai pour Mwsiv ; li et la diphthongue « se remplacent dans cette inscription selon le caprice du graveur; il n'y a d’ailleurs là rien que de très-habituel pour les inscriptions de cette époque. L. 8, xx: pour xhafe. —— L. 10, dans Dhocérnre, On pourrait voir une transposition due au graveur, et lire yAoçorérnv, si ces formes d'accusatif en &v, pour les noms de la 3" déclinaison, n'étaient très-fréquentes dans les inscrip ions de

Kotiaion et des-environs, comme je l'ai indiqué plus haut d’après M. Waddington. — L. 12, YSyrnv pour

dy ; c'est quelque chose de semblable à la forme rarépuy que nous avons signalée I, 1, un curieux

exemple de l'abus que l’on faisait alors du v euphonique, pour remédier à des hiatus que l'on ne

savait pas éviter. L. 16, au lieu de S:éuévn, que me donne mon estampage, assez difficile à

déchiffrer en cet endroit, je lis Se£zuéva, s'étant montrée. Je ne puis lire que quelques mots dans la

fin du discours de la jeune fille.

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