‹ Exploration archéologique de la Galatie et de la BithynieChapitre 62 sur 153 · DH · texte numérisé non relu

DH

qui nous à déjà été demandée. Nous nous contenterons de rappeler, avant d'aborder ce travail d’interprétation, ce qui distingue de toutes celles qui l'ont précédée notre copie du texte grec et du texte

latin : c’est, outre la transcription de parties du texte qui n'avaient pas encore été copiées, le soin que

nous avons pris de donner une réduction mathématique des surfaces couvertes d'inscriptions et d'y rapporter à l'échelle les lignes, les mots, les simples lettres. Grâce à ces précautions, on connait maintenant l’exacte étendue des lacunes, que chacun, autrefois, d’après les copies antérieures, remplissait à sa fantaisie, quitte à y mettre, s’il y trouvait son compte, cinq ou six mots de plus que n'avait fait tel de ses devanciers qui s'était attaqué au même passage. Aujourd’hui, pour la constitution du texte, le champ des conjectures est bien circonscrit, depuis que c’est par lettres qu’il faut compter. Quand le temps n’a détruit qu’une partie de la ligne, on peut faire le compte des caractères qui manquent, à un ou deux près, et la restitution qui se trouve à la fois s'adapter à l'espace laissé en blanc sur la copie et compléter le sens d’une manière satisfaisante, a bien des chances d’être la vraie; s'agit-il de quelques lignes, c’est tout au plus si, en inscrivant dans la place vacante la restitution proposée, l'on risque de se tromper d’un ou deux mots. L’extrême sûreté de ce moyen de contrôle, et la science profonde de l’épigraphiste qui a appliqué cette méthode à la restitution de ce texte, font que l’on peut regarder le livre de M. Mommsen comme fermant pour longtemps, et peut-être pour toujours, la série des ouvrages relatifs aux monuments d'Apollonie et d'Ancyre. On peut donc regarder comme à peu près définitive la traduction ci-jointe.

Nous renverrons au livre de M. Mommsen ceux qui voudraient compléter, éclaircir et critiquer les assertions d’Auguste, par l'examen et la comparaison des données que contiennent les historiens de son règne et les textes épigraphiques. Quant à juger, à l’aide de l’Zndex rerum gestarum, la personne d’Auguste et le caractère de son œuvre, c’est là une étude des plus curieuses et des plus intéressantes, mais qui ne rentre point dans le plan de cet ouvrage. Ce jugement, si on n’essaye pas d'en réunir soi-même les éléments, d'en trouver soi-même les termes et l’exacte mesure, on pourra le demander aux écrivains qui, dans ces derniers temps, ont travaillé à nous donner, de la figure d'Auguste, un nouveau et plus fidèle c rayon. On trouvera chez M. Beulé une sévérité plus indignée, plus de passion, chez M. Boissier plus de nuances et de tempéraments ; qnant à M. Mommsen, qui ne s'engage pas non plus dans cette recherche, il définit pourtant Auguste avec une parfaite justesse, ce nous semble, en deux lignes que nous demandons la permission de citer : « Arcana imperii in tali scripto nemo sanus queret, sed ea quæ populum universum et plebeculam maxime de se credere vellet imperalor animi callidi magis quam sublimis, quique magné viri personam aple gesserit, ipse non maynus, »

Pour faire mieux comprendre, à ceux qui n'auraient pas le loisir d'étudier les planches mêmes où est contenu le fac-simile de l'inscription, quelles difficultés présentait le travail de restitution, et pour leur indiquer quelles sont les parties du Testament Politique dont le sens est fixé maintenant de la

manière la plus certaine et celles qui laissent encore quelque place au doute, nous ne pouvons mieux

faire que de transcrire un tableau qui a été dressé avec le plus grand soin par M. C. De la Berge pour un article de la ARevue critique, où il avait à rendre compte du travail de M. Mommsen sur le monument d'Ancyre (1). «Nous appelons complet, » dit M. De la Berge, « le texte où il ne manque que quelques mots dont la restitution ne souffre aucune difficulté ; incomplet celui qui ne peut être restitué si l’on ne s’aide de la partie correspondante du grec ou du latin, mais dont le sens général est à première vue facile à saisir ; mutilé celui qui est absolument inintelligible par lui-même et sans ce recours. »

(1) Première année, p. 381.

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