LE
son testament que l’/rdex rerum à se gestarum füt gravé in aheneïs tabulis, quæ ante mausoleum statuerentur. Suétone, qui avait sous les yeux le monument lui-même, a dû employer le terme qui en rendait le mieux le caractère, D'ail-
leurs ne pouvait-on pas désigner par le mot péla aussi bien que par le mot sabula une sorte de pilier rectangulaire de bronze, beaucoup plus large qu’épais, dont la face postérieure était appliquée contre la paroi du mausolée, tandis que l'inscription couvrait la face antérieure, les petits côtés restant libres et vides d'écriture?
(2) Ce chiffre n’est que conjectural. En effet, dans le texte latin, il ne subs; ste, du nom de nombre qui donnait le total des soldats ayant servi sous Auguste, que les lettres TA et dans le texte grec, le mot Mugéÿes. En rapprochant différents chiffres qui nous sont fournis par les historiens, M. Mommsen est arrivé à cette conclusion que la restitution
[QVINGENITA, déjà proposée par Gronovius, serait trés-vraisemblable; mais elle garde trop le caractère d’une con: jecture pour que l’on ait le droit de l’introduire dans le texte,
nom de la république, dans chaque guerre. A l’occasion des succès obtenus sur terre ou sur mer sous mon
commandement ou par mes lieutenants sous mes auspices, le sénat décréta cinquante-cinq fois que des sacrifices d'actions de grâces seraient offerts aux dieux immortels (1). Huit cent quatre-vingt-dix journées
Dans mes triomphes ont
ont été prises par ces sacrifices dont un sénatus-consulte avait réglé la durée ( été conduits devant mon char neuf rois ou enfants de rois. J'avais été tr
fois consul, lorsque j'écrivis
ceci, et j'étais dans la trente-septième année de ma puissance tribunitienne.
La Dictature, que le sénat et le peuple m'offrirent en mon absence, puis pendant que j'étais présent à Rome, sous le consulat de M. Marcellus et de L. Arruntius, je n'ai pas voulu l’accepter. La ville souffrant cruellement de la disette, je n'ai pas refusé de me charger du soin d’approvisionner le marché, et, grâce à
mon activité et aux dépenses que j'ai faites, en peu de jours, j'ai écarté le danger et délivré le peuple de
toute crainte, et, mme il m'offrait le consulat et pour cette année et pour toute ma vie, je ne l'ai point
accepté (3).
Sous le consulat de M. Vinucius et de Q. Lucretius, puis sous celui de P. Lentulus et de Cn. Lentulus, enfin, pour la troisième fois, sous celui de Paulus Fabius Maximus et de Q. Tubero, par l'accord du peuple et du sénat romain, j'ai reçu, avec les pouvoirs les plus étendus, la Surveillance des lois et des mœurs. Quand plus tard on a voulu me confier de nouveau des pouvoirs analogues, je ne les ai pas acceptés; lorsqu’ensuite
sance tribunitienne
le sénat m'a chargé de régler d’autres affaires, je les ai terminées en vertu de la puis
dont j'étais revêtu. Dans cette puissance, je me suis associé cinq fois un collègue, avec l’assentiment du sénat.
J'ai été, pendant dix ans de suite, Triumvir chargé d'organiser la république. J’ai occupé le rang de Prince
du Sénat jusqu’au jour où j'ai écrit ceci, c’est-à-dire pendant quarante ans. J’ai été Grand-pontife, Augure,
membre du collége des Quindécemvirs et de celui des Septemvirs ( du collége des Frères Arvales, de
celui des prêtres Titiens (5), et de celui des Féciaux.
Dans mon cinquième consulat, par l’ordre du peuple et du sénat, j'ai augmenté le nombre des patriciens.
Trois fois j'ai dressé la liste des sénateurs. Dans mon sixième consulat, j'ai célébré la cérémonie du cens,
ant pour collègue M. Agrippa ; il y avait quarante-deux ans qu'il n nes été procédé au recensement du
(1) Notre copie, là où se trouve le chiffre des supplicationes, ne donne que les lettres QV, commencement du premier nom de nombre, et QYIENS, fin du second. On pour ce ne serait pas le
ait donc restituer Qu[adragiens] aussi bien que ve AE RU et
grec qui s’y opposerait, puisqu'on n’y retrouve que la fin du nombre, les restes du mot re
M. Mommsen a préféré quinquagiens à cause du texte de Lucas, où se trouvent les lettres QVE. L’E, quoique fautif, est certainement plus près de l’1 que de l’A.
(2) Le grec a donné là un chiffre dont le latin ne fournissait que les premiers éléments. Il ne peut plus manquer
qu'un V à la fin du nombre s’il manque quelque chose; nous voyons en effet que l’usage était de compter, pour ces
sacrifices, par cinq ou par dix jours. Tous les chiffres que nous fournissent les auteurs, pour les supplicationes décerné à cette époque, sont des multiples de 5 (15, 20, 40, 50).
(3) Pour tout ce chapitre, il ne subsiste cu quelques lettres éparses du latin; mais, grâce à l’état satisfaisant du grec et à une grande habitude du style 1 lapidaire, M. Mommsen a pu rédiger des suppléments qui présentent un degré de certitude à peu près absolue, tant ils rendent exactement le grec et s'encadrent aisément entre les quelques lettres et fragments de mots que porte notre copie
(4) Nous ne pouvons rendre en français par des termes précis ces titres de quindecemviri sacris faciundis et de septemviré epulones.
(5) Sodales Titi.
peuple romain. Dans ce dénombrement, le nombre des citoyens romains s’est élevé à quatre millions soixante-trois mille. J'ai exécuté la même opération une seconde fois seul, avec le pouvoir consulaire, sous le consulat de C. Censorinus et de G. Asiniu trente-trois mille citoyens romains. J'ai fait un troisième recensement, avec le même pouvoir, ayant pour collègue mon fils Tib. Cæsar, sous le consulat de Sex. Pompée et de Sex. Appulleius, et le nombre des citoyens romains recensés a été cette fois de quatre millions neuf cent trente-sept mille. Par la promulgation
; dans ce dénombrement j'ai compté quatre millions deux cent
de nouvelles lois, j'ai fait revivre les exemples de nos ancêtres, que notre cité commençait à oublier, et j'ai donné moi-même, à la postérité, plus d’un exemple qu’elle devra chercher à imiter (1).
Le sénat décréta qu’au terme de chaque période de cinq ans, par la bouche des consuls et des prêtres, des vœux solennels seraient offerts aux dieux pour mon salut, et, à l’occasion de ces vœux, eurent lieu souvent des spectacles, offerts tantôt par un des quatre grands colléges sacerdotaux, tantôt par les consuls. Les particuliers comme les villes, tous les citoyens de l’empire, ne cessèrent de sacrifier aux dieux pour ma santé, dans tous les lieux consacrés.
Le
Mon nom, en vertu d’un sénatus-consulte, a été inséré dans le chant des Saliens, et une loi a décidé que
je serais sacro-saint et que j'aurais à vie la Puissance Tribunitienne, Le peuple m’offrait le Souverain Pontificat que mon père avait exercé avant moi; mais je n’ai pas voulu prendre la place de quelqu'un qui vivait encore (2). Quelques années après, ce sacerdoce étant devenu libre par la mort de celui qui s’en était emparé dans nos dissensions civiles, j'en ai été mis en possession : pour prendre part aux comices qui m'en ont
is vu
revêtu, de toute l'Italie était accourue à Rome une foule telle qu’on ne se rappelait pas en avoir jame dans cette cité une pareille ; c'était sous le consulat de P. Valgius et de C. Valgius.
En mémoire de mon retour, le sénat consacra, devant la porte Capène, auprès du temple de l’'Honneur et de la Vertu, un autel à la Fortune du Retour (3), et il ordonna que sur cet autel les Pontifes et les Vierges
Vestales fissent un sacrifice anniversaire, le jour où, sous le consulat de Q. Lucretius et de M. Vinucius, j'étais
revenu de la Syrie à Rome, et ce jour, de mon nom, s’appela Zugustalia.
Par un décret du sénat, ceux qui avaient occupé les premières charges de l’État, ainsi qu’une partie des ’ o préteurs et des tribuns, avec le consul Q. Lucretius, furent envoyés à ma rencontre, jusqu’en Campanie,
(1) L. 13, il me semble que M. Mommsen met trop de lettres entre NOST et MVLTARVM et qu'il n’en met pas assez
entre RER et MPLA. Je proposerais d'écrire cette ligne ainsi : Jam ex nosi|ra civitate et Proposui] multarun rerum ipse exe|mpla imi. Que l’on essaye les deux restitutions proposées, sur le fac-simile, et on verra que celle-ci s'adapte mieux
à l'étendue des deux lacunes que celle de M. Mommsen : jam ex nosi|ra civitate et ipse proposui| multarum re[rumn
mpla imi.
(2) L. 24. Pour remplir la place libre au commencement de la ligne, les mots proposés par M. Mommsen ne paraissent
pas tout à fait suffire. Au lieu de re[cusavi populo illud} sacerdotium deferente mihi quod Paler meus, je proposerais e [cusavi populo romano hoc] sacerdotium deferente mihi quod pater meus.
(3) Plusieurs inscriptions, réunies par M. Mommsen (p- 29), prouvent que le titre officiel de la fondation nouvelle était Fortunæ reduci. La traduction grecque, à Ancyre comme à Apollonie, rend le terme Fortuna redux par un équivalent qui manque de précision, Tiyn sorfguos. Le grec, là comme toujours, avait pourtant tout ce qu’il fallait pour traduire avec une exactitude parfaite l’épithète latine. Dans Dion Cassius, à ce propos, nous trouvons l'expression +5yn éraveyéye, à laquelle le traducteur aurait pu aisément songer s’il avait été plus complétement maître des deux langues grecque et latine ; il y a ici une de ces légères méprises comme on en a relevé plusieurs dans cette version d’Ancyre et d'Apollonie, méprises qui montrent que le traducteur, quel qu’il fût, n’était pas tout à fait suffisant pour la tâche qu'il avait entreprise.