‹ Exploration archéologique de la Galatie et de la BithynieChapitre 68 sur 153 · XXII · texte numérisé non relu

XXII

J'ai donné au peuple le spectacle d’un combat naval, de l’autre côté du Tibre, là où se trouve aujourd’hui le Bois des Césars, et pour cela j'ai fait creuser le sol dans une longueur de dix-huit cents pieds sur une lar-

geur de douze cents

Trente trirèmes ou birèmes, garnies de leur éperon, et un plus grand nombre de bâtiments moins grands, ont combattu en cette rencontre.

Dans les temples de toutes les villes de l’Asie, j'ai rétabli, après ma victoire, les ornements dont les avait dépouillés, pour en jouir comme d’une propriété privée, celui auquel j'avais fait la guerre. Le nombre de mes statues d'argent, en pied, équestres ou dans des quadriges, s'élevait à Rome à quatre-vingts environ. Je les ai fait disparaître et fondre : les sommes qu’elles ont produites ont servi pour les offrandes en or que j'ai consacrées dans le temple d’Apollon, en mon nom et au nom de ceux qui avaient voulu m'honorer en m'élevant ces statues,

J'ai rétabli la paix sur la mer en la délivrant des pirates qui l’infestaient, et, à la suite de cette guerre, j'ai remis à leurs maîtres, pour qu'ils leur fissent subir le supplice mérité, environ trente mille esclaves qui s'étaient enfuis de chez ceux auxquels ils appartenaient, et qui avaient porté les armes contre la république. Toute l’talie, d’un mouvement spontané, m’a prêté serment et m'a demandé pour chef dans cette guerre que J'ai terminée par la victoire d’Actium. Le même serment m'a été prêté par les provinces de Gaule, d'Espagne, d'Afrique, de Sicile et de Sardaigne. Cette même formule de serment a été répétée alors par plus de sept

cents sénateurs (1); sur ce nombre ... jusqu’à ce jour, sont devenus consuls et cent soixante-dix environ

sont arrivés à la préture.

Toutes les provinces du peuple romain qui touchaient à des nations non encore soumises à notre empire ont vu reculer par moi leurs limites. Les provinces de Gaule et d’Espagne, du côté où les baigne l'Océan, je les ai pacifiées, de Gadès jusqu’à l'embouchure de l’Elbe. Les Alpes, depuis le territoire voisin de l’Adriatique jusqu'à la mer Tyrrhénienne, ont été ajoutées par moi à l'empire, sans que j'aie jamais fait injustement la guerre à aucun peuple. Par mon ordre, le commandant de la flotte, partant de l'embouchure du Rhin, a navigué vers l'Orient jusqu’à ....., dans une région où aucun Romain n'était encore parvenu ni par terre ni par mer. Les Cimbres, les Charydes, les Semnons, et d’autres peuplades germaniques de cette même contrée, ont, par des ambassadeurs, sollicité mon amitié et celle du peuple romain. Par mon ordre et sous mes auspices, deux armées ont été conduites à peu près en même temps en Éthiopie et dans l'Arabie qu’on appelle Heureuse. Les deux peuples que nous attaquions ont éprouvé des pertes cruelles sur le champ de bataille, et nous leur avons fait un grand nombre de prisonniers. En Éthiopie les armes romaines furent portées jusqu'à la ville de Nabata, qui est toute proche de Méroë. En Arabie l'armée pénétra jusqu'aux frontières des Sabéens, jusqu’à la ville de Mariba.

Page 1