‹ Exploration archéologique de la Galatie et de la BithynieChapitre 71 sur 153 · PS · texte numérisé non relu

PS

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Nous n’essayerons pas d'entreprendre une restitution et une traduction d’un texte dont la prosodie et l'orthographe sont également barbares, et dont il nous manque à peu près la moitié. C’est, à ce qu'il semble, une prière dans laquelle quelqu'un, celui peut-être qui a converti le temple en église, implore le pardon de ses péchés. Les premiers vers ont pu être à peu près complétement rétablis par MM. Kirchhoff (C. Z. Gr., n. 8817) et Waddington (Voyage arch., n. 1805) à l’aide de la copie, d’ailleurs détestable, de Macdonald Kinneïr, qui paraît avoir vu l'inscription entière. La grande brèche qui coupe en deux le mur occidental de la Cella aurait donc été pratiquée entre le moment où Macdonald Kinneir visita Ancyre, en 1813, et l’année 1836, où Hamilton trouvait déjà l'inscription mutilée. Quand le botaniste Aucher-Éloy, en 1834, s'arrêta à Ancyre, il y trouve

dit-il, le temple en démolition : un pacha avait trouvé bon d’en abattre un pan afin d’avoir de belles pierres pour se faire construire un bain (1). Ce serait sans doute alors que ce côté de la Cella aurait été en partie détruit.

La distinction de le et l’o n’est en général pas faite dans cette inscription. L’iotacisme y rend méconnaissable au premier moment certains mots. Ainsi 1. 1, étnoréuevos pour érioréuevos, l, 3,

Suovoyés pour Saoueyoe, L. 7, ëx pour été, l. 8, émdvc pour ëm0 Ë

et

gou au lieu de g ds pour vexooïe, L. 13, y6v pour rnyôv, L. 15, ruyÿv pour ruyaiv, L. 18, coTie pour surio. De même pour l'e : 1. 3, le second +ov est pour rév, £koy pour &ov, L. 4, roy pour ré, L 9,

y, L 11, vexg

coéuevoy pour coféuevoy, 1. 10, Auroy pour Avnüv, L. 15, dvéceos pour dvéssos, 1. 18, XGyd POUT xéyd, L. 19, 050 pour 56o0v, cote pour cure. En revanche, le mot émho, où il faudrait un o, est écrit par un w. L. 6, nous croyons qu’il faut voir dans le caractère qui sépare Oeouo6s de péç un sigle ayant la valeur de xt. Il en est de même ligne 8 avant le &.

(1) Relations de voyages en Orient, t. 1, p. 7o.

Au moment où nous imprimions ces pages, nous avons reçu de l'abbé Vincent Kyrmizian, Arménien catholique d’Ancyre, professeur au séminaire fondé par ME Chichmanian et aujourd’hui dirigé par son successeur M“ Arakial, les deux inscriptions suivantes, dont l’une au moins à une grande importance. C'est dans le quartier grec qu'il les a recueillies et copiées; comme il en manifestait l'espérance en nous les envoyant, elles sont inédites. Nous espérons que cette première communication sera suivie de beaucoup d’autres, et que les deux années passées à Paris, au séminaire de Saint-Sulpice, par MM. Vincent Kyrmizian et Jean Saghyrian, profiteront à la fois au développement intellectuel et moral de la communauté arménienne et aux intérêts de la science européenne. Cette honnête et laborieuse population, trop peu connue en Occident, n’a pas de meilleur moyen de s'assurer les sympathies de l'Europe que de nous prouver, par de fréquents envois, qu’elle compte déjà, parmi ses conducteurs spirituels, des hommes chez qui s’est éveillée la curiosité scientifique, et qui peuvent dès aujourd'hui nous aider à défendre contre l’insouciante ignorance des

générations actuelles tant de restes encore subsistants du passé.

Sur une table de marbre encastrée dans une construction moderne, où elle était en grande partie cachée par du plâtre. Dans le quartier grec. Lettres toutes parfaitement conservées.

@ PSEMPAELLYCINO PROC WGGNN PROV SYRIAE PALESTINAE PROC HIDILOGI PROC DACIAE POROLISENSIS PROC XX H PROVINCIARVM GALLIARVM NARBONENSIS ET AQUITANIAE ITEM OMNIBVS EQVESTRIBVS MILITIIS PERFVNCTO Ÿ BLAESIVS APOLLINARIS

P(ublio) Semp(ronio) Ael(io) L prov(inciæ) Syriæ Palesti

ino proc(uratori) Aug(ustorum) n(ostrorum)

proc(uratori) hidilogi, proc{uratori) vigesimæ h(ereditatum) provinciarum Galliarum Narbonensis et Aquitaniæ, item omnibus equestribus militiis perfuncto,

Blaesius Apollinaris.

Nous avons ici les noms complets d’un personnage de l’ordre équestre déjà mentionné dans une inscription latine d’Ancyre dont nous avons plusieurs copies ; l’une provenant de Douza a été reproduite par Gruter (1), l’autre provenant de Tournefort par Muratori (2). Pococke (3) et Hamilton (4) l'ont encore transcrite dans le cimetière arménien, et €?

est d'après la comparaison de toutes ces copies que M. Waddington, dans le Voyage archéologique, n. 1786, la rétablit ainsi :

Imp. Cæsari M. Aurelio Antonino invieto Augusto Pio Felici, Aelius Lycinus, v(ir) e(gregius), devotissimus numini ejus.

L. 1.Je ne connais pas d'autre exemple du nom de Sempronius ainsi abrégé. Il suffirait de cette accumulation de noms et de ces gentilicia ainsi abrégés pour nous avertir que l'inscription nouvelle n’est pas antérieure à la fin du second si

cle; mais elle porte d’ailleurs avec elle sa date, si on larapproche de celle que nous venons de citer. L'empereur dont il est question sur le marbre copié par Tournefort est, dit M. Waddington, Caracalla ou Élagabale. Mais nous voyons, par notre inscription, qu’au

(4) P. 259, 1, in Græcia alicubi, e Douza.

(3) Anscript. ant. p. 33.

(4) T. IL, n. 120.

perpétuité, Dion en affirmant qu'elle lui avait été donnée chaque fois pour cinq ans. C’est encore une erreur de Suétone que de représenter Auguste comme ayant fait le cens, par trois fois, en vertu de ce titre de «surveillant des lois et des mœurs ». Les dénombrements auxquels procéda Auguste ne coïncident point avec les années où il revêtit cette magistrature d’un caractère tout spécial ; il nous apprend d’ailleurs lui-même, dans l'/rdex, en quelle qualité et avec quels pouvoirs il opéra le recensement. Enfin ce qu'ajoute notre texte, que ce titre avait été donné à Auguste, TÂ uevista SÉovoia « avec le pouvoir suprême», indique que cette autorité, comme celle dont avait été investi César, en qualité de præfectus morum, avait plus d'étendue que celle de la censure républicaine. Ce qui, dans l'histoire de la constitution républicaine, rappellerait le mieux, à certains égards, la plénitude du pouvoir conféré à Auguste par cette «surveillance des lois et des mœurs», ce serait la situation faite autrefois aux decemoiri legibus scribundis, et l'autorité remise au dictateur Sylla par la loi Valéria.

Ge qui n’est pas moins digne de remarque, c’est ce qu'ajoute Auguste, que, supplié dans la suite

plusieurs fois de revêtir de nouveau cette haute dignité, ce pouvoir discrétionnaire qui est si commode pour opérer des réformes, il s’y refusa, et régla, au moyen de l'autorité que lui conférait la puissance tribunitienne , les affaires qui réclamaient son intervention. On est mis ainsi sur la voie du procédé par lequel, entre les mains d’Auguste, la puissance tribunitienne se transforma et s'agrandit peu à peu jusqu'à devenir cette puissance à peu près illimitée que l’histoire nous montre aux mains des empereurs romains.

Les lignes suivantes (Gr. III, 21-23) doivent faire corriger deux passages erronés de Suétone (Aug. 27, Tib. 16). Cene fut pas deux fois, comme le dit Suétone, mais cinq fois, qu'Auguste associa un collègue à sa puissance tribunitienne (Agrippa en 736 pour cinq ans, et encore en 741 pour cinq ans; Tibère en 748 pour cinq ans, en 757 pour dix ans, et en 766 pour dix ans).

On savait qu'Auguste avait été membre des quatre grands colléges sacerdotaux et de celui des Féciaux ; mais cette portion nouvelle de la traduction grecque nous apprend (IV, 5-7) qu'il s'était fait de plus agréger aux colléges des frères Arvales et des Titiens, sacerdoces qui avaient à peu près disparu du temps de Cicéron et qu'il faut compter parmi ces antiques institutions qu'Octave, avec sa manie de restauration et de restitution, s'était piqué de rétablir.

Le texte grec (V, 1-3) nous fait connaître le nombre des citoyens romains trouvés dans le recensement de l'an 768. Il est de 4,937,000. II faut donc, à l’aide de ce document nouveau et authentique, corriger le chiffre 4,101,017 donné par Suidas au mot Aÿyouctos et les chiffres d'Eusèbe, 4,001,317 (traduction arménienne) et 9,370,000 (traduction de saint Jérôme).

Sans nous arrêter aux lignes 12 et 14 de la deuxième colonne du texte latin que les commentateurs avaient singulièrement altérées et que le grec nous permet aujourd’hui de constituer d'une manière certaine, nous signalerons les lignes suivantes qui nous révèlent, elles aussi, bien des faits nouveaux. La seconde colonne du latin, sans avoir perdu comme la première des lignes entières, a pourtant été bien maltraitée ; de la plupart des lignes, il ne reste que quelques mots, et les commentateurs, jusqu'ici, pour compléter ces lignes mutilées, avaient souvent été réduits à des conjectures plus ou moins vraisemblables, dont plusieurs se sont trouvées fausses. Quatre lignes complètes du texte grec (V, 9-13) nous apprennent que le sénat fit faire des vœux pour la santé d'Auguste chaque cinquième année, c’est-à-dire tous les quatre ans, par les consuls et les colléges sacerdotaux. Ces vœux furent plusieurs fois accompagnés de jeux, présidés tantôt par les consuls,

tantôt par l'un des quatre grands colléges nommés ci-dessus. Ceci confirme et éclaire deux passages de Dion (1). M. Zumpt, ne disposant que du texte latin mutilé, avait supposé qu'il s'agissait des vœux

que l’on faisait annuellement le 13 janvier pour la santé des empereurs. Le grec nous apprend au

(1) Dion., LIL, 1 et LIV, 19.

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