RÉCIT DES FOUILLES
La description des restes du temple, des terrains et des constructions qui l’entourent, a dù montrer déjà les difficultés qui s’opposaient à ce que nous fissions autour de l'Augusteum des fouilles complètes. Presque toutes les
ns éviter d'é veiller la légitime susceptibilité des habitants. En respectant les tombes nous avons fait loutes les fouilles p
parties non recouvertes de constructions sont consacrées au cimetière de la mosquée, et nous dev
bles, sinon toutes celles qui auraient été nécessaires pour connaître d’une manière certaine la disposition architecturale de l'édifice et sa décoration.
Inutile d'ajouter que nous n’espérions trouver aucun fragment important, soit d'architecture, soit de sculpture; les vi
ssitudes qu’a subies l'édifice et ses diverses transformations nous interdisaient tout espoir de ce genre.
La première tranchée fut faite le 23 août 1861 pour retrouver les fondations du mur transversal qui terminait la cella, détruit, comme nous l'avons vu, pour agrandir l'église. La fouille a été descendue, dans toute la largeur, plus bas que le sol du pronaos et que cette partie du mur qui formait soutènement, relativement au sol surélevé de la cella; rien n’est resté. Sur plusieurs points, des sondages m'ont prouvé que les chrétiens ont enlevé jusqu'aux dernierslibages des fondations de ce mur, lesquels ont servi probablement à la construction de la er
ypte et du chœur.
L'existence de ce mur transversal est suffisamment démontrée du reste par les arrachements qui existent sur les murs longitudinaux et par les retours d’angles des moulures du pronaos, que cette fouille nous a montrés (voyez pl. 18).
La deuxième fouille fut faite dans l'angle E. à droite en entrant dans la cella (voyez pl. 14). Nous en retirons de la terre mêlée d’ossements, de morceaux de tuiles, de décombres et quelques fragments de stèles et d'inserip-
tions turques. Sous les murs, { d’abord un libage énorme, qui forme à lui seul la différence (1",10) entre le sol
de la cela et celui des pronaos et des portiques. À sa partie supérieure est creusée une rainure de 0",32 d'épaiss qui, nous l'avons déjà dil, représente l'épaisseur du dallage de la cella. Un deuxième libage n’a que 0,32 d’épais-
seur; il correspond au dallage des pronaos et des portiques. De plus gros libages se succèdent ensuite avec des empatements de 0,10. La fouille étant arrivée à trois mètres de profondeur, de nouveaux libag
s se présentent et nous n'’allons pas plus loin, car il nous intéresserait peu de connaître à quelle profondeur les constructeurs du temple ont trouvé le bon sol.
La fouille pratiquée ensuite contre la face intérieure du pronaos postérieur, de B en D (voyez pl.1#), nous a donné,
bien conservée, la riche et délicate décoration du soubassement des pronaos et des portiques (voyez pl. 17, 24 et 31). Elle nous a montré aus
L'e Len M (voyez pl. 14); mais cet espoir est bientôt déçu, la pioche de nos ouvriers tombe dans le vide et nous découvrons sous le chœur une erypte qui a été construite par les chrétiens (voyez pl. 17 et 18). Nous l'avons décrite; nous dirons done seulement qu'on n'avait pas pris la peine de la combler ; les terre:
i les croix byzantines gravées dans le marbre. oir de retrouver quelque trace du portique postérieur me fait tenter une fouille dans l’axe du chœur, de
éboulées sur les marches bou-
chaient et dissimulaient l'entrée. Le sol de la crypte, creusé jusqu’à un mètre de profondeur dans l'espoir de trouver un dallage ou une mosaïque, ne nous a donné que de la terre mêlée de cailloux et de petits fragments de marbre. L'ensemble de cette fouille ne donne pas d’ossements, comme à l'entrée de la cella. Je la fais prolonger transversalement dans l’axe des deux antes postérieures, et je retrouve ainsi, exactement au niveau qu’ils devaient occuper, les dés qui portèrent les deux colonnes, jadis placées entre les antes (voyez pl. 14, 17 et 18).
Une autre petite fouille fut encore pratiquée dans la cella, à l'angle de gauche, près de l'entrée. Elle nous a donné ce qui reste de l'inscription byzantine gravée sur le bandeau et le soubassement, en partie détruite par la , dans le seul endroit où elle füt bien conservée, la moulure inférieure
brèche faite en 4834. J'ai pu relever là auss du soubassement de la cella. Cette fouille nous a montré de plus qu’en abattant cette partie de muraille, où le cheik voyait une sorte de carrière de marbre, on ne s’est pas arrêté à la surface du sol moderne, on a extrait aussi les blocs qui étaient enterrés.
La tranchée pratiquée dans l’axe du pronaos antérieur ne s’est pas faite sans soulever les protestations de quelques Tures et surtout de vieilles femmes, qui trouvaient ces Ghiaours bien indiscrets envers les tombes des croyants. Ces plaintes devinrent plus vives quand je fis creuser latéralement jusqu'aux tombes, entre les antes, et il fallut remplir la tranchée au plus vite. J'avais pu néanmoins constater l'existence de dés semblables à ceux déjà rencontrés à l’autre extrémité entre les antes et au même niveau (voyez pl. 14, 17 et 18).
La tranchée longitudinale ne présenta aucun intérêt; à son extrémité la plus éloignée fut seulement retrouvé un chapiteau corinthien, assez fruste mais trop petit pour avoir appartenu aux colonnes du temple. Peut-être provientil d’un portique qui aurait régné autour de l’enceinte où se célébraient les jeux, ce que l'inscription de l’ante appelle la panéqyrie.
Deux petites fouilles tentées à droite et à gauche au bas du chambranle de la porte nous ont montré que la décoration élait identiquement la même dans les deux pronaos ; elles ont mis à découvert, sous les piéds-droits, les
restes du seuil, portant encore les traces des marches qu'il fallait gravir pour entrer dans la cella. Une dernière fouille fut pratiquée dans le seul endroit où elle füt er maison adc
core possible, dans la cour de la dernière ée au mur $. E. du temple, en A (voyez pl. 14 et aussi pl. 23, état actuel). La tranchée perpendiculaire au mur fut poussée jusqu’à plus de deux mètres de profondeur sur quatre mètres de long, puis repri lement au mur, sans rien retrouver des
substructions du portique. Ces substructions ont été enlevées ter.
quand le portique fut démoli, car nous démontrerons plus loin que le portique a dû incontestablement e Toutes ces fouilles ont été remplies et pilonnées par nos soins, celles
surtout où nous avions retrouvé des moulures et des ornements bien conservés, afin de les mettre, autant qu’il était en notre pouvoir, à l'abri des dégradations.