PI
qui a dù exister. Les exemples, du veste, sont fréquents de colonnes cannelées répondant à des antes tout unies ; nous n’en citerons que deux, celui du temple de Jupiter à Aizani et celui du temple de Diane à Magnésie. Pour rétablir l'entablement du portique, nous n'avions qu’une seule indication, la hauteur de l’architrave. Elle
al, et dont l’architrave intérieure du
nous était fournie par la hauteur totale des blocs restés sur le mur transvi pronaos ne prend qu’une partie. Cette donnée étant respectée, nous avons cherché à mettre le reste de l'entablement en harmonie avec elle. Cette hauteur de l'architrave extérieure, au lieu d'être d’un douzième de la hauteur de l'ordre, 25 à 30 pieds, et comme elle existe au temple de Ma-
5) pour les colonnes de
comme le prescrit Vitruve (EMI gnésie, n’en est guère ici que le quinzième (1).
Dans la frise de la façade principale, nous avons supposé une inscription en lettres de bronze, indiquant la dédicace du temple au dieu Auguste et à la déesse Rome par la communauté des Galates; cette inscription est analogue ) La frise du
lasa, reproduite par Choiseul-Gouffier (
à celle que portait le temple de Rome et d’Auguste à M temple d’Auguste à Pola porte encore les traces d’une inscription semblable, dont les lettres ont disparu, mais
qu’on a pu restituer d’après les entailles qui recevaient les lettres.
Pour la restauration de ce fronton, nous avons adopté la proportion indiquée par Vitruve (1. II, ce. que nous avons donné au tympan, comme hauteur, la neuvième partie de la distance qui sépare 1 S xactement celle qui a été observée au
cimaise à la base du fronton. On sail que cette proportion est aussi très e portent au revers un temple hexas-
’arthénon par Ietinus et Callicrate. Plusieurs médailles de la Galatie et d’Anc tyle où, dans chaque fronton, apparaît un disque. Cest ce qui nous a permis d'indiquer dans notre restauration ce
bouclier de bronze, analogue à celui dont le scellement circulaire et des traces d'oxyde sont restés sur le fronton lier l’astre, la comète, que l’on trouve sur les mé-
du temple d’Aus dailles de Jules César et d’Auguste; ce symbole
iste à Pola (3). Nous avons figuré sur ce bot
nifiait qu'ils avaient été mis au rang des dieux (4). Les acrotères
des côtés et du sommet des frontons nous étaient indiqués, pour les temples en général, par les textes anciens, par une foule de médailles et par des fragments antiques, de même que la Biga d'Auguste triomphant et les Victoires en bronze offrant des palmes et des couronnes. Nous supposons que sur le posticum la Biga contenait la statue de Rome.
Quant à la toiture, l'inscription que nous avons trouvée sur l’ante de droite ne permet pas de douter qu’elle ait
été faite en marbre (5). Nous l'avons restaurée par analogie avec les temples antiques dont une partie de la loiture
est restée, Si nous pénétrons maintenant dans le pronaos principal, nous voyons qu'il n’y avait à restituer là qu’un dallage, s de la porte, et qui per-
les marches en nombre impair dont les traces existaient à la partie inférieure des jamba L'architrave qui portait ce sal, au-
mettaient de franchir la surélévation de 1"10 du sol de la cella; enfin le plafond (6)
à leur place primitive, sur le mur transve
x blocs de marbre demeurés les pronaos et de la cella, ainsi que sur les colonnes des justaient les ca
dernier nous était donnée par les dessus de la porte. Cette architrave, continuée sur les mu portiques, recevait des poutres transversales en marbre ou en bois, sur lesquelles
ons. Nous
avons supposé qu'ici ces poutres pouvaient être en marbre, ainsi que tout le plafond, la plus grande portée n’excédant pas 650.
Il a dû en être autrement, à coup sûr, dans la cella, où la portée € avait là, non pas une charpente apparente, mais des poutres en bois reposant sur l'architrave qui subs
st de plus de dix mètres. Nous croyons qu’il y
ste, corres-
mêmes en
pondant aux fermes de la toiture et divisant la longueur de la cella en quatre travées, subdivisées elles caissons en bois pouvaient être revêtus de moulures en bronze plus ou moins orné
caissons. Ces poutres et c ; Dans les ruines du temple de Vespasien, à Brescia, on a retrouvé une grande quantité de ces moulures dont l'emploi
nous paraît avoir été celui que nous indiquons. Il peut sembler étrange que ce plafond de la cella se trouve plus bas
que celui des pronaos et des portiques; mais cela nous parail résulter absolument des données positives qui existent encore, et dont nous ne pouvions nous départir.
Nous avons restauré le second mur trans tence n’est pas douteuse, identiquement pareil au mur té. Cette restauration n’est discutable qu’en un seul point; c'est celui qui
est la similitude parfaite, la symétrie absolue dans les
oncerne l'existence,
analogue qui a subsis dans ce mur, d’une seconde porte de la cella. Ici encore dimensions, dans la décoration, dans le niveau du sol des deux pronaos, qui nous à conduit à cette restauration.
) Les renseignements que nous donnons sur le temple de Diane à Magnésie du Méandre sont dus à l’obligeance de M. Clerget, ancien ice à Rome, qui a bien voulu nous les communiquer. Ge temple, dont Vitruve nous fait connaître et mesuré par M. Clerget en 1842, lorsqu'une mission française, dont il était membre, fut envoyée à
pensionnaire de l'Académie de Fr:
l'architecte (1. IL, c. 2), a été étudi Magnésie pour rapporter au Musée du Louvre les bas-reliefs du temple. L'œuvre d'Hermogène a été dessinée par lui en son état actuel et dans ses détails, puis restaurée dans une série de sept dessins qui furent exposés au Salon de 1844; malheureusement ces dessins n’ont jamais été gravés. Ce fait est d'autant plus regrettable qu'il n'a été publié rien de sérieux sur ce remarquable monument de l’école ionienne du siècle d'Alexandre, laissé dans l'oubli par les architectes anglais qui ont publié les Antiquities of Ionia.
(2) Voyage pittoresque, éd. 1782, p. 143, pl. 83. — (3) Stuart et Revett. — (4 Lucain, VII. — (5) Voir page 262
(6) Les traces de ces marches indiquent exactement la proportion donnée par Vitruve (HT, 2), d’après laquelle la hauteur d’un degré doit égaler les trois quarts de sa largeur.
Le temple étant dédié à la déesse Rome et au dieu Auguste, il nous a semblé naturel, cette symétrie des pronaos
aidant, qu’une entrée fût disposée en face de chacune des
au dieu et à la déesse des vc
statues, et que de chaque autel extérieur on pût adresser eux et des offrandes. La forme allongée de la cella aurait difficilement permis, croyons-
nous, la disposition côte à côte des deux statues en face d'une seule et même entrée. Si loutefois ce dernier ajuste-
able, une époque postérieure, de
ment paraissait préfé
on pourrait dire encore que le second pronaos a pu servir, dès l’origine du temple ou à trésor ou d’opisthodome, comme il en existe des exemples assez nombreux. Dans ce
cas, la seconde porte, telle que nous l'avons restaurée, existerait également, et cette destination expliquerait les
2 fit trous, contrairement à la p
trous de scellement as;
antiques; leur régularité,
une grille en bronze ferman pour défendre les richesses
Nous avons indiqué des n'aient laissé aucune trace
lure ni aucune entaille; de
as et réguliers que l’on remarque sur la face intérieure des antes du posticum (1). Ces upart de ceux qui existent en très-grand nombre sur les parois du temple, paraissent eur symétrie, nous fait croire qu’il a pu exister entre ces antes et les colonnes disparues
it ce pronaos, el analogue à celle qui a certainement existé au posticum du Parthénon,
contenues dans l’opisthodome (2).
portes en bronze dans ces hautes baies, bien que d'aussi énormes clôtures métalliques
ien nette de leur existence. En effet, les tableaux de la porte ne présentent aucune feuil-
lus, le seuil ayant disparu et le linteau étant brisé par le milieu, il était difficile de re-
trouver le mode de scellement de la porte en bronze. La partie restante du linteau ne nous a rien montré qui pût apporter le moindre éclaircissement ; du reste, les parties ouvrantes (va/æ) ne s’élevaient pas jusque-là; au linteau devait s’appuyer seulement le Amen hypæthri que nous avons disposé à la partie supérieure de la porte, et qui seul devait éclairer l'intérieur de la cella quand le temple était fermé. Nous ne pouvons guère signaler, comme ayant pu servir à assujeltir le châssis de la porte en bronze, que les entailles ou trous de scellement, bien faits et certainement
antiques, qui se trouvent à l’intérieur, symétriquement placés, sur les jambages de la porte (3). Parmi les nombreux trous plus où moins informes qui criblent ce qui reste aujourd’hui du linteau sur sa face intérieure, peut-être y a-t-il
aussi des entailles antiques qui ont servi à l’assujettis
ment de la porte, comme ces entailles régulières du linteau extérieur de la porte de Tivoli, que nous croyons avoir servi au même usage (4). Enfin, il est possible aussi que
range et informe profil du chambranle intérieur ait été revêtu d’un chambranle en bronze, comme aux propylées
de l’acropole d'Athène J ainsi, elles se présentent en face des deux portes qui, croyons-nous, ont complété la symétrie parfaite indiquée par savons des
et qu'il ait servi également, lui aussi, à assujettir cette masse considérable de métal (5).
Nous avons dit déjà les raisons qui nous avaient fait disposer les statues de Rome et d’Auguste dos à dos; placées
les restes du temple. L'existence de ces deux statues est au moins très-probable, d’après ce que nous statues des dieux placées
lans tous les temples antiques; elle est corroborée par les indications que nous fournissent
les médailles
fin elle devient presque certaine si l'on tient compte des détails que Josèphe nous a donnés sur le temple d’Auguste érigé par Hérode à Césarée : « En face du goulet du port, dit-il, sur un tertre, s'élevait un temple « de César, aussi remarquable par sa grandeur que par sa beauté. Il contenait une statue colossale de César, dont
« les dimensions étaient les mêmes que celles du Jupiter d’Olympie, sur le modèle duquel il avait été fait, et une
« statue de Rome pareille à celle de la Junon d’Argos (6). » Les statues telles que nous cinq mètres et demi de hauteur
es avons indiquées auraient
est à peu près la moitié de la Minerve du Parthénon ou de la Junon de Polyelète à Argos, dont parle Josèphe, puisque ces statues avaient environ trente-cinq pieds, et le tiers du Jupiter Olympien qui en avait cinquante-six
les rappellent 1
types reproduits sur les médailles, types qui ne sont pas sans analogie
avec ceux dont parle Josèphe à propos des statues de l'Augusteum de Césarée.
Le piédestal qui porte les statues des divinités rappelle par sa décoration la dédicace du temple même qui les contient. Suivant une idée très-familière aux anciens, nous avons représenté autour de ce piédestal tribus Galates et leurs villes principales, montrant aux yeux l'union des Galates (FAAATON TO KOINON) qui avait
élevé le temple où étaient honorées ces divinités. Nous retrouvons cette idée dans la description que fait Strabon
es différentes
du temple d’Auguste, élevé à Lyon par la communauté des Gaulois: «On y voit un autel magnifique, sur lequel
» (L. IV, c. 3.) Nous la retrouvons
> de Naples. Ce piéd
ixante peuples, représentés par autant de statue encore dans un piédestal recueilli à Pouzzoles, et placé aujourd’hui au mus
sont gravés les noms de st
al a fait partie d’un monument élevé à l’empereur Tibère par un certain nombre de villes de l'Asie Mineure, qu'il avait relevées de
leurs ruines après un tremblement de terre. Toutes entées
s villes, Stratonice, Tmolus, Cybirrha, etc., sont repré en bas-relief sur le dé du piédestal, avec leurs attributs particuliers et le nom de chacune d'elles (7).
Il nous reste à dire quelques mots de la manière dont nous avons cru devoir restaurer l’espèce de frise unie, coms qui surmontent la corniche intérieure de la cella. M. Texier a pensé qu'il pou-
posée de quatre assises sans bossag:
vai y avoir eu là des peintures; nous ne pouvons partager son avis, d'abord parce qu'il n’y a pas la moindre trace de
(1) Voir planches 47 et 48. — (2) Beulé, l’Acropole d'Athènes, édit. 1853, t. Il, p. 30. — (3) Voir planche 16. (4) Valadier, Visconti, Feoli, Raccolta delle più insegni fabbriche di Roma antica e sue adiacenze.
() Beulé, l’Acropole d'Athènes, édit. 1853, t. 1, p. 174.
(6) Josèphe, de Bello judaico, I, 24, $ T. — (1) Canina, l'Antica Etruria marittima.