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Voy. plus loin, figures 29, 30 et

TRAUMATISMES 3 LA

Et puis, voyez si l'œil est dévié d’un côté, si la pupille est dilatée.

Le pouls — toujours un peu ralenti, en commotion, c'est entendu ; mais, si le ralentissement est très marqué, et que la radiale ne batte plus que 60, 50 fois par minute, tendue, vibrante, méfiez-vous : lésion cérébrale, compression cérébrale probablement, — Quant à la respiralion, elle sera normale, parfois, un peu ralentie ou accélérée seulement; mais vous la trouverez, dans d'autres cas, bruyante, saccadée,

FIG. 2. — Exploration du crâne. — Pression dans l'axe transversal, au niveau des apophyses orbitaires externes.

« stertoreuse » : mauvais signe, compression cérébrale ou lésions

cérébrales graves. | Remarquez bien que ces constatalions premières se font très vite,

et que, si elles sont négatives, elles ne prennent que quelques instants.

Au crâne maintenant : Comment l’explorer? Par la pression dans l’axe, d’abord.

1° Pression dans l’axe, d'avant en arrière (fig. 1); du doigt, suivez, de bas en haut, le bord supérieur du nez, reconnaissez une dépression à sa racine (fossette sous-glabellaire), et, au-dessus, un relief, une bosse (bosse frontale médiane, glabelle); laissez le pouce dans la 7 |

En arrière, très bas, avec l'index et le médius gauches, disposés latéralement, cherchez le sillon médian de la nuque; vous le trouverez

fs CRANE

toujours, même lors d’œdème et d'infiltration sanguine; remontez le long de ce sillon, jusqu’à ce que vos doigts soient arrêtés par un relief dur, osseux, une grosse bosse, cette fois : la protubérance occipitale externe, l'inion. Du bout de vos doigts, plongez au-dessous d'elle, dans la fossette de la nuque, plus accessible, si vous relevez le front : le plan osseux que vous sentez se prolonger en avant, c’est la portion horizontale de l'occipital, et le cervelet est au-dessus. Vous n'avez plus, dès lors, qu'à jalonner, de l’œil, entre vos deux

FIG. 3. — Ercploralion du crâne. — Pression dans l’axe transversal, au niveau des apophyses mastoïdes.

mains, la ligne médiane de la voûte, la ligne sagittale. Et c'est une première orientation.

2° Pression dans l’axe transversal, d’abord au niveau des apophyses orbitaires externes (fig. 2). — Cela fait, suivez les arcades zygomatiques, et, derrière l'oreille, cherchez l’apophyse mastoïde. Vous la reconnaîtrez toujours, par son bord antérieur et sa pointe, si votre doigt plonge dans le sillon rétro-auriculaire, et vous exercerez, aux pouces (fig. 3), une seconde pression transversale, d’une mastoïde à l’autre.

Glissez les pouces d'avant en arrière, vous repérerez, même sous une nappe œdémateuse, le bord postérieur des apophyses mastoïdes tracer, de l’œil, la verticale, qui, de ce bord postérieur, remonte à la ligne médiane de la voûte, et dites-vous qu’à l'intersection des deux lignes, des deux directrices, au sommet de la voûte, correspond le

, TRAUMATISMES 5 point rolandique supérieur (fig. 4), l'extrémité haute de la scissure de Rolando, qui, de là, descend vers le milieu de l’arcade zygomalique, et que tous les centres corticaux avoisinent. à

Et voici qu'en esquissant, par la pensée, cette verticale rétro-masloïdienne, vous divisez en deux secteurs chaque moitié du crâne (fig. 5), le secteur antérieur, beaucoup plus étendu, étant aussi celui des lésions cérébrales graves.

Explorez alors, par secteurs, la surface cranienne, après ces préliminaires d'orientation, beaucoup plus rapides à exécuter qu’à décrire: explorez méthodiquement, «pour aller vite», en vous guidant sur les repères osseux que vous venez de « retrouver ». Palpez le front, les arcades sourcilières, les bosses frontales; sur les côtés du crâne, palpez, avec les doigts infléchis, d'avant en arrière, sur une série de lignes descendantes; et en traînant le bord

externe du pouce, ver- FIG. h. — Le point rolandique supérieur à l'intersection : É de la verlicale rétro-mastoïdienne et de la ligne sagittale. ticalement, de bas en — Il est délimité aux deux pouces, (et le palper aux haut (fig. 6). deux pouces, est, du reste, particulièrement recom-

mandable pour l'exploration de la voûte cranienne).

Que trouvez-vous ?

Une bosse sanguine. Oui; elle apparaît souvent, en relief, soulevant les cheveux, au premier examen; elle donne une sensation « d’enfoncement », lorsqu'on la déprime, c’est entendu; on ne s'y laissera pas prendre, avec la moindre expérience; mais, ce qui est souvent beaucoup plus malaisé, c’est de préciser s’il existe une fissure cranienne au-dessous de cet hématome. Il est sage de garder toujours quelque méfiance à l'endroit de ces bosses sanguines, même lorsqu'elles ne semblent procéder que d'une contusion banale du péricrâne; j'ai vu encore, ces mois derniers (et les exemples ne sont pas exceptionnels), une bosse sanguine pariétale, qui remontait à plusieurs mois: indolente, et négligée, au début, elle était devenue tardivement douloureuse; elle fut ouverte : c'était un hématome suppuré, et je découvris, au-dessous de lui, deux esquilles de la table externe, un petit foyer de fracture, et d’autres esquilles de la table interne.

Prenez donc soin d'explorer de près ces hématomes péricraniens, même si l'absence de tout accident cérébral semble confirmer d'emblée

leur siège périphérique, et ne manquez pas de recourir à la ponction rachidienne.

Au lieu de la « bosse », nette et saillante, vous découvrirez souvent une sorte de voussure localisée, fluctuante, ou, du moins, dépressible, œdémateuse, et qui traduit, elle aussi, ou la fracture de la voûte, ou la contusion péricranienne.

Les petites zones d'infiltration, d'œdème, de douleur, qui se révèlent au palper de recherche, plus haut indiqué, sont des repères de grande valeur; on insistera doucement, à leur niveau, pour apprécier l’état de la surface cranienne, dépression, mobilité, crépitation, arête saillante. Une douleur locale, fixe, est, à elle seule, un indice à ne jamais négliger.

Ailleurs, vous ne constaterez ni bosse ni voussure circonscrite; mais, d'un côté (des! deux parfois), toute la région pariétale sera sous-tendue par une nappe liquide profonde, recouverte d’un œdème, qui se prolonge au-dessous de lPapophyse zygomatique, aux paupières, à la face. Ces larges épanchements sanguins péricranien doivent toujours éveiller inquiétude, alors même que les apparences cliniques primitives sont bénignes; assez souvent, vous verrez, au bout de quelques heures, la tuméfaction péricranienne grossir et se diffuser encore, læœdème déclive s’accentuer, pendant que la connaissance se perd, que les mouvements cessent, que le pouls se ralentit, que la respiration devient saccadée et stertoreuse, que la pupille se dilate : fracture pariéto-temporale, avec lésion vasculaire; hématome sous-cranien croissant, compression cérébrale.

Même si cet ensemble d'accidents ne se réalise pas, le vaste épanchement péri-cranien latéral dont nous parlions signale presque toujours une fracture ; fracture localisée temporo-pariétale, fracture irradiée à la base (paralysie faciale).

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