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ULCÈRES DE JAMBE

Il faut savoir reconnaître : l’ulcère variqueux, l’ulcère syphilitique (ulcus elevatum tertiaire, de Verneuil), et les formes hybrides, varicosyphilitiques; — l’ulcère secondairement épithéliomateux et l’épithélioma ulcéré de la peau; — l’ulcère tuberculeux ; — l’ulcère endartéritique.

L’ulcère variqueux siège d’ordinaire à la face interne de la jambe; il peut s’étendre à la face externe, faire le tour du membre, et devenir cet ulcère circonférentiel, de cure si aléatoire et si malaisée, et qui, d'autre part, ne se cicatrise guère, sans créer une bride cireulaire compressive, entraînant l’œdème chronique du pied. Il est de contours irréguliers, le plus souvent allongé suivant l’axe du membre: à la longue, il réagit sur le tibia sous-jacent, et vous observerez parfois de grosses périostoses, que Reclus avait bien décrites, et qui servent de base à cet ulcère.

Voyez figure 829 un type d’ulcère syphilitique, d'ulcus elevatum tertiaire, de Verneuil : il siège à la face externe de la jambe: il est arrondi, ou, du moins, entouré d’une série de bords ronds ; il a détruit l’aponévrose, etles muscles saillent. — Faites faire la réaction de Bordet- Wassermann: elle était positive dans le cas figuré ici, et le traitement spécifique fut suivi d’une cicatrisation relativement rapide; mais, six

mois plus tard, l’ulcère était récidivé, et c’est cette récidive qui est représentée figure 821.

J'ajouterai que, dans tout ulcère de jambe, la réaction spécifique

FIG. 829. — Ulcère syphilitique de la jambe.

est à rechercher : vous rencontrerez, en effet, et assez souvent, des ulcères mixtes, varico-syphilitiques, et qui valent d’être reconnus, parce que la médication spécifique devient un élément nécessaire de leur traitement.

Les vieux ulcères peuvent « se cancériser », et vous voyez surgir

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FIG. 830. — Epithélioma développé sur un ulcère variqueux.

alors, à leur surface, un champignon, plus ou moins large et volumineux, de bourgeons durs et saignants (fig. 830). Allez aux ganglions : ils deviennent souvent durs, eux aussi, et ne donnent plus la banale

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impression de l’adénopathie chronique simple, d'observation coutumière dans les ulcères variqueux.

Mais vous verrez aussi des épithéliomas cutanés, qui prennent

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FIG. 831. — Épithélioma cutané, ulcéré de la jambe.

figure d’ulcères : ulcères à bords épais, plus ou moins noueux, à fond bourgeonnant dur, et qui saignent au moindre frottement (fig. 831). Les ganglions sont, là encore, bien entendu, toujours à explorer.

FIG. 832. — Ulcère endartéritique de la jambe.

Tout autre est l’ulcère tuberculeux : il est de bords sinueux, amincis, décollés, violacés; il est plat, mou, déprimé, de fond pâle, rosé, suintant. Il faut toujours, en pareil cas, penser à la fistule, et la rechercher, au centre de l’ulcère, et surtout sous Îles bords; car ces ulcérations culanées se développent souvent autour d'une fistule

osseuse, en traduisant la « tubereulisation » extensive de la peau, sur les côtés de l’orifice fistuleux originel.

Reste enfin l’ulcère endartéritique. La figure 832 en représente un exemple typique. Homme de soixante-cinq ans ; arlério-sclérose généralisée ; fémorale dure, et qui bat très peu; pas de varices; réaction spécifique négative; ulcère à bord mince, sans réaction, ne saignant pas, véritable perte de substance, sphacélique, de la peau. C’est une forme de gangrène « sénile », de gangrène endartéritique, limitée à la peau, et vous trouverez parfois, sur ces membres, de vitalité amoindrie et précaire, une série de plaques ulcérées, de même aspect.

Traumatismes et leurs suites; — affections non traumatiques, aiguës el chroniques; — ulcérations, fistules, tumeurs, gangrènes; — pieds bots : comment regarder, comment explorer ?

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