‹ Exploration de l'appareil urinaireChapitre 119 sur 144 · I. \o\r Bull, cl Mém. Sfjc. de chir., ii mars 1903, p. 3y · texte numérisé non relu

I. \o\r Bull, cl Mém. Sfjc. de chir., ii mars 1903, p. 3y

elles dont l'ensemble présente une courbure identique à celle de la sonde métallique bi-coudée qu'Escat avait fait construire pour drainer le bas-fond vésical dans les cas de grosses prostates avec élévation du coP.

Des trois parties constitutives, on doit distinguer une partie médiane intermédiaire, et deux latérales.

La pièce médiane est constituée par une tige métallique qui à une de ses extrémités est courbe. Dans la concavité de celle-ci peut se tendre et se détendre une chaîne analogue à celle d'une petite scie à chaîne ; les mouvements d'abaissement et d'élévation de cette chaîne sont commandés par un volant situé à l'autre extrémité de l'instrument.

FiG. i53. — Le séparateur Luys monté, avec la membrane scparalricc tendue

et dclendue.

Cette pièce médiane est recouverte par une chemise en caoutchouc, et l'on comprend de suite comment, lorsque par l'action du volant la chaîne est tendue, il s'élève ainsi une véritable cloison, tandis que lorsque elle est détendue, l'élasticité du caoutchouc applique la chaîne sur la concavité de la partie métallique.

Les parties latérales sont constituées par les sondes qui épousant la courbure de la pièce irilcM-médiaire sont métalliques et creuses. A leur l'ace interne seule, et dans

I. Escal Sonde niétalii(|uc bicoudéc. Assoc. franc. iVurohujic. Paris, IQOI, p. 58o.

F-E Sr,l»VH\Ti:i U Ll \s

leur portion concave sont percés trois orifices destinés à Févacuation de Piirine.

Les trois parties de l'instrument sont réunies entre elles à leurs deux extrémités : à Tune par le manche, à l'autre par un petit capuchon métallique creusé intérieurement d'un pas de vis.

Mais l'accolement des trois parties de Tinstrument est disposé de telle manière que la pièce métallique intermédiaire aux deux sondes recouverte de sa chemise caoutchoutée dépasse légèrement par sa position convexe la convexité des sondes, de telle manière que, autant par sa

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FiG. i5i. — Lo séparateur Luys démonte avec ses 3 pièces constitutives.

convexité que par sa concavité, cette pièce intermédiaire forme bien une véritable cloison.

L'ensemble de l'instrument a un calibre total qui répond au n*" 22 faible de la filière Charrière.

Il n'existe qu'un seul et unique modèle pour l'adulte qui est également applicable chez l'homme et chez la femme.

Modèle spécial pour Vcnfani, — J'ai fait construire un modèle spécial pour l'enfant, qui ne diffère du modèle de l'adulte que par la dimension plus petite du calibre total de l'instrument qui a pu être abaissé à un n** i5 de la filière Charrièrç.

Ce résultat ne pouvait être obtenu qu'avec un appareil tel que mon séparateur dont les larges sondes plus que suflisantcs chez Tadulte, étaient susceptibles de subir une réduction de calibre, tout en permettant cependant une évacuation très suffisante.

La courbure de la portion vésicale du séparateur a été aussi réduite afin de pouvoir s'adapter à la vessie de Tenfant.

J'ai eu occasion d'appliquer ce modèle spécial sur des

FiG. i55. — Extrémité vcsicalo du séparateur de l'enfant. La cloison est plus

courte que sur le modèle de Tadultc.

enfants où tout autre moyen de diagnostic instrumental était inapplicable.

Cet instrument parait devoir rendre les plus précieux services dans le diagnostic des afTeclions rénales chez les enfants, car il semble être le seul qui puisse être facilement appliqué dans le jeune âge.

Voici, entre autres, deux observations où l'emploi du séparateur chez l'enfant a donné un bon résultat.

Obs. I. — Pyonéphrose (jauclie chez une fiilelie de sir ans et demi. Caihélérisme de Vnrelère impossible. Séparation des urines (Observation due à l'obligeance de M. Paul-Louis Muret, Interne des Hôpitaux).

H. A..., petite fille de six ans et demi couchée salle Ollier, lit n° i6, dans le service de M. le P*" Albarraii, à l'hôpital Ilérold, avait été d'une bonne santé jusqu'à l âge de trois ans. A ce moment (37 mai 1900), pour la première fois, hématurie considérable. Ces hématuries se reproduisent le la mai 1901, puis en juillet et en

[ LLV9 POl'R L EKFAST

décembre igoi. En janvier 190a, très forle hématurie, avec sanguins vermiformes, longs de A il & cenlimètreB. L'enrant est alors soigniîe à l'hâpîlal des Enfants-Malades, sans qu'à ce momenl on ail formulé un diagnostic préiis sur son élal.

Après sa soriie de l'hApilal, elle a été alti>inte de rougeole compliquéo de broncho-pneumonie. Quelques semaines après, elle se réiablil, sans avoir présenté de nouvelle hématurie, au cours de

celte maladie intercurrente. Elle se plaint ensuite à chaque miction de violentes douleurs, surtout marquées à la fin de la miction. Les urines sont tanti^t nettement sanguinolentes, laniAt asse^ claires. Dans ce dernier cas, !l y avait toujours à la fin de la miction un écoulement de quelques gouttes de sang pur.

En juillet 190a, enlérile qui dure deux mois. En septembre i(jo3, la sajité est meilleure, mais les urines sont continuellement rosées ou bien claires, avec quelques gouttes de sang à la Qn de la miction.

4 13 KXPLORATlOiV DU REIN

Depuis mai 1908, elle a des hématuries journalières. Elle entre alors le 3o septembre 1908, dans le service de M. le P*" Albarran à l'hôpital Hérold.

A ce moment, la palpation du rein gauche permet d'en constater la notable augmentation de volume. On ne peut trouver la présence d'aucun signe de tuberculose, dans aucun des appareils pulmonaires.

J.e a octobre 190^, un examen cysloscopique, pratiqué sous le chloroforme, permet de voir que toute la vessie est atteinte de cystite et présente une coloration générale foncée interrompue par dos plaques de cystile du coté droit, uniforme du côté gauche. Du côté droit, on aperçoit encore au milieu d'amas de fongosités dont (juelques-unes se déplacent comme des fausses membranes, par l'injection de quelques gouttes de liquide, l'orifice noir de l'uretère où l'on n'a pu introduire de sonde urélérale, à cause des fongosités qui l'encerclent et proéminent dans sa lumière. L'orifice uréléral gauche est, au contraire, invisible.

Les urines sont peu abondantes (600 à 700 grammes) ; elles sont troubles et nettement rosées.

Le 6 octobre igoS, M. le P*' Albarran prie M. le D' Luys devenir faire la séparation des urines chez sa petite malade.

Les urines recueillies avec une sonde, avant la séparation, avaient montré (|uc ces urines étaient extrêmement troubles, épaisses, purulentes, et même <|uc la fin de l'émission urinaire était teintée de sang.

(Quelques seringues d'eau boriquée injectées permirent de diminuer le trouble du liquide, mais ne parvinrent pas à faire disparaître complètement le sang venant de la vessie. Il existait donc là des lésions de cystite hémorragi(jue des plus nettes.

La capacité vésicale éuiit néanmoins bonne, puisque le volume des urines recueillies avec la sonde dépassait certainement 100 grammes.

Le Séparateur (modèle d enfant), introduit sansdilHculté, fut laissé en place pendant un quart d'heure, et permit d'obtenir le résultat suivant :

A gauche : urines extrêmement purulentes, épaisses et sanglantes, du volume d environ 4 centimètres cubes.

A droite : urines nettement sanglantes, mais ne paraissant pas contenir de pus en [)rop()rtion appiéciable.

L analyse chimique des urines séparées, faite par M. l>oinot, interne en pharmacie du service, donne le résultai suivant :

LE Si:iV\I\ATELK LlYS l'OlU K ENFANT

Quantilc. .

REIN DROIT

REIN GAUCHE

ii-.5

Aspect. . . .

Trouble avec dépôt

Opaque ; dépôt jaune sale occupant

rouge vif occupant

les 3/3 du liquide.

le i/3 du liquide.

Réaction. . . .

Alcaline.

Alcaline.

Urée, par litre. .

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