CAS PARTICULIERS
i*' Hypertrophie de la prostate, — Lorsque, chezrhomnie, on a eu à franchir une grosse prostate, il arrive que Ton a un saignement plus ou moins considérable, qui peut amener des caillots et teinter l'urine pendant un temps assez long; parfois même ces caillots sont assez volumineux pour obturer complètement les sondes. Aussi a-t-on avantage lorsqu'on a dos raisons de croire à cet inconvénient, d'injecter abondamment avec une grosse seringue, deTeau, par une des sondes mélalliqucs, de manière que le liquide ressorte par Taulrc sonde. On injecte alternativement par Tune ou parTautre sonde, jusqu'à ce que l'eau de lavage ressorte absolument limpide.
lion des urines des deux reins au moyen du st^parateur du D*" Luys, in Revue médicale de la Suisse romande ^ du 20 septembre 1906.
TECHSIQL'E DU SÉPAHATELB l.l'ts I27
a' Hémittitrie rfnale. — Dans les cas iV/iémaiurie rênnlr iinilati'^rale il faut avoir grand soin de laver soigneusement et complètement la vessîo avant l'application du séparateur, jusqu'à ce que l'eau de lavage revienne tout h fait pure, car sane cette précaution, les caillots sanguins venus du rein peuvent s'élrc accumulés au niveau du bas-fond, lesquels viennent s'enrouler sur les sondes du séparateur et provoquer la présence de sang dans les deux sondes. Si cet accident se produisait, il sérail beaucoup plus simple de retirer simplement tout l'instrumenl, de le nettoyer à fond en enlevant tous les caillots sanglnnln qu'il peut contenir, de pratiquer de nouveau un lavage soigné et complet de la vessie, vX de recommencer ensuite la séparation, qui sera alors parfaite.
3° Cii^locHe. — Dans les cas <le cystocèle très accentuée, chez la femme, on peut éprouver une certaine difliculté à bien faire appliquer la courbe du séparateur sur le basfond vésical. C'est pour obvier à cet inconvénient que le D' Taddei (de Florence) ' a proposé d'adjoindre au séparateur un petit levier vaginal, destiné, après avoir été inlrod (lit dans le vagin, à appliquer étroitement la paroi vésicale inférieure prolabée contre la coiu-bure du s<^paratcur, et assurer ainsi rétanchéitc dans ces cas particulièrement dilliciles.
.'1° Arrêt complet de la sécrétion urinaire des deux côtés. — Il arrive <|uelquefois, une fois l'introduction du séparateur effectuée, qu'en dépit de toute patience, on s'apenoit que rien ne coule par amune des deux sondes. La cause peut en être à l'une des deux raisons suivantes :
Ou bien le malade esl pâle et a des menaces de syncope ou de lypolhimie, ou bien le visage est très colore, et une sueur abondante couvre le front el tout le corps. Dans ces
deu
I la secret
luti urmairc e
st arrêtée, el il faut alors
^38 E\l•Lrm^Tlo^ i» Mr,r\
prendre les moyens appropriés pour obvii vênicnts.
S'il y a tendance à la lypothiiiiîe, il (aiit d'abord essaj'efJ les inhalations d'acide acélîqtie, ou d'éther, les onctions^ cl les l'ricliona dit visage à l'eau de Cologne — enfin si t'élatl syncopal leiid à aiif^nicnler, il l'iuidia inlerrompre l'examen. Si au contraire il s'agit de traDspirations abondantes, t on tâchera soit d'abaisser U température ambiante soît da dêvûtir le malade — soit enfin de pratiquer de la ventila lion sur lui.
5° Arrêt de In sécrétion tirmaire d'un sfiit/ côté. — On observe assez Tréquemment que la sûcrétion urinaîre n'existe que d'un seul coté. Ce Tait peut se reiii-ontpcrsoil lorsque le rein correspondant ne fonctionne pas — soit lorsque l'uretère est oblitéri- — soit enfin lorsque ce conduit, est coudé.
C'est dans ces condilîon.'^ )|ue, pnur savoir s"il une coudure tirétérale réduciible, il convient de pratiquera la man<EUvrp suivante : le Séparateur restanl en place, oïl-l prie un aide de soulever le rein vers le diaphragme enrn opérant suivant la méthode suivante. L'aide doit se i tre du côté du rein à mobiliser, une de ses mains est pos< térieure et s'applique dans la région lombaire au niveaq de l'angle costo-vertébral, l'autre main est aalérteure et sa met en rapport avec la pai-oi nbdomînale au-dcssoua defl fausses côtes; la position des mains est à peu près cell^ qui est indiquée sur la figure tsS (voirplus haut page3o4)J L'aide saisissant ainsi la tumeur rénale (quand elle exist^ entre ses deux mains, tente de la soulever verticale nieni et delà portervers le diaphragme. On comprend laciiemem comment cette manœuvre permettra fréquemment redresser des coudurcs urétérales réductibles, et d'obten tout à coup un flot d'urine considérable dans un tube qit était resté pendant longtemps auparavant comptètcmenj vide. Bien entendu elle restera sans aucun elTet toraqu'lj
TECmiQUE DU SÉPARATEUR LVXS
s'agira de coudures de l'iiretèro fixées par des adhérences ou lorsque l'urelère sera oblitéré par de la périnéphrite par exemple.
Voici quatru observations dans lesinRilK'H celte uiatiœuvre a permis d'obtenir un résultai typique.
La première, inédite, est due à Tobligeance de M. le P' Auguste Reverdin, de Genève, qui a bien voulu me la rominuniquer ; elle est absolument raratlérislique.
(tns. I. — Observalhii due à l'obliijeatice lie !H. te P' Anijunle ftenerdin, de Genètie.
Le i5 juillet igo/|, une femme du Haut-Valaia vicul me cousultcr.
Les primilifs hubitants de ue pays; ne se dérangent guùi'c jiour un mal imaginaire ; très durs ei IrËs économes, ilts souFfrcrit longtemps eu paiiencc avant du se déL'ider à. faire tes frais d'im voyagi.' en lointain pays pour cause de maladie. La personne qui fait le sujet de wUe observation était une petite femme maigre, pdie, courbée en avant. Chaque pas semblait lui causer une souffrance aiguC et cependant elle ne se plaign^iit guère, se contentant de montrer -«on ci^lé drail et de proférer une plainte sourde lorsqu'on y portait ta main.
Sa maigreur perroeiiail de sentir iTiimédiatetnent une niassi- mobile qu'on pouvait aisément faire mcmlcr et descendre dans tout le cAlé droit du ventre.
Cette mobilisation était douloureuse sui'iout lorsqn'on l'exerçait de haut en bas.
Les renseignements Couniis par la malade étaient nuls, absolument nids ! C'était donc à une sorlo de médecine vétérinaire que nous en étions réduît-
Le premier diagnostic qui venait à l'esprit était celui d'un rein mobile, nous pouvions en eETul aisément faire remonter la masse du eiïlé de la logo rénale et l'y maintenir avec la main. Dans la station couchée, l'organe restait un certain temps en place, mais le moindre mouvement, en particulier la station verticale, le faisait immédiatement descendre bas, dans le ventre. Je nai jamais vu rein plus moliile. Huaui i\ ta fonction urînaire elle paraissait s'exercer normalement, quoique peu abonda.mmcnt, mais il s'agissait de savoir quelle était la part prise par chaque rein à cette fonction.
La séparation des urines était ta seule métliode de nous éclairer à ce sujet. Je la jtratiquaî avec l'exeellent séparateur du D' Luys.
l\3o EXPLORATION DU REIN
Elle nous fournit de suilc une indication précieuse. Le côté di*oit fournissait beaucoup moins que le gauche. Pendant ce premier examen le rein était descendu;, nous accentuâmes son déplacement, pendant que l'instrument restait en place, et tout écoulement fat supprimé. Refoulant alors le rein à sa place, nous vîmes la sonde débiter de suite copieusement.
L expérience était aussi facile à répéter que démonstrative ; nous fîmes plusieurs essais nouveaux devant les élèves et acquîmes la conviction que Turelèrc subissait une coudure d'autant plus prononcée que le rein était plus abaissé ; de là à conclure que la fixation de l'organe en place normale était le traitement le plus logique, le seul réellement efficace, il n'y avait qu'un pas.
Nous eûmes en effet la grande satisfaction de constater quelques jours après l'opération, que la fonction urinaire tendait chaque jour à s'équilibrer davantage et comme si le rein déplacé eût voulu rattraper le temps perdu, il sécréta pendant quelques jours plus d'urine que son congénère.
Son volume qui était notablement accru, ce qu'il fut facile de constater au cours de l'opération, diminua manifestement depuis la reposition de l'organe. Bref, un mois après son entrée à la clinique, la malade rentrait chez elle, donnant des signes non équivoques de satisfaction : toute douleur avait bientôt disparu.
L'opération ne présenta rien de spécial ; je suspendis le rein par deux forts catguts à la dernière côte, et lis en outre quelques sutures réunissant la capsule aux parties voisines delà paroi.
Les suites opératoires furent des plus simples.
Obs. U. — Ilydropyonéphrose droite. Séparation des urines. Néphro-
urétéreclomie droite.
Van L..., femme de vingt-six ans, fleuriste, entre à l'hôpital Lariboisière le lo septembre igoS, salle Lailler, lit n** 34. Elle se plaint d'avoir des troubles de la miction et des crises douloureuses dans la région lombaire droite. Le début remonte à trois ans et demi environ; elle ressentit un jour brusquement en se levant un poids assez lourd, une douleur très vive dans le côté droit, ayant provocpié une syncope et peu après des voiiiissemenls. Celle douleur s irradiait dans la partie inférieure droite de l'abdomen. La crise dura trois heures et se termina par une hématurie qui se prolongea pendant hnil jours environ.
<Jualre mois après, nouvelle crise, survenant brusquement comme
TECHNIQUE Dl SÊPARATHCn LUTS
la précédente, et sans cause apparente. Les crises se succùdcrerit ensuite de deu:i en deux mois envitvn, survcnanl surtout aux moments des règles, et suivis pendant doux ou trois jours d'un endolorissement général qui l'obligeait à garder le lit. Pendant la crise. la malade n'émet que quetipics goullus d'urine ; aprcs la crise, au contraire, elle urine abondamment.
Depuis trois mois, les crises soiil deveni:es beaucoup plus fréquentes; elles surviennent presque journeHtrmenl, plus ou moinn douloureuses. De plus, depuis rette époque, elle rossent do la douleur à la lin rie la miction. Les urines sont troubles, mats iie contiennent jamais de sang.
Comme antécédents, la malade a eu quatre euTants, tous morts en bus âge de méningite, Il y a quatre ans, elle aurait subi un cuiettage à l'bdpital Tenon pour une métrîle post-pucrpéralc.
Première application du Séparateur le 17 septembre 1908 qui donne le résultat suivant au bout de vingt minutes :
A droite: Urines troubles, dérouleur blanclic, en quantité deux fois plus considérable qu'à gauclie.
A gauche: l-irines de couleur jaune [lûle légèromenl louches.
i.c ag septembre 1903, une deuxième application du Séparateur est Tuile une heure et quart après une injection sous-cutanéo de bleu do Méthylène. La vessie ayant une capai-ilé de 80 grammes seulement.
Le Séparateur, introduit sans difficulté, est Tacileinent toléré pendant quin/.c luinules; on obtient macroscopiquemcnt :
Le rein gauche donne des éjaculations rythmiques d'une urine légèrement colorée en vert;
Du côté du rein droit, on n'obtient rien, bien que les sondes fussent parfaitement perméables un inslanl aupuravanl.
L'analyse chimique des mines d« la vessie et du rein gaucho diiuuc le résultat >uivuut :
Kéadion
Odeur
Sucre
KEn UM.CHE
VESSIE
Acido. Sui «eneri.,
Tracos.
PJetU-meol ilolino
Faible,
mint.
Tnces.
Allmmlnc
Lb û octobre iyo3,
un quart après une injection de bleu de méthylène. La capacité vésicale était de loo grammes. Les urines recueillies avant la séparation étaient légèrement teintées en vert.
Pendant les dix premières minutes de l'application du Séparateur, le rein gauche donnait des urines nettement vertes, tandis que du côté du rein droit il ne coulait pas une goutte de liquide.
Après dix minutes, un aide ayant soulevé le rein droit, il se met alors à couler régulièrement par la sonde droite des gouttes de liquide pâle et d'aspect louche.
L'analyse chimique des urines séparées fut faite par M. le D''Gouraud, chef de clinique de M. le P"* Dieulafoy, qui donna le résultat suivant :
Quantité. .
Urée
— par litre.
Phosphates. .
— par litre Bleu
REIN DROIT
PBBDAnT
lO minutes.
Bien.
PBRDAIIT
5 minutes.
5cc
REIN GAUCHE
PKKDAIIT
lo minutes.
ce
o^S I 2 Abondant.
rBWDAirr 5 minâtes.
2 ce 0*^.39