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RÉSULTATS EXPÉRIMENTAUX OBTENUS SUR LE CADAVRE AVEC LE SÉPARATEUR LUYS

Dès le début de mes travaux sur la séparation intra-vésicale des urines entrepris déjà depuis plus de sept ans, j'avais pensé que, ici comme partout, l'application du séparateur sur le vivant devait, avant tout, être précédée de son expérimentation attentive sur le cadavre.

L'objection qui a été faite par laquelle on prétend que les conditions d'expérimentation ne sont pas les mêmes sur le cadavre et sur le vivant, n'a ici aucune raison d'être. Nous avouerons, certes, que les conditions d'expériences sur le cadavre sont sûrement moins favorables que sur le vivant, puisque la contractilité vésicale n'existe plus et que l'on opère alors en vessie ouverte, condition dans laquelle ni la pression intra-abdominale ni la pression atmosphérique n'exercent leur action.

Les chances de réussite avec un instrument destiné a

séparer les urines dans la vessie se trouvent donc, de ce fait même, infiniment diminuées.

Il n'en est pas moins vrai que même si, dans ces conditions défavorables on oblientdes résultats typiques etfrappants, on en aura, certes, encore de meilleurs, lorsque d'une part la conlractilité vésicale, d'autre part la pression intra-abdominale et atmosphérique viendront apporter des aides précieuses au succès de la parfaite étanchéité du séparateur.

En effet, lorsque ces trois conditions adjuvantes sont réunies, les parois vésicales se trouvents'appliquer d'ellesmêmes sur l'instrument formant ainsi un cloisonnement encore plus parfait.

Pour une première expérience, on peut opérer de la manière suivante :

On prend un sujet homme sur lequel on pratique une double néphrotomie; les bassinets étant découverts, on place dans chacun d'eux une canule que l'on fixe solidement à l'origine des deux uretères. Ceci fait, avec une sonde, on vide complètement la vessie, et on la lave abondamment, jusqu'à ce que le liquide de lavage ressorte clair. Le séparateur est alors introduit dans la vessie, et la membiane est déployée. Le sujet est ensuite ^\\è par de solides liens en position assise, de manière que son siège vienne affleurer le bord d'une table. Puis, le séparateur est maintenu bien immobile à la main, de manière que la courbure repère bien exactement la partie inférieure du col, ce qu'on obtient par une légère traction sur le manche de rinsiruincnt. (^eci fait, un aide injoclc par la canule d'un rein — (le droit, par exemple), — une petite quantité d'eau pure, et aussitôt, on voit celle-ci ressortir par la sonde droite du séparateur, sans qu'une seule goutte de liquide passe par le tube de gauche.

La contre-épreuve est alors faite d'une manière saisis-

: LE SÉrAnATElB MTS 5il

sanlis un injectant par la rannle du rein oppost^ de l'eau colorée en rouge, etaussitôl on voit s'écouler dans le tube situé au-dessous de la sonde corruspondanle, le mémo liquida rouge.

Les deux tubes, si diversement roloi-ès liisenl cuxmémea, alors, la perfection de la séparation.

J'ai poursuivi, plus loin, mes recherches sur le cadavre avec mon séparateur, et me suie attaché à cherc-her dans quelles conditions l'étanchéité de la cloison était parfaite et dans quels cas le passage d'une loge vésîmle à l'autre pouvait se faire.

J'ai d'abord vonhi me rendre compte sur des sujets de Vinfluence de la position assise ou coiichùe sur l'élaneliéité de mon appareil, et j'ai pu voir que cette influence était considérable.

Lorsque en effet an place un sujet couché horizontalement sur une table et que le séparateur étant en place an injecte du liquide par un uretère, la vessie ayant au préalable été ouverte et couiplMement séchée, on peut voir que le passage du liquide d'une loge vésicalc à l'autre se fait presque aussitôt, mais que le passage a lieu toujours au même endroit, c'esl-â-dire en arricre de la courbure du séparateur.

D'autre part, si l'on relève le tronc du sujet de niniiière à mettre celui-ci incliné et courbé en avant, on peut voir (|ue le [lassage se fait aussi tri's rapidi;ment maïs c]u'il a lieu, non pas en arrière au nivcnu de la courbure, mais en avant, au niveau du col, et par-dessus la cloison.

C'est donc dans lu position intermédiaire, c'est-à-dire dans la position assise normale que l'Élancbéité de mon appareil est complète, et cela d'une façon absniur. En isc, la vessie est ou-

chée ;

; par sa paroi supern

I position assise, ure et la cavité <

!st bie

puis

canule est mise dans

Ceci fait, le séparateur est introduit dans la vessie, la cloison de caoutchouc déployée, et l'appareil est maintenu en bonne position.

Par Turetère gauche ou injecte avec une petite seringue 2 centimètres cubes, et Ton voit après quelques secondes une éjaculation rejeterpar letube gauche celte même quantité d'eau. Pas une seule goutte d'urine ne peut être constatée ni dans la loge vésicale droite, ni, à plus forte raison, dans le tube droit; chaque fois que Ton répète la même expérience, on a le même résultat.

Mais si maintenant, au lieu d'injecter 2 centimètres cubes à la fois on en injecte par l'uretère 5 ou 10 centimètres cubes, on voit toujours les deux sondes évacuer le liquide. Le passage d'une loge vésicale à l'autre s'est fait, et il s'est fait sous les yeux de l'observateur par le même endroit, qui est au-dessus de la cloison, toujours au niveau du coL

Jamais je n'ai pu voir une goutte de liquide passer audessous de ma cloison.

J'ai fait ensuite l'expérience suivante sur le même sujet. Après avoir bien asséché la vessie, au lieu d'injecter do l'eau par l'uretère, j'ai injecté par l'une des sondes 2 ccntiinctres cubes d'eau, et j'ai pu constater que rien ne passait dans la loge vésicale opposée ; mais si j'injectais plus de 2 centimètres cubes, le passage se faisait.

Je ferai o])server ici, que les sondes de mon séparateur ont une capacité qui ne dépasse pas i centimètre cube, cai' lorsqu'on place verticalement une des sondes du séparateur, et qu'on injecte par la partie inférieure, avec une petite seringue 1 centimètre cul)e d^eau on voit aussitôt Teau ailleurer au niveau du premier orifice de la sonde.

Il faut conclure de là que lorscju'on voudra faire la même expéiicnce sur le vivant, il sullira d'injecter un peu [)lus de I centimètre cube pour être sur que le liquide injecté dans la vessie est bien passé dans la vessie. Ceci

UÉSILTATS 1)1 SKPVRATEl B Ll YS SIR LE VIVANT /|/|3

pour répondre h une objection que m^avait faite le P*" Casper, de Berlin. Chez un de ses malades de Berlin, le P*" Casper m'avait prié d'appliquer mon séparateur le 19 septembre 1902. Pour connaître Tétanchéité de mon appareil, il avait injecté un peu de liquide bleu par la sonde du côté gauche, et avait pu constater que l'urine du côté droit restait limpide et non colorée ; l'étanchéité était restée parfaite; mais il restait douteux que la quantité du liquide bleu injecté par la sonde ail pu pénétrer jusque dans la vessie, et ne fut pas seulement restée dans la sonde.

Les expériences que j'ai notées plus haut pourront, je Tespère, répondre à cette objection.

Les résultats de ces quelques recherches cadavériques m'amènent donc à conclure : que la seule bonne position à donner au malade sur lequel on veut effectuer la séparation des urines est la position assise.

Dans ces conditions, l'étanchéité de mon séparateur est pratiquement absolue.

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