I. Luyi. La liparalian de l'urineiUa deiur rcÛM, Olii. <iil
che encore les terribles diflicullés d'introduction dont on nous a parlé. »
Les chirurgiens, même non appliqués spécialement à la pratique des voies urinaires n'éprouvent pas de diflicultés particulières à l'introduction du séparateur. Ainsi le D' Dujon (de Moulins) qui est un chirurgien général, et non adonné spécialement aux maladies de Tappareîl urinaire, écrivait au D*" Hartmann * :
(( Mon malade, chez lequel on sentait les 2 reins, n'avait jamais été sondé, je n'avais jamais employé le séparateur. 11 est entré comme une lettre à la poste, a été très bien toléré, n'a pas donné de complications. »
De môme le D*" Cestan (de Toulouse) déclarait* : « En ce qui concerne le séparateur Luys, le seul dont je me serve et veuille me servir, je déclare hautement que les difficultés d'introduction, absolument nulleschez la femme, n'existent pas davantage chez l'homme, entre les mains d'un chirurgien sachant manier les instruments à petite courbure. Il suffit d'une anesthésie légère de la muqueuse avec une instillation urétrale de stovaïne à i/ioo, anesthésie d'ailleurs non indispensable, puis d'un peu de doigté, pour introduire à fond l'instrument jusqu'au delà de sa courbure sans douleur ni saignement. »
Quoi qu'il en soit, sur les 210 observations de malades diflerents que j'ai publiées ' (83 hommes, 122 femmes et 5 enfants), sept fois seulement mon séparateur n'a pu être introduit : quatre fois chez des femmes (grossesse, cancer utérin, annexite et prolapsus utérin). Trois fois chez des hommes, l'un présentant un urètre sciéreux, l'autre du spasme, l'autre enfin un prolapsus du rectum extrêmement accentué.
I. Ilurtinann et Luys. La dépuration intra-vésicalc de l'urine des deux reins Paris, ShMiilielI, (éditeur, KJoS, p. l'iO.
■j. (ilestiiii. Arcfiives mcdirales de Toulouse (yMw'ivr KJ07).
.'i. Lu\s. La séparation de l'urine des deux reins. l*aris, Masson, Kjo.'i.
CniTIQUE DU SÉPARATEUR LUTS ^^9
Nous n'insisterons pas, du reste, car sur les 210 observations d'individus différents qui ont été publiées, on trouve 83 hommes.
2® Il serait puéril de s'arrêter à une critique qui a été faite sur la fixité et l* uniformité de la courbure du séparateur. Cet instrument, en effet, est avant tout destiné à établir un barrage étanche depuis le milieu de Tespace compris entre les deux uretères, et Torifice urétral. Or, chacun sait que ces trois points sont toujours anatomiquement fixes, et que la distance qui sépare les deux orifices urétéraux l'un de l'autre, de môme que celle qui s'étend du milieu de l'espace inlerurétéral jusqu'à l'orifice urétral, sont toujours à peu de chose près, fixes et uniformes.
A ces données anatomiques fixes et uniformes, doit corres^ pondre un instrument à mesures fixes et uniformes.
3^ On a encore reproché au séparateur de ne pouvoir être manœuvré aisément chez riiomme une fois son introduction faite.
Nous répondrons que le séparateur est non pas un explorateur vésical, mais avant tout un instrument destiné à avoir une immobilité absolue une fois qu'il est placé dans la vessie.
Or, pour assurer son placement en bonne position, qu'y a-t-il de plus simple que de vérifier par le toucher rectal, que la courbure de l'instrument repère bien exactement la partie inférieure du col vésical, et qu'il n'existe entre elle et la prostate, aucun espace vide dans lequel pourrait se faire le mélange des urines?
4* Le reproche qui a été fait sur la rupture fréquente du manchon de caoutchouc pendant la séparation, ne nous arrêtera pas non plus bien longtemps. Sur les 210 observations publiées, ce fait s'est produit trois ou quatre fois, au plus. Ces manchons de caoutchouc ne doivent servir que deux ou trois fois chacun, et en tous cas, il faut éviter avec le plus grand soin de les stériliser dans une solution de
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soude OU d'un sel de soude, ces substances altérant considérablement le caoutchouc. Ces manchons doivent toujours être soigneusement vérifiés avant leur emploi, au moyen de la tension de la chaîne, et s'ils présentent la moindre éraillure ou le moindre petit trou, ils doivent être aussitôt rejetés.
5** Dans les cas où, comme dans l'hypertrophie prostatique accentuée, cette introduction est accompagnée d'un suintement sanguinolent, qui teinte l'urine à son passage, certes, il s'agit là d'un petit inconvénient, mais en réalité, ce n'est pas la présence de cette minime quantité de sang qui pourra être un obstacle à l'exameil chimique, histologique ou bactériologique. C'est, dans ces cas, qu'il sera bon, avan{ de recueillir l'urine, de faire un très abondant lavage des deux sondes avec de l'eau boriquée.
6** Quant à la critique qui a été faite sur Içi douleur pro^ voquée par le soulèvement de la membrane séparatrice, nous n'y insisterons pas, car, celle douleur ne se produit jamais dans le modèle du séparateur que nous avons décrit. Il faudrait, pour que l'objection soulevée soit fondée, que l'opérateur soit assez maladroit pour tendre la membrane de caoutchouc lorsque la courbure du séparateur est encore dans l'urètre postérieur, et non pas dans la vessie.
7° Enfin, pour ce qui est de V impossibilité d'appliquer le séparateur dans des vessies atteintes de cystite n'ayant qu'une capacité réduite, nous dirons que dans les vessies intolérantes, n'adnicllant même pas une sonde Nélaton, il serait insensé de songer à introduire un instrument, quel qu'il soit, mais Iors(|ue la capacité vésicale est d'au moins 4o grammes, l'application de l'instrument peut parfaitement se faire.
8^ Le défaut d*étanchéité a élé aussi reproché à mon séparateur. La réponse à cette objection a été, je crois, surabondamment donnée par les expériences que chacun
CRITIQUE DU SÉPAnATEUIt LUtS ;^5l
peut répéter el que j'ai dccrilcs plus haut (page iSg) et par la lecture des observations publiées.
Les conclusions de la thèse du 1)' iJuchenne (de Montpellier)', faite sous l'inspiration du l" Forguc, de Montpellier abondent dans le même sens.
<< L'inslrtitnenl de Luys réalise la séparation des urines d'une façon absolument parfaite ; on peut avoir en lui une absolue sécurité. La preuve de cette étanchéité a été faite maintes fois par des injections d'une substance colorante dans la moitié de la vessie ; l'autre moitié est restée vierge de tout mélange ; par la séparation chez des malades nephrectomisés, du côté opéré, il n'y avait pas une goutte d'urine ; par l'hématurie unilatérale : le tube du côté hématuriquc était seul coloré.
« C'est un instrumentsimpleetfacilemcnt maniable, capable de fournir des renseignements toujours utiles et quelquefois indispensables dans le minimum de temps et avec le minimum de danger. >>
Pour terminer je n'insisterai que sur deux qualités essentielles de mon appareil.
La première, est le contact large et solide de la courbe dn mon séparateur avec la vessie. Ce contact large me parait être, en effet, une qualité de premier ordre. Provenant de l'union intime de In membrane séparatrice avec les sondes évacuatrices, cette disposition, qui rend soHditii'es ces <lifférentes pièces, a été parfaitement prévue et voulue dans mon appareil : elle assure précisément la perfcf'tion de la séparation des urines avec mon séparateur.
La seconde, est la disposition de' ses larges sondes el de leurs orifices à la partie décliie du has-fond, créé par la courbure de mon appareil. Cetle disposition, éminemment favorable à l'évacuation immédiate et complète de
I. D' Uurhenne. De la sépanilion des urines des deun reins par t'appurell île Luys. Thtte, Montpellier, airil ii|a3, p. 33,
Turine éjaculée de ruretère, sans stagnation d^s produits sécrétés, constitue certainement un des secrets les plus importants, pour l'établissement d'un bon séparateur.
Le fait de la non<stagnation de Turine dans les basfonds créés dans la vessie par la courbe de mon séparateur, est, du reste, surabondamment prouvé par le fait suivant, que Ton peut constater toujours, dans tous les cas : si, à la fin d'une application du séparateur, et le séparateur étant enlevé, on met immédiatement après, une sonde dans la vessie, on peut s'apercevoir qu'il ne reste pas une goutte d'urine dans le réservoir vésical, et qu'il n'y a pas eu stagnation. Chacun peut facilement répéter cette expérience.