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IL - URÉTROSCOPIE DE L'URÈTRE PATHOLOGIQUE A. Généralités

Les lésions de l'urétrite chronique lelles qu'elles se

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présentent dans le tube urétroscopî<]iie ont été tralement décrites, en 1S93, par Oberlânder, dans 0 Lehrbucli dcr Urelhroskopie » (Leipzig, Verlag von George Thienie, iSgS), puis, plus tard, dans un autre travail qu'il fil, en 1901, avec If P"" KoUmanti'. Nous citerons aussi les importants travaux de Keersmaecker et Verhoogen, k L'urétrîte chronique d'origine gonococcique » (Bruxelles, Lnmcrtin i8g8) et le livre récemment paru de Wossidlo, « Die Gonorrhoe des Mannes u (Berlin ipoS) ; enfin, ceux de Janet parus en i8gi et igoS'.

Nous avons fait de fréquents emprunts à chacun de ces principaux ouvrages et nous résumerons ici les opinions de ces différents auteurs, en y ajoutant l'exposé de nos constatations personnelles.

Aven Oiierlandcr on peut, suivant l'évolution même du processus bleiinorrliagiquc, distinguer deux parties bien distinctes dans l'étude des lésions chroniques inllauimatoiresde l'urétrîte <;hronique.

La première est Vinfillralton molle, caractérisée macroscopiquement par une turgescence de la muqueuse et hislologiquement par l'innitralion de la sous-muqueuse par de petites cellules embryonnaires, le tout étant accompagné de dilatation vasculaire.

La seconde est V infillrationilure, caractérisée macroscopiquement par une pâleur spéciale de la muqueuse qui prend une coloration gris jaunâtre et hislologiquement par l'envahissement delà sous-muqueuse pardcs tibrilles conjonctives qui prennent peu à peu la place des cellules embryonnaires de l'infiltration molle et transforment, petit à petit, la sous-muqueuse en tissu fibreux. C'est la présence de ce tissu fibreux qui étrangle les vaisseaux,

t. OI>«rUnder tl Kullmann. Die olironbclie Gonorrhoe dcr miiniilii-licn Huriiriilire. Leiptig, Geor^ Tbicme, 1901.

a. Junei. AnnaUi des meladiet dct arganei gtnUO'Urinairti. ifigi.

— Eudoscopic uritrale, in Lcfoiu cliiùijaa de Guyon. Parii, lgo3.

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IKÉTKflSCOPlF DE l'l'HÈTBE r-tTHOI.OC.lQI E 10^

nlrave la circulation el drtermine celte leînle particulièni de la muqueuse.

Le degré le plus It'ger de cette forme correspond au rétrécissement large décrit par Olis, tandis que le degré le plus élevé de cette forme, constitue le rétrécissement de l'urètre proprement dit.

L'infiltration molle suit et accompagne même les lésions inllammatoires de l'urétiite aiguë, et se rencontre principalement dans les premières périodes de l'urétrite clironique. C'est par la suite, et par l'évolution du processus inflammatoire que l'infiltration molle est remplacée par l'infiltration dure.

Mais s'il est indubitable que ces deux formes sont absolument dissemblables, non seulement par leur aspect urétro8Copi(iue, mais aussi par leur constitution analomique, il n'en est pas moins vrai qu'elles ne sont, à proprement parler, que des phases- successives d'une même évolution morbide. De plus, ces deux sortes de lésions peuvent coexister l'une avec l'autre dans un même canal.

LVrélrîte chronique a, ainsi qu'on le sait, comme caractéristique de se manifester par des points d'inflammation chronique bien localisés. Or, chncune de ces localisations morbides peut parfaitement évoluer isolément pour son propre compte. De telle manière que, dans un même urètre, on peut très bien voir alterner les portions de muqueuse absolument saine, avec des portions atteintes d'inlîllratioit molle et avec d'autres, enfin, atteintes d'infiltralion dure.

On peut donc voir, en résumi!-, que si cette distinction en infiltration molle et en infiltration dure est commode et pratique au point de vue de la description, il ne faut pas cependant en déduire que chacune d'elles constitue une entité morbide bien distincte et que tel canal ne présentera dans toute son étendue que de rinfiltration molle, tandis que tel autie, au contraire, n'oHrira à considérer dans toute son étendue que de l'infiltration dure. Bien nu

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contraire, encore une fois, ces lésions coexistent le plus souvent dans un même canal, et alternent non seulement Tune avec Tautre, mais également aussi avec des parties de muqueuse saine.

Quoi qu'il en soit, nous allons donc étudier maintenant successivement les lésions urétrales rencontrées au cours de rinfiltration molle et au cours de Tinfiltration dure et, dans chacun de ces chapitres, nous examinerons successivement Turètre antérieur et l'urètre postérieur.

Nous devons enfin signaler les localisations les plus fréquentes de l'urétrite chronique. Ce sont la partie moyenne de la région pénienne, la région bulbaire et la région membraneuse. Bien souvent, du reste, plusieurs régions de Turètre bien différentes peuvent être atteintes en même temps.

B. Infiltration molle.

L'introduction du tube urétroscopique dans un canal atteint d'infiltration molle seule, ne présente aucune espèce de difliculté. Tout au plus cependant la muqueuse peut saigner légèrement soit au passage même du tube urétroscopique, soit encore lorsqu'on cherche à la sécher avec des tampons d'ouate.

Vaspect général que présente la muqueuse urétrale atteinte d'infiltration molle est celui d'une muqueuse hyperémiée, enflammée et turgescente : le plus souvent elle est lisse et luisante (voir planche en couleur 11, fig. i).

La couleur varie du rose foncé au rouge sang et au rouge cvanosé.

Le sièfje de Tinfiltration molle est le plus souvent localisé en foyers irrégulièrement disséminés, et les endroits dans lesquels on la rencontre le plus souvent sont : la région bulbaire et la région membraneuse

IBKTROSCOPIE DE 1. IIIKTRE PATUOLOGIQIE IO7

Les dime/mons de rhacun des foyers malades sont absolument variables et n'ont rien de Cxe ; tantôt rédiiitsà un simple demi-anneau, ils peuvent parfois s'ûtendre à plusieurs cenlimètres.

Le nombre rfe* foyffs est aussi essenliellement variable; parfois uniques, le plus souvent multiples, ces foyers sont dans l'immense majorité des eas séparés les uns des autres par du lissu absolument sain.

La formr est aussi trtîs irrégulière ; les bords des foyers ne sont pas bien délimités, mais se eoiifondeni peu à peu avec le tissu sain qui le» entoure.

V4pithé(ium a, au début, d'abord un éclat plus brillnnl ; mais lorsque les lésions ont duré un certain temps il su desquamme, ou du moins il s'amincit et devient plus friable; c'est alors qu'il perd peu à peu, son poHet qu'il di:vient opaque et rugueux. Par places, il peut manquer, et la couche papillaire mise alors à nu prolifère en donnant lieu à de petites granulations, analogues à celles que l'on rencontre dans les plaies cutanées mais moins accusées. Ces petites granulations apparaissent sous forme de petites taches rougeâtres et irrégulièrement dessinées. Leur surface, très rouge, saigne très facilement ; elles sont très fréquentes au niveau du bulbe.

Les plis iongiltulinaiix de la tmiqueuse sont changés. Au lieu des nombreux plis qui existent normalement sur une muqueuse saine, on n'en voit plus que deux ou trois mal délimités faisant saillie dans la lumière du canal et obstruant même parfois la lumière centrale,

La strialion It/ngitiidinale ne se voit presque plus ; elle est perdue dans l'hyperémic et la tuméfaction de la muqueuse, celle-ci ne se présentant plus que sous la forme d'une surface uniformément lisse.

La figure centrale est presque toujours fermée ; elle ne présente aucune béance, même lorsqu'on retire le tube urélroscopique.

lOO E.tPI.OK.\TlO!l DE I. UBETHE

Les lacunes de Morgagni et /es glandes de Litlre sont touoiirs alteinles au cours de riafiltration molle. Leur irritalion donne lieu, loul d'abord, à une augmentation de la sécrétion glandulaire. La muqueuse qui les recouvre est rouge et légcremenl boursoulllée. Les conduits excréteurs appai'aissent comme des saillies rouges grosses comme des télés d'épingles formant une petite tuméi'action dont les rebords sont surélevés et vitreux. De cet orifice on peut voir sortir une sécrélion muqueuse ou purulente qu'il esl lacilede recueillir pour l'examiner au microscope avec la pipette construite dans ce but sur les indications du P' KoUmann (de Leipzig).

'■■ I7. — l'ipulle de Kollminn pour 1

lei iiécritiiint ginnduh

Les glandes de Lillie ne soni, à propronu-nl parler, pas visibles au cours de l'inliltiation molle.

Les lacunes de Morgagnî ont le plus souvent leurs bords gonflés et l'aspect vitreux. Elles l'orment à la surface de lu muqueuse une saillie qui peut alleindre les dimensions d'un petit pois, ou bien elles se présentent comme un nodule rouge de la grosseui'd'unc tête d'épingle, sur le sommet ou sur le côté duquel on découvre parfois un orifice dont les bords sont gonllés et translucides, el par lequel se déversent des produits de sécrétion uuiqueux ou purulents.

Dans l'urètre postérieur le veru-montanum atteint d'ïn- Hllration molle est rouge sombre, gonflé et augmenté de volume. Il prend un aspect lisse et devient comme l'rippé.

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