EXPLORATION DE L'URÈTRE DE LA FEMME
L'exploration de Turètre de la femme doit être fait par différents procédés qui sont :
1° rinspection ; 2° la palpation ;
3° le cathétérisme explorateur ; 4° l'examen urétroscopique.
1^ Inspection.
Par rinspection, on pourra prendre connaissance di> méat.
Aprèsavoir placé la femme jj dans la position du spéculum, on écarte les unes des autres les grandes et les petites lèvres, et on inspecte le méat en en écartant légèrement les lèvres.
On se rend ainsi compte si la muqueuse est rouge ou enflammée, ou bien, comme
cela est fréquent, s'il existe une petite tumeur rougeâtre, implantée sur une des parois de l'urètre et qui n'est autre
FiG. 49* — Petit spéculum do Minet pour Turètre de la femme.
laS EirLORATlON DE LtRÈTRE
(jii'iin polype de l'upèlre. On verra encore si la muqueuse ne fait pas hernie à l'extérieur: c'est qu'il s'agit alors d'un prolapsus de la muqueuse.
Enlin, on pourra examiner si une goutte blanchâtre de pus ne se préseule pas au méat : oetto goutle de pus
devra être recueillie avec précaution pourétrc ensuito ùlu- (Itée au microscope.
L'examen du méat peut lilre extrêmement Tacilité par remploi d'uQ petit spt'cultini spécial lequel, en écartant bien les lèvres du méat urétral, permet de se rendre compte de détails intéressants, tels que le lieu précis de l'insertion du pédicule d'un polype, etc.
EXrtOBATION DE l I ID^TRE DE I,A FESIME
2° 1^ palpnllon.
La palpation donne souvent des renseignements précis dans le cas d'indainmation iirctrale.
Cette palpntion se fera avec l'index qui préalablement lubréfié avec de la vaseline sera introduit dans le vagin de manière que la face palmaire s'applique hien exactement contre la paroi inférieure de l'urètre.
D'abord enfoncé profondément l'index revient ensuite ainsi appliqué d'arrière en avant jusqu'au méat et en agissant ainsi on arrive parfois à faire sourdre au niveau du méat une gontte de pus. Ce pus recueilli sur une lame de verre sera examiné ensuite au microsco])e (voir fig. 5o).
3" Le cathétérÉsme explorateur.
Le cathélérisme explorateur se fera avec l'explorateur à boule olivaire qui, introduit d'abord presque dans la vessie, sera ramené ensuite doucement et peu à peu vers le méat; il renseignera sur la perméabilité de ce conduit, et son degré de dilatabilité.
4" Examen urétroscoplquit.
L'examen urétroscopique de l'urètre de la femme devra être fréquemment pratiqué, car il peut mieux qu'aucun autre mode d'investigation faire connaître certains détails intéressants.
La façon la plus pratique de faire cet examen est d'employer soit un tube urétroscopique, soit mieux mon cystoscope à vision directe (voir page i88) grAre auquel on
l3o EXPLORATION DE l'urÈTRE
pourra voir non seulement Turètre, mais aussi le col vésical sans être gôné ni par les sécrétions, ni par Turine.
Le cystoscope élaat donc introduit d'abord presque dans la vessie, on le retire peu à peu, et on inspecte point par point toutes les portions du canal. Celui-ci se présente presque constamment sous la forme d'une fente transversale ; ce n'est qu'auprès du méat qu'il affecte la forme d'une fenle verticale.
Pendant tout le trajet parcouru d'arrière en avant, toutes les particularités de la muqueuse pourront être soigneusement étudiées : les petits polypes, les proliférations papillomateuses, les orifices des glandes urétrales seront examinés successivement.
La nécessité de l'examen urélroscopique de l'urètre chez la femme s'impose, car cette méthode seule permettra de faire des diagnostics impossibles sans elle, et parfois absolument inattendus.
L'observation suivante le démontrera plus particulièrement.
Une dame de 44 ans m'était adressée le 5 juin 1906 par M. le 1^** Terrier. Cette dame disait avoir été opérée cinq ans auparavant dune tumeur de la vessie, et bien que ses urines fussent limpides et qu'elle n'eût aucune fréquence des mictions, elle se plaignait néanmoins de souffrir beaucoup en urinant et après avoir uriné.
Croyant à une récidive de sa tumeur vésicale. la malade avait élô plusieurs fois revoir le chirurgien qui l'avait opérée, mais celui-ci aj)rès examen, ne lui avait trouvé aucune lésion. C'est pourquoi elle avait été consulter M. le P'" Terrier qui me l'adressa.
L'examen clinique de la vessie ne révélait absolument rien d anormal : la capacité de l'organe était de plus de 3oo grammes.
Au toucher on pouvait constater que la paroi vésicale était tout à fait indolore et saine.
Je fis d'abord sur cette dame l'examen de la vessie avec le cystoscope à prisme, et constatai que l'organe était absolument sain et ne présentait aucune récidive de tumeur.
Quelque temps après, le u3 juin 1906, je fis un nouvel examen mais avec mon cystoscope à vision directe et constatai tout d'abord
EXPLORATION DE L'unÈTAC DE LA FEMME l3l
coiumc auparavant que U vessie était complètement indemne de toute lésion. Je me disposais à cesser l'examen, et retirais même mon insirunicnl lentement dans l'urètre, lorsque celui-ci se trouvant encore environ au milieu du canal, la lumière du tube fut tout à coup complètement inondée d'un liquide trouble paraissant netiemcnt purulent.
Lorsque par l'action de la trompe à eau le liquide fut évacué et <|ue la muqueuse fut bien élanclie, j'inspectai alors la paroi urétrale et constatai que sur la paroi latérale droite de Turèlre, à a centimètres environ en arrière du méat, existait un orifice qui conduisait dans une cavité para- urétrale.
La pression exercée avec le tube cj'stoscopique sur cette cavité permettait d'en voir sortir un liquide trouble qu'accompagnaient des grurnt'iiux inirulcntx. Il s'agissait donc dans ce cas. d'un abccs |>ara-urétral que la pression exercée par le tube cysloscopique avait probablement fait s'abcédcr.
Dans des séances suivantes le fond de la cavité fut cautérisé avec un fin crayon de nitrate d'argent, tandis que pour permettre une plus facile évacuation des sécrétions, l'orifice du conduit para-urétral fut agrandi avec une fine pointe de galvano-caiitèrc.
Sous l'iniluencc de ce traitement les douleurs présentées par la malade cessèrent et disparurent même complètement.
L'exploration de la vessie se fait pai' de tniiltiples procédés. Les uns, se font sans Icsecoiii's de la vue, ils seront étudiés ici les premiers ; les autres se font sous le contrôle de l'œil, ce sont ces derniers qui constilnent In Cystoscopîe: cette mêlliodc sera exposée on second lien.