DR L\ VESSIE
plaignait d'avoir des dilTicultés et des fréquences dans la miction. FAIb n'avait pas eu d'Iiétnatui'ie, mais ses urines L^taieni nettement troubles.
J'introduisis facileineni mon cysloscope dans la vessie, et, à la lumière de la lampe, j'apen.-iis de suite t'6pinglo à cheveux, ipii, comme toujours, occupait sa position classique etétailplaci^e transversalement dans la vessie. La boucle de l'épingle se trouvait à droite de la malade.
l'our transformer la position transvei-salc de l'épingleen antéropostérieure, el amener In houclf en avant, j'inclinai d'nliord linstrumcnl à droite, puis, une pince à griffes introduite dans le tube cysloscopi<|uc. lixa iilnrs ■i,i|i'lcriii'iii l.i hiuiclc en son milieu, (aisant
10. <)3. — Ë{iiiig1a k cliuveui en ci'lluloiil, a^aul séjourné neuf jour» dani une icisio, et vilrailc li l'aîdc itu c}'itoicoj<e ï vision diruclo. Les branclici do r^pinglo sont d^ji liicruili^oa de tels calcaires.
liUNculer l'épingle el amenani In l'onvexiié de la Itouclc près de l'orilicc imernc de l'urÉirc. Kion ne fut plus simple alors que de relirer tout ritistnimeiit et l'épingle ù sa »tuiie. laquelle vint trf^s l'acilementet sansijue la malade êprouvilt aucune douleur. En soinmc, pour sortir de la vessie, l'épingle avait suivi le même i-licniin que pour y entrer, mais en sens inverse.
Le temps nécessaire à cetUf extraction, depuis l'introduction du tube cystoscopiijue, jusqu'à la sortie de l'épingle, n'avait pas excédé cinq minutes.
L'épingle, examinée après son extrnclion, olfraît l'aspect d'une épingle â cheveux ordinaire en celluloïd en forme do fourche -, chacune (le ace branches mesurait 7 centimètres 1/3. On pouvait connlaler qu'elle présentait déjà an niveau de ses pointes principalement des inscrustalions calcHires bien marquées.
La malade, très heureuse d'Atre ainsi débarrassée sans avoir eu à subir une inlfrrvention plus grave, put prendre le train le soir même pour rentrer chez elle.
Pour les corps plus potils, ooiniitc los IjoiiU de sonde
AV\NTAGES DE UA rnSTOSCOl'IE A VISION UHlErTE 20.Ï
par exemple, ce mode d'ex t met ion est niissi cxlrt^iiicnienl pratique el espéditil'.
die
aS aoùl (905 |iralii]U(- il.ins le serviei' du P^ neclua. à l'ilnpital de In Cliui-ilé, une liystéi-ectomic vag'miile et, apri-s cctip intervention, on voulol iiiellre une sonde de Veztev à demeure dans la vessie. .Vu moment 011 avec la pointe d'un liyslt'romèlre cm iriiroduisail la sonde dans lu vessie, reslrémité de cette sonde se di'lHcha par arrachement et lotnlia dans la vessie, sans qu'il fùl possible par anain procédé de la rattraper. Le 27 sepicml)re 190&, je fis une application Irj^s simple et très facile do mon cystoscope à vieion directe. Le bout de sonde est immi-^diatement vu ei de sniie retiré au deliors. sans au<:une dimiulli'.
W .\„vr.y ;.v;,il le
Fie, 0-1-— l'Vdgracnt (grossi it(>iif fois) d'une sandu de Pczlor, brisi^D d*n* la
ujslrMcopo i '
On comprend lafneilité cxtiènui avec l;i<]iit?lleon nppive ainsi Biireinent sur le corps étranger vésical, comment on le voit directement, el combien il e.-it alors aise de le saisir entre les mors d'une pince et de l'amener au dehors.
Ici comme partout, se trouve ainsi réalise le principe de toute chirurj^ie ralionnellc. qui est de bien voir la lésion,pour la traiter de suite, el directement sous la vue.
S" Enfin Ip cifstoscnpe à vixion tfirrcle permet de pratiquer (les opérations endové sic aies.
Les opérations endovêsicales <pii peuvent se pratiquer avec le cystoscope à vision directe s^efTectucnt dans deux circonstances principales:
A. Pour le Iraitcnient des cystites ;
U. l'oiir le traitement des tumeurs vOsicales.
.1. Trailemnit ilr^ (■//•ititrs. — Il en est ilii li-ailemenl des t-cystites comme du traitement des urt^trites, c'est-à-dire l-que, lant qu'on a affaire a une muqueuse vOsicale enllam- Lviée dans presque lotit son ensemble et d'une manière
aiguë, il ne faut pas intervenir avec le cystoscope à vision directe ; mais, au contraire, dès que les lésions sont localisées, c'est alors que le cystoscope à vision directe reprend tous ses droits et qu'avec son emploi, on a des succès absolument merveilleux. Il suflit, du reste, de voir l'aspect de la muqueuse vésicale dans ces conditions, de constater qu'à côté d'une muqueuse absolument saine, blanche, rose, il existe des placards de cystite intense, où la muqueuse est très rouge, sanguinolente parfois, pour comprendre combien il est peu rationnel d'agir également sur les surfaces saines et sur les surfaces malades. Autant il est utile d'agir énergiquement sur les surfaces malades, autant il semble irrationnel d'attaquer des surfaces absolument saines.
Les plus beaux succès que j'ai eus dans le traitement des cystites se trouve principalement lorsqu'il s'agit de cystites développées à la suite de l'inflammation des organes avoisinants, par exemple des cystites succédant à des salpingites, ou, comme je l'ai constaté une fois, une cystite tuberculeuse succédant à l'ouverture dans la vessie d'un mal de Pott. Lorsqu'on a affaire à une cystite développée à la suite de l'ouverture dans la vessie d'une poche purulente, provenant d'un abcès de voisinage, l'attouchement au nitrate d'argent sur la surface malade produit un résultat merveilleux; il suflit de quelques séances d'application pour constater une amélioration extraordinaire et rapide.
Dans d'autre cas, lorsqu'il s'agit, par exemple, de cystite tuberculeuse où la médication ordinaire est si vaine et produit si peu de résultats, les applications bien localisées, de pointes de feu ou d'acide lactique en solution assez concentrée, produisent souvent une amélioration notable.
R. Traitement fies tumeurs vésicales. — Le traitement d(*s tumeurs vésicales peut être effectué dans deux circonstances principales, soit en tant que traitement citratif, comme cela a lieu pour les papillômes, soit comme trai-
OPKHATIOXS ENDOVESICALES '20J
tement palliatif, comme cela se rencontre dans le cancer, par exemple.
En tant que traitement curatif, l'emploi du cystoscope à vision directe est merveilleux, car lorsqu'on a affaire à de petits papillômes que Ton isole un à un dans Tintérieur du tube cystoscopique, on parvient de suite à les détruire facilement par un simple attouchement avec le galvanocautère. On peut bien penser quels services considérables on peut rendre ainsi aux malades, car il s'agit, de cette façon, pour les tumeurs de la vessie, d'une opération similaire à ce qu'est la lithotritie pour les calculs vésicaux. Le traitement peut se faire dans le cabinet même du chirurgien, sans avoir besoin d'endormir le malade qui, aussitôt après Tintervenlion, peut retourner chez lui sans danger.
La manière dont se comportent les petits papillômes en présence du galvano-caulère est véritablement des plus intéressantes. En effet, lorsqu'après avoir bien isolé une masse papillomateuse à l'extrémité du tube cystoscopique, on la met en présence du galvano-cautère, on constate que, aussitôt qu'on fait passer le courant et qu'on rougit le fil de platine, le papillôme vient de lui-même s'appliquer énergiquement sur le galvano-cautère. L'apparence que Ton a, est tout à fait semblable à des bras de poulpe qui viendraient fixer leurs ventouses sur le fil de platine. On sent ensuite tout d'un coup une certaine liberté de l'extrémité du galvano-cautère et si en même temps on relire le galvano-cautère en faisant cesser le courant, on peut constater que le galvano-cautère se trouve comme coifle de papillômes, qu'il est alors extrêmement facile de brûler à l'air libre et de détruire ainsi de la façon la plus simple.
S'il m'est permis d'établir une comparaison de cette manière de traiter les papillômes d'avec celles du cystoscope opérateur de Nitze, telle que je l'ai vu pratiquer moimême par cet auteur, il me semble qu'il y a une action
beaucoup plus intense avec mon procédé. En effet, avec le cystoscope opérateur de Niize, ro|)cration se fait dans l'eau et Ton comprend de suite que Tincandescence du fil de platine ne peut être bien intense, puisque ce fil est immédiatement refroidi par la présence de Teau. Dans Fair, au contraire, la brûlure sera infiniment plus ellicace.
Quant au traitement palliatif, il est en général plus diflicile à appliquer. Lorsqu'on a affaire à de grosses tumeurs qui saignent beaucoup et dont les hémorragies répétées peuvent compromettre la vie du malade, il y a avantage à tenter de rechercher avec le cystoscope à vision directe le point qui saigne et à le cautériser directement sous la vue. Les hématuries répétées peuvent ainsi être jugulées et arrêtées.
En résumé, les applications multiples du cystoscope à vision directe me semblent devoir en préconiser hautement remploi, et les qualités principales qui paraissent devoir le recommander tout particulièrement à l'attention, sont: sa simplicité, et sa facilité d'application.