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CHAPITRE IV

ROLE COMPARATIF DE LA CYSTOSCOPIE A PRISME AVEC LA CYSTOSCOPIE A VISION DIRECTE

Ayant examiné successivement les avantages et les inconvénients de la cystoscopie à prisme, et de la cystosropio à vision directe, nous devons maintenant voir quelles sont les indications de chacune de ces méthodes et dans quels cas la cystoscopie à prisme devra prendre la place de la cystoscopie à vision directe, ou la lui céder.

Tout d'abord, lorsqu'on voudra prendre connaissance de l'ensemble de la vessie, et que sans diaj^noslic, on cherchera à en poser un, il est certain que c'est le cystoscope à prisme qu'on devra prendre. Cet instrument j)ermet en effet la découverte d'un large champ visuel, et Von aura bien plus tôt fait le tour complet de la vessie avec lui, qu'avec le cystoscope à vision directe dans lequel le champ visuel est forcément plus réduit.

De même encore, lorsque le malade sera un lionnne gros, obèse, congestif et qu'on puisse prévoir <|uc la position de Trendelenburg lui soit particulièrement pénible, on aura aussi avantage à ne le placer (|ue dans la position certainement moins pénible, nécessitée par la cystoscopie à prisme.

Mais d'autre part, lorsque la présence du pus ou du sang, en trop grande quantité, empêchera (roblenir un

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milieu siiilisammenl transparent indispensable à la cystospie à prisme, alors le cystoscope à vision directe reprendra tous ses droits, et permettra de bien voir la vessie en dépit même de saignements accentués, ou d'une pyurîé intense.

De plus, pour préciser des points douteux, pour apprécier le volume réel d'une tumeur, pour étudier attentivement certaines modifications inflammatoires de la paroi vésicale, la vue directe et immédiate sera sans aucun doute tout à fait préférable à la vision à travers un prisme. Lorsque j'ai eu l'occasion d'examiner successivement avec les deux instruments une même paroi vésicale atteinte de cystite légère, j'ai pu voir avec mon cystoscope des détails beaucoup plus nombreux et plus nets qu'avec le cystoscope à prisme. Ces détails sont importants et ne doivent pas être négligés, car c'est grâce à eux et à leur connaissance, que les indications du traitement seront données.

De même, lorsqu'il s'agira d'examiner complètement le col vésical, le cystoscope à vision directe est bien plus indiqué. En effet, si le cystoscope à prisme peut bien apprécier les détails qui se trouvent sur le versant vésical du col de la vessie, il est al)solunient incapable de nous fournir quelque renseignement sur le versant urétral. Au contraire, le cysto.s(!ope à vision directe permettra la vision [)arfaitc de l'un ou l'autre versant.

Rn effet, quand le tube cyslosco[)ique est encore dans la vessie et que son extrémité vésicale est dirigée en bas, on examine complètement toute la paroi inférieure du col de la vessie. Lorsque l'extrémité du tube est dirigée en haut, pendant que la main d'un aide déprime la paroi abdominale au-dessus du pubis, toute la paroi supérieure du col vésical est parfaitement examinée. Toutes les constatations étant faites du côté de la vessie, on retire alors lentement le cystoscope, et Ton voit le fond du tube

d'abord vide, se coiffer peu à peu de la périphérie au centre avec la portion prostatique de Turètre: celle-ci peut à son tour être minutieusement examinée, puisque dans ces conditions le cystoscope est devenu urélroscope.

De plus lorsqu'il s'agira de pratiquer une petite intervention quelconque dans la vessie, le cystoscope à vision directe devra être préféré.

Qu'il s'agisse de corps étrangers à enlever, de tumeurs vésicales à cautériser, de plaques de cystite à traiter directement, ce sera toujours au cystoscope à vision directe qu'il faudra s'adresser.

Quant au cathétérisme de l'uretère, nous n'y insisterons pas ici, car, dans un chapitre spécial, nous discutons plus loin ses indications avec l'une ou l'autre méthode. Mais déjà actuellement, nous pouvons deviner la supériorité de la cystoscopie à vision directe qui permettra de pratiquer le cathétérisme de l'uretère directement, en réduisant au minimum les chances de contamination d'un rein sain ; la sonde urétérale passant directement de Tétuve stérilisatrice dans l'orifice uréléral ne pourra récolter sur sa route aucun germe infectieux susceptible de contaminer le rein ou l'uretère sain.

Enfin, comme nous allons le voir, le cystoscope à vision directe possède une supériorité bien marquée dans l'examen de la vessie de la femme enceinte.

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