partie sirs dé
AVE Frank hiver!
se voy rures Mack Lac de bles 1] mettà.
alors rer SL du no défini:
Grand Rapide, c'est-à-dire du déversoir du lac des Ours.
Compensation admirable de la divine Providence, cette région si affreuse, que la mort semble avoir adoptée comme un séjour de prédilection, dont l’homme devrait naturellement s'éloigner avec hâte et sans regret, est pourtant, chaque année et depuis un temps immémorial, le pâturage par excellence et intarissable d'immenses troupeaux de rennes, la boucherie où il s'en abat des quantités insensées, la Terre de promission des Indiens où, à la vérité, le lait et le miel ne coulent pas comme desruisseaux ; mais où la viande grasse, la graisse et les langues de renne s'accumulent par monceaux. Aussi ces sauvages passent-ils, au milieu de ces affreux déserts, la majeure partie de leur vie dans l’abondanceet les plaisirsde la chasse, sans cesse renouvelés.
Avant la reconstruction du fort Norman- Franklin de 1863, ces Danites, bien qu'ils hivernassent dans leurs steppes richissimes, se voyaient obligés d'aller troquer leurs fourrures et leur viande sèche dans les forts du Mackenzie ou au fort Raë, au nord du Grand Lac desEsclaves. Ces déplacements considérables leur prenaient beaucoup de temps et mettàient obstacle au succès de leurs chasses, alors qu’il leur eût été si nécessaire de demeurer sur les lieux. Mais, depuis l'établissement du nouveau fort-de-troque, ces Indiens se sont définitivement fixés autour du Grand Lac des
Ours, et chassent à une si petite distance du fort Norman, que nous entendions leurs coups de feu et apercevions les fumées de leur camp. Cependant l'entière population peau-rouge de cette région desservie par le fort Norman- Franklin n'excédait pas alors 250 âmes, et je doute qu'elle ait beaucoup augmenté depuis.
J'en fis le recensement exact en 1866. Cette poignée d’Indiens appartenait à quatre peuplades ou gens : Les gens du Poil ou ÆhAta-tch6- Gottinè, qui avaient pour fétiche ou ellonh& pêlè, le loup blanc. Ils vivaient sur la grande presqu'ile ainsi qu’au nord et à l’est de la baie Smith;
Les gens des Canots ou T'{sè-Ottinè, qui révéraient lin ou le chien. Leur territoire de chasse est au sud et à l’est du Grand Lac des Ours;
Les gens du Bout des Saules, Xk'a-lon- Gottinè, dont le manito de prédilection était la loutre, eftson. Ils affectionnent les rives de la Télini-dié et la contrée située à l'est du Mackenzie;
Enfin les gens des Montagnes-Rocheuses, Éta-Ottinè, qui respectaient ché, le lynx, et chassaient dans les vallées de la grande Cordillière occidentale.
D’après la tradition des gens du Poil, aucune de ces infimes peuplades n’est originaire du Grand Lac des Ours, et je le crois sans peine. Mais longtemps avant la venue des Blancs, il y vivait un peuple que les hommesd’aujourd'hui désignent sous l’épithète de 7'ou-nè ou gens du
r'eprés n'aba
ou se Lac de Qua les bor ce fut « pointe ( qu'elle:
en vue prépare dans ce et de la rennes lement prirent nent ap) autres , ] pleins d étaient « ls furer Lièvre ot de leur f les malh
à desquels :
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lac, gens de l’eau, Je pense que ce devait être des Esquimaux des bouches de la rivière du Cuivre, de Hearne. Les Peaux-de-lièvre les représentent comme simples et timides. Ils n'abandonnaient jamais les rivages et vivaient toutefois sans méfiance, parce qu'ils sesavaient ou se croyaient les seuls habitants du Grand Lac des Ourset peut-être mêmedumondeentier.
Quand les peuplades danites arrivèrent sur los bords du lac des Ours, continue la tradition, ce fut du nord-ouest et par la grande et haute pointe qui sépare la baie Smith de la baie Keith, qu'elles l’abordèrent. Les Dènè bivouaquèrent en vue du lac au sommet de la montagne, se préparant à descendre, le lendemain matin, dans ces steppes où ils avaient apercu des loges et de la fumée, mais surtout des troupeaux de rennes errants à l’aventure. Les T'ouné, nullement ébaubis de ces feux inaccoutumés, les prirent stupidement pour des étoiles nouvellementapparues. Ils seles montrèrentles uns aux autres , mais n'en dormirent pas moins ensuite, pleins de sécurité, dans l'ignorance où ils étaient du danger qui les menacait. A l'aube, ils furent tous massacrés par les Peaux-de- Lièvre ou gens du Poil, lesquels, non contents de leur facile victoire, chansonnèrent encore les malheureux Esquimaux, dans la bouche L desquels ils placèrent ironiquement ces paroles qui dépeignent l’extrème crédulité des T'ouné :
— « Kokkèraghé kkè, ta fiven nélcha jya «he tahay? Sur la hauteur du sentier, quelles
« sont ces grandes étoiles qui brillent au fir- « mament ?»
Depuis cette époque héroïque, le promontoire central de la Grosse Pointe porte le nom de Kokkèraghé, la Hauteur du Sentier.
Je n'ai pu apprendre ni par la narration de l'expédition de Franklin, n1 par les écrits du Dr Richardson, ni par les traditions de la Compagnie de la baie d'Hudson, le nom de l'explorateur à qui revient l’honneur de la découverte du Grand Lacdes Ours. Mais,comme je sais que sir Alexander Mackenzie fit l’ascension du mont K/fwé-téwé, qu'il nomma Rocher- Clarke, en 1789, et que je sais aussi que de ce noint culminant de la chaîne dextrière du Mackenzie, 14 vue porte jusque vers le milieu de la baie Keith, i! est presque certain que cet explorateur aura vu le Grand Lac des Ours, de
ce piédestal élevé, ei que, par conséquent, 1l 4
est le premier Européen qui l'ait découvert officiellement.
Le plus arcien document que je possède à cet égard me vient du vieux Métis français Beauheu, qui fut l'interprète tchippewayan et le chasseur attitré de sir John Franklin, au Grand Lac des Ours, où il a même laissé des enfar's naturels qui portent encore son nom familial. Ii me le livra au Grand Lac des Esclaves, où je l’écrivis sous sa dictée, au mois de juin 186%, Je le cite textuellement en le traduisant du dènè d’Athabaseca, sa langue maternelle :
« Au printemps de 1799, c'est-à-dire dix ans
après autre, pagni les Ca #4 alin de Macke “à premie M nalede lans le eht«.
avait $0 (ais, 4 avec lu talent ci sa dûret X4 « A'cet » du Nord 2 l'ishom Ÿ habit ca : de Pierr( D perruque D Qui nou cule, bé" 5 <M. M À vail ses s ÿ jeur, pot D 'andis qu Brenne, de } Aussi, ler « Un jo [Chantier (
x #6 après la découverte du fleuve Mackenzie, un ! autreMackenzie quiappartenaitaussi à laComire pagnie franco-écossaise du Nord-Ouest, et que de les Canadiens avaient surnommé Grand-Cou, afin de le distinguer du chevalier sir Alexander | de Mackenzie, l'explorateur, vint construire un du premier fort-le-troque sur la côte septentrio- > a nale de la baie Keith, au bord d’un petit lac et 1 de lans le bois de la pointe aux lièvres, Kha-tchôe la elite. mme «M. Mickenzie Grand-Cou, qui était facteur, ceri- avait sous ses ordres un commis canadien-franher- cais, appelé M. Leblanc. Il avait aussi amené de ce avec lui des engagés canadiens qui le détese du tient cordialement à cause de sa morgue et de ailieu sa düreté, e cel «A\'cetteépoque, les bourgeoisdela Compagnie rs de du Nord-Ouest portaient le costume des gennt, i M tilshommes, c’est-à-dire le tricorne, le grand
uvert B® habit carré à larges basques et aux boutons à de Pierrot, legiletlongetles culottescourtes, la à cet D perruque àcatoganet l'épéeaucôté. Un costume
Beau- Ë6 qui nous paraissait extraordinairement ridiet le Bt cule, bé'an soutir.
rand Mt «M. Mackenzie Grand-Cou accablait de tra-
fans ù vail ses serviteurs, auxquels il n’accordait par ilial. BW jour, pour tonte nourriture, que six harengs; où je M tandis qu’il se gobergeait de viande fraiche de 1863. D renne, de langues, de gâteaux et de whisky. nt du M Aussi, le mécontentement éclata-t-il bientôt. « Un jour que Mackenzie vint inspecter son
x aus Bchantier de construction, 1l trouva ses gens
assis sur un billot d'équarrissage et fumant leur pipe, au lieu de travailler. J'étais alors un
pur sauvage d’une quinzaine d'années, et je me |
trouvais avec eux, mon oncle étant l'interprète
du fort. Aussitôt, le bourgeois réprimanda ses M
serviteurs d’un ton fàché.
— « Allons, allons ! à l'ouvrage, tas de fai- li
néants ! s’écria-t-il.
— « Monsieur, on n’est pas fainéant parce À
que l'on reprend haleine quelques instants en fumant une pipe, » lui répondit sans insolence
l’un des Canadiens nommé Desmarest, qui était Ji occupé à faire une porte. » Surtout, ajouta- ls
t-il, lorsque l’on n’a pour tout prêt que du hareng bouilli et de l’eau claire.
— « Shut your mouth and go to work! s'écri
Mackenzie rouge de colère; car si tu ne te ls
tais pas. ! >» Etdégainant malencontreusement sans achever sa phrase, il menaça l’ouvrier de son épée.
— « Ah! coquin, exclama le Canadien, en perdanttoutcontrôlede lui-mêmeettoutrespetct pour son chef, tu me menaces ? Penses-it pouvoir nous traiter en esclaves, parce -que nous sommes tes serviteurs ? Tu manges de là viande quatre fois par jour, et avec cela tt nous fais travailler à outrance en ne nous donnant pour nourriture que du poisson bouilli. Laisse ton sabre au fourreau, ou bien, je prends ma hache. »
« Mais Desmarest n'avait pas fini de parler qu'il recevait de M. Mackenzie une large bles-
sure à | Canadit Per T « Je | Beaulie Len pur.
en épicu B savais fi envie de J'armai : Joue. S'1 La bout p « Mais D cnsangle D tournant M ilalla se | Cetter BE des bâtis ce commerce Di jusqu'à nm : n'était P Biroidet a D bientot sc + Desmares DM. Lebla, ; ture révol Minent, fir quitter le M Ouest et D Flancs-de Aruison à s Miconce en
nan *S ul
je me |
prète
a ses
> fai-
parce à 1ts en de lence À | était |
outa- 16 du
s'écria
ne te hs
ement
sure à la cuisse. Le sang en jaillit à flots et le Canadien tomba en criant :
— (Ah! coquin, tu m'as tué!»
« Je ne suis qu'un Métis, continua Francois Beaulieu, et un Métis né et élevé dans les bois : on pur sauvage, sans baptème, sans religion,
} enépicurien et en sultan du désert ; mais je me
savais fils de Français, et il me pritune grande envie de venger l’injure fuite à un compatriote. J'armai mon fusil et je couchai le bourgeois en joue. S'il avait fait un geste de plus, je le tuais
a bout portant.
«Mais l’Ecossais essuya sur sa botte son épée ensanglantée; il la remit au fourreau, et nous
tournantlestalons d'une manière peu glorieuse, M Lalla se renfermer chez lui aux verroux. »
Cette particularité prouve qu'il y avait déjà
à «es bâtisses terminées, dans ce nouveau poste À commercial, dont le nom n'est pas parvenu jusqu'à moi, Cependant la blessure de Desmarest
n'était pas mortelle, et dans un pays aussi
à lroid et aussi sain que le grand nord, elledevait D bientot se cicatriser. « On transporta à quatre D} Desmarest au fort, dans une couverture, et
M. Leblanc le pansa aussitôt. Mais cetie aven-
turc révolutionna tous les Canadiens qui, incon- Mtinent, firent leurs paquets, dans le dessein de
quitter le service de la Compagnie du Nord-
À Ouest et d'aller vivre dans les bois, avec les
Flanes-de-chien. M. Leblanc, tout en donmamt
Lraison à ses gens indignés, calma leur effervescence en s'interposant entre eux et M. Mac-
kenzie Grand-Cou. Puis il tira du hangar aux provisions de la viande fraiche, des langues de renne, de la farine, du thé et du sucre, et les donna aux engagés en leur disant :
— « Tenez, mes bons amis, mangez et régalez-vous. Voici ce que vous envoie M. Mackenzie, en témoignage du regret qu'il éprouve de ce qu'il a fait dans un mouvement de colère irréfléchie. Veuillez oublier ce qui s’est passé. »
« Avec ces friandises du nord, le bourgeois ferma donc adroitement la bouche aux mécontents et les persuada de continuer leurs travaux. »
Il est très probable que ce poste de la compagnie du Nord-Ouest existait encore lorsque sir John Franklin fit construire par M. Dease son fort d'hivernement au Grand Lac des Ours, à une demi-lieue de là, vingt-six ans plus tard; c'est-à-dire au mois de Juillet 1825. Je ne m'explique donc pas comment le célèbre explor rateur arctique à pu écrire que le site dont * M. Dease fit choix était celui d'un ancien fort
de la Compagnie du Nord-Ouest abandonné depuis des années (1).
Il y à une erreur dans cette appréciation; car M. Taylor me conduisit lui-mème sur l’em- ‘ placement qu’occupait l’ancien fort de la Compagnie du Nord-Ouest. Il se trouve du coke opposé du petit lac des Oies grises et au bord d’un autre petit lac, à l'abri de la forèt. Et les
(1) Narraiive of a second Eæpedition Lo the Polur sea. p. 2
Indie leurs quara armée entre
gnies ( d'Hud:
Quoi au Gra plus, te ment é « We / «ns même | Capitai Relian de 182 officier Kendal diensmarine chasse:
trois fe de-chi
On s:
l'Atlan
aux œues e, et
"ÉL'A- ‘kenve de olère SSÉ. »
'S'EOIS écon- S tra-
CON TSŒUe Dease
Ours,
Indiens du lac des Ours me racontèrent que leursanciens avaient étéfréquemment témoins, quarante ans auparavant, de rixes à mains armées qui auraient eu lieu non seulement entre Canadiens français et soldats de marine anglais, mais mème entre leurs chefs respec— tifs, lesquels se seraient poursuivis sur ces rivages, le pistolet au poing et l’estomac plein d'alcool. Ceci indique évidemment desrivalités commerciales telles qu’il en existait à cette époque entre les employés des deux Compaenies de fourreurs du Nord-Ouest et de la Baie d'Hudson. 7 Quoi qu'il en soit, lorsque Franklin arriva au Grand Lac des Ours, l’ancien fort n'existait | plus, tandis que son propre poste d'hiverne- | ment était déjà construit et prêt à être habité. « We found, dit-il, ox our arrival, all the buil- | « dings in à habitable state...» Ce poste reçut mème le nom de Franklin su l'arrivée du | capitaine, lequel comptait l'appeler fort Reliance. Il y passa les deux hivers de 1825et | de 1826 avec cinquante personnes, dont trois offieiers de la marine anglaise : MM. Back, Kendall et Richardson, M. Dease, neuf Canadiens-français, dix-neuf marins ou soldats de marine et l'interprète Beaulieu, plus quatre chasseurs tchippewayans, deux Esquimaux, trois femmes, six enfants et un jeune Flancde-chien. | On sait que la recherche d'un passage entre l'Atlantique et le Pacifique par la mer Polaire
arctique occupa longtemps, mais bien infructueusement, l'attention de l’Amirauté anglaise. Le capitaine de vaisseau, depuis sir John Franklin, qui laissa la vie au milieu des glaces de Regent-Strait, dans sa malheureuse expédition de 1845-51, put constater par sa propre expérience que ce passage, dont il venait de découvrir une des entrées, ne serait d'aucune utilité pratique pour le commerce anglais, par suite de l'impossibilité physique qu’oppose à un silong parcours une mer qui ne s'ouvre qu’une année sur trois. et seulement pendant trois mois en trois ans!
En 1819-20, Franklin avait découvert et délimité les côtes de la mer Glaciale, depuis le cap Turnagain jusqu'à l'embouchure de la rivière du Cuivre. En 1825-27, il entreprit de compléter ce relevé des côtes, en accomplissant le périple du continent américain par le Nord- Ouest. Les deux licutenants de vaisseau sir Georges Back et Kendail, le Dr Richardson, chirurgien de marine, et le naturaliste Drummond, avec quatre soldats de marine, composèrent seuls cette seconde expédition par terre, qui quitta l'Angleterre le 16 février 1825, et arriva le 15 Juillet de la même année au lac Athabasca, par la voie de New-York, de la rivière Rouge et du portage la Loche. Le 1° Août, les voyageurs atterrissaient au foi Simpson, chef-lieu du Mackenzie, et le 8 du même mois 1ls arrivaient à la déverse du Grand Lacdes Ours.
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En | bateau dilig'er
Frar au Gra leuten y CHVOY contint atteion d'inter] du for Irancçai:
pratiqu Fran] avoir de verse du tembre.
Nord, ce connais l'UES Si s purent à el à la tc henzie.
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En 1862, malgré les chemins de fer et les bateaux à vapeur, je n'avais pu faire plus de diligence.
Franklin ne se rendit pas immédiatement au Grand Lac des Ours. Gardant avec lui le lieutenant Kendall, de l'Amirauté anglaise, 1] yenvoya MM. Back et Richardson, tandis qu’il continuait sa route vers la mer Glaciale, qu’il atteignit le 14 août, après avoir obtenu à titre d'interprète, de M. Charles Dease, bourgeois du fort Good-Hope de Félk/wé, le Métis francais Baptiste Boucher, que J'ai connu et pratiqué au fort Mac-Pherson.
Franklin fit une diligence telle que, après avoir découvert Pile Garry, il revint à la déverse du lac des Ours, où 11 arriva le 1" septombre. J’avoue que, même pour un homme du Nord, cette activité est prodigieuse. Moi qui connais ces mêmes distances ,qui les ai parcourues si souvent,je me demande comment elles purent être franchies aussi rapidement à pied el à la touée, du moins en remontant le Mackenzie, I fallait que les Voyageurs de Franklin marchassent jour et nuit, par tous les temps et en se relayant sans cesse.
Quoi qu'ilen soit, le 5 septembre 1825, sir John Franklin arrivait au fort d'hivernement que lui avait construit M. Dease en prévision le son arrivée; mais non sans avoir brisé dans le grand rapide de la T'élini-Dié sa barque, le Lion, qui embarda au milieu des récifs. Cette avarie força ke valeureux explorateur à con-
| Ru | j { ÿ Up a lis (1 |
fesser que la navigation fluviale du Nord-Ouest offre des dangers que les vieux loups de mer ne connaissent même pas.
Le fort Franklin se composait de trois bàtiments:une maison de 44 pieds sur 24, pour les officiers, une autre de 36 pieds sur 2, pour ies serviteurs, et qui était divisée en trois cases. Enfin un hangar à provisions et un petit observatoire météorologique.
J'ai cherché vainement les ruines de ce fort devenu fameux par les hôtes distingués qu'il abrita. Je n'ai puen trouver d’autres vestiges que les emplacements des cheminées et les cavités des caves. Les constructions en bois ne laissent aucune trace d’elles-mêmes. Les madriers et les solives servent à édifier d’autres bâtisses, et le restant est brûlé par les Indiens. J’ai compté onze cheminées dans ces ruines, dont huit dans la seule maison des officiers. [l est évident que ces braves et valeureux Anglais ne durent pas beaucoupsouffrir du froid, en se chauffant de la sorte; mais à quoi bon se priver de feu dans un pays où les forèts abondent, où le bois ne coûte rien, et lorsqu'on n'a pas autre chose à faire qu'à se chauffer ? | ” D'ailleurs, le journal de Franklin indique qu’il avait sagement fait de bien chauffer sa maison. Le 1* Janvier 1826 commença par un | froul de — 49° centigrades. Le plus haut degré de chaleur que le thermomètre marqua, cet hiver, fut de — 8° 8 sous zéro, ce que je
amas re nn.
cons nelle de os fm qua ( soleil des exact pou tonne celai el qu creus un gr per | INA « pen « Lac « Cept n'est | né. J Ours, castor ie cort pas d ver, C leur b confor mer G
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d’aur les S CES des pe vauffrir Bi ais à Ji bù les En n, el 0 x se
ique En er si En ar un D it derqui, ue je
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considère comme une température exceplionnellement douce pour le pays; la moyenne fut de— 29°7, Mais l'hiver de 1827 fut bien plus rigoureux que le précédent. Franklin y enrécistra successivement — 49°, — 529 2°, — 58° F,—=97%,—48,et —52 Farhenheit. Ilremarqua que pendant les Jours les plus courts le soleil demeurait sur l’uorizon, au Grand Lac des Ours, 2 heures 58 minutes; ce qui est exact. Il constata que le sol y gelait jusqu’à 21 pouces de profondeur; une remarque qui m'étonne d'autant plus, qu'à Good-Hope, la terre gelait à plus de deux mètres de profondeur, et que, même au printemps, on n’y pouvait creuser une fosse sans allumer au préalable un grand feu sur le lieu qu’elle devait occupe Mais ce qui, par exemple, est tout à fait imneract. c'est ce qu'ajoute le célèbre marin, que « pendant l'hiver, tous les animaux du Grand « Lacdes Ours émigrent dans le Sud, à l’ex- « ception du loup et du renard. » Cette donnée n'est pas juste et Franklin a été mal renseioné.d'ai passé huit hivers au Grand Lacües Ours,et j'ai toujours constaté que le renne, le castor, le glouton, l’ours, le vison, la loutre, ie corbeau et le geai du Canada n’émigrent pas du tout, mais qu'ils y passent tout l'hiver, comme le loup et le renard, les uns dans leur bauge, les autres vaguant en plein air, conformément aux lois de leur espèce.
Le 24 juin 1826, Franklin redescendit à la mer Glacialeavec tout son monde. Lecapitaine,
avec le lieutenant Kendall,-l’Esquimau Augustus Totanouk et six marins, explora les riages occidentaux de la mer Polaire, qu'il ne put relever toutefois que jusqu'au 152° 2° de longitude ouest de Paris.. Le 21 septembre il était de retour au fort Franklin.
Le lieutenant sir Georges Back, avec le Dr Richardson, l’Esquimau Oglibouk et sept marins, explora les rivages orientaux de li mer, et retourna au Grand Lac des Ours par la rivière du Cuivre de Hearne, et la rivière Dease, affluent du grand lac. Grâce à M, Dease, qui était venu les chercher en barque, ils rentrèrent au fort Franklin le 1‘ septembre.
L’exploration des côtes de la mer terminée, Franklin n'avait plus rien à faire au Gran Lac des Ours. Dès le mois de septembre, Beaulieu en était parti pour le Grand Lac des Esclaves, avec 17 Flancs-de-chien, par la voie du lac la Martre, Le célèbre navigateur lui-même le quitta le 20 février 1827, par la voie de l'intérieur, qu'il inaugura en cette circonstance jusqu'au fort Simpson. Il estima cet itinéraire à 290 milles marins seulement; ce qui donne 463 kilomètres ou 116 lieues françaises et demie. Il s’en faut que Franklin ait exagéré la distance. J'en parle avec d'autant plus de connaissance de cause, que je fus le premier Européen qui ait marché sur les brisées du grand homme, par cette mème voie, à pied et à la raquette ou en traineau. Mais j'y reviendra en son temps.
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In [rai poin expé Deas des de la de ci riviè ges F en 18 Sin à l’er quir fidenc chien titué phiqu 307 de 121°8 48° 30 M.
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Dès le mois de décembre 1826, Richardson avait quitté le pavs par la voie du Mackenzie,
Indépendamment de l'expédition de sir John Franklin, le Grand Lac des Ours devint le point deralliement et de départde deux autres expéditions arctiques subséquentes : celle de Dease et de Thomas Simpson, en 1836, etcelle des Drs Richardson et Raë, en 1847. Le but de la première était d'explorer ce qui restait de côtes à découvrir et à reconnaitre entre la rivière du Cuivre, visitée en 1826 par sir Georces Back, et la pointe Turnagain, découverte en 1830 par sir James Clarke Ross.
Simpson et Dease construisirent, à cet effet, à l'embouchure de la rivière T'a-tchéwé-tch6, qui recut le nom de rivière Dease, le fort Confidence, dont le chef des Indiens Flancs-dechien, Sa-na-indi, le Soleil qui reluit, fut constitué le pourvoyeur (1). La position géographique de ce poste de secours était par 66° 53 36” de latitude nord, sous le Cercle polaire, et 121° 8 45” äe longitude O, de Paris; variation 48° 30° Est.
M. Nick Taylor, du fort Norman, faisait partie de cette expédition en qualité de pêcheur, et j'ai connu tant au Grand Lac des Ours qu’au fort Good-Hope bon nombre d’'Indiens qui avaient vu le jour dans les parages du fort
(1) Voir mon volume Autour du Grand Lac des Esclaves. Paris, 1891. Albert Savine, 12, rue des Pyramides, ch. 1X et X.
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Confidence, pendant que leurs familles chassaient pour les deux explorateurs écossais.
Après avoir découvert les côtes de la Terre de Victoria et poussé jusqu'au détroit du Dauphin et de l’Union, l'expédition rentra au fort Confidence, et Thomas Simpson regagna la Rivière-Rouge du Manitoba si gonflé d’orgueil et si infatué de lui-même, qu'il s’attribua tout le mérite de cette exploration arctique. Mais le malheureux ne profita pas longtemps de sa gloire. Il se suicida dans les prairies du Dakota en se sauvant à St Pol de la Minnésota, après avoir assassiné un Métis français, son guide, dont il convoitait la femme.
J'ai connu, au Grand Lac des Esclaves, une fille de M. Dease, Mme veuve Suzanne Sauvie, excellente catholique, mère d’une nombreuse et charmante famille.
Cette expédition aussi bien que la suivante furent dues à l'initiative de l'honorable Compagnie de la Baie d'Hudson.
L'expédition des Docteurs Richardson et Raë, en 1847, eut pour objet la recherche de Franklin et de ses infortunés compagnons, dont on ignorait le sort. Le 15 septembre, les deux explorateurs hivernèrent au fort Confidence, sous la guidance du Métis français Baptiste Brousse, que j'ai eu l’avantage de voir, en 1862, au Portage de la Loche. Ceite expédition fut infructueuse.
Enfin, en 1849-50, lelieutenant W. H. Hooper de l’expédition du Commandant Puilen, hi-
DU GRAND LAC DES OURS 8i
verna au Grand Lac des Ours, dans la cabane du pêcheur Nick Taylor, avant des’enretourner en Angleterre par la voie du Mackenzie et du Manitoba. Ce fut le dernier officier de marine qu'ait vu le Grand Lac des Ours. f
Le 18 mars 1866, j'allai visiter l'emplacement du fort Franklin. Il n’est séparé du fort Norman que par un bras de rivière, simple détroit avec courant, qui relie le petit lac des Oies grises à la baïe Keith, et par un petit marais de lichen. Cet emplacement est une terrasse naturelle de 25 pieds de haut, sablonneuse et étanche, exposée au sud-ouest et adossée à une forêt de sapins de belle venue, qui s'appuie elle-même sur les contreforts de la montagne ou colline des Petits-Poissons. On y Jouitdela vue del’extrémité de la baie Keith, large et profonde de 6 milles devant le fort, et de celle du Rocher Clarke, point culminant de la chaine Ennatchô-Kfwé, qui borde la rive droite du Mackenzie.
Je m'étonnais que M. Taylor n’eût pas choisi ce même site pour y placer le nouveau fort Norman, et qu'il n’eût pas donné à ce poste le nom de l’immortel Franklin; mais l'examen de ces lieux redevenus déserts me fit comprendre la raison de cette indifférence: l'emplacement de l’hivernement du célèbre explorateur est devenu un pauvre cimetière indien. O néant ironique des choses terrestres! Tandis que le savant etzélé marin, emporté loin de sa patrie et de la plus aimante des épouses par l'amour de
manioc — a £ ns 1e 108 2 SPORE RUE D DeREeC carre to " L ”. ” =
la gloire etdes découvertes, a laissé sa dépouille au fond des mers polaires, dans un recoin glacé de Regent-Strait, l'Indien humble, ignorant et inconnu dort paisiblement son grand sommeil sous les bras de la croix, dans cesol que jouia la valeureuse expédition anglaise de 1825!
Tout ce qui reste du fort Franklin est une souche de sapin sciée horizontalement au niveau d’eau, à trois pieds du sol, etsurlaquelle le grand explorateur déposait son compas de marine. Devant ce tronc d'arbre, il venait faire ses calculs astronomiques. Un cercle y est demeuré tracé dansle bois.
Je me suis assis sur ce support d’habitacle, pour dessiner le vaste mais mélancolique panorama de la baie Keith, dont j'ai l'honneur d’offrir à mes lecteurs une réduction très exacte, et méditer sur les désenchantement des choses terrestres.
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