‹ Exploration de la région du Grand lac des Ours [microforme]Chapitre 19 sur 54 · LAS ARTE OR PS RUE T · texte numérisé non relu

LAS ARTE OR PS RUE T

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nous ébranler. Ils sont vicieux, tandis que nous voyons bien que tu nous aimes, que tu ne t’occupes que de notre bien et ne penses qu’à notre salut. Tu nous le prouves depuis longtemps par ies longs voyages que tu entreprends our nous visiter et nous secourir ; par la patience avec laquelle tu nous supportes; par le plaisir quetu goûtes à demeurer au milieu de nous.

Ce n'est pas 7èlé (M. Taylor) ni ses petits Anglais qui agiraientde la sorte, eux qui ne travaillent qu'à faire de nous des païens, qui ne viennent ici que pour courtiser nos femmes et nos filles, bouleverser nos loges et y faire main basse sur tout ce qui leur plait.

« Depuis quatre hivers que tu nous visites, ils nous ont envoyé deux ministres protestants ot deux maitres d'école ; ces derniers, pour faire de nos enfants des protestants. Eh bien, qu’avons-nous fait, nous qu'ils appellent des Esclaves ? Nous les avons contraints de partir, par notre indifférence et notre dédain. Tu n'étais pas là ; ils avaient beau jeu. Eh bien, ils n’ont pu venir à bout d’un seul d'entre nous. Ils nous ont pris par force trois enfants. Ton serviteur actuel, X télé, en était un; ils l'avaient réclamé parce qu'il est le fils naturel d'un de leurs bourgeois, M. Brisebois. Eh b.en, demande-lui ur peu comment cela marchait, dans leur école protestante? Au lieu d'y profiter, ils devenaien! des polissons. Ils y ont appris des choses que nous ignorons dans les bois. Ces enfants les ontabandonnés, et aujourd’hui tout est à terre,

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dans leur camp, tandis que tu as conquis tout le monde rien qu'en te présentant. Dès que nous apprenons ta venue, notre cœur chante et &anse. C'est à qui te fera le plus d'instances pour t'avoir et te posséder. Tu le vois, il n’y a pas le moindre danger que les pratestants nous tournent jamais la tête. »

Cette harangue me fit du bien. Elle me procurait une grande consolation en me démortrant combien avait été efficace la grâce de Dieu, sur ces âmes jadis si abandonnées. Elle m était un dédommagement nécessaire et bien légitime aux fatigues, aux peines et à l’isolement que l’évangélisation de cette poignée de prétendus sauvages me coûtait. J'en remerciai Dieu du fond du cœur, le priant de ne pas permettre que je fusse inférieur à la tâche dont Il avait daigner in’honorer

Au fond de ce Dernier-Steppe, les Esclaves vivaient dans l’abondance du bois sec, de l’eau fraiche des lacs, de la proximité des rennes, et des chauds rayons du soleil, Nul ne les inquiétait, rien ne pouvait troubler leur paix. Deux jeunes gens qui apparurent, pendant ma seconde journée de séjour au camp, venant du lac

l'ou-koné, leur apprirent que le renne abondait dans le sud et qu’ilallait probablement nous quitter; car pas une seule bande ne faisait mine de remonter vers le nord. Ils venaient donc les inviter à se joindre à eux.Mais mes néophytes n'en firent rien, et les deux Éicha-Ottiné s'enretournèrent comme iis étaient venus, Cependant

il aurait fallu bien peu de chose pour troubler cette quiétude d’honnètes gens qui n'ont pas d’ennemis et rien à se reprocher. J'en eus la preuve en voyant, un jour, mon hôte entrer chez lui d’un air épouvanté, en criant de ce ton apathique, dolent et trainard qui caractérise les Esclaves:

— « Sé déjyékhé! Par mes ancètres ! que les enfants deviennent mauvais, de nos jours! Qui a Jamais vu des enfants doux et bons jouer à se faire la guerre, se poursuivre avecdes couteaux de bois, feindre de s’égorger comme des caribous, se tirer des coups de fusil avec des gaules, contrefaire les blessés et les morts? Qui a jamais vu cela, chez nous? Eh bien, voilà ce que je viens de voir, de mes propres yeux. Le cœur m'en bat d'émotion, j'en suis épouvanté; J'en ai la chair de poule. Quel démon inspire à nos enfants des jeux aussi criminels ? Quel grand malheur cela re pronostique-t-il pas à notre nation, dans un avenir prochain ? Quand l'enfant joue avec la mort, est-ce qu'il ne l'appelle pas sur sa jeune tête ? Il est possible que, chez les Blancs. les enfants jouent entre eux de la sorte; mais j'en prends à témoin tous mes parents, jamais, au grand Jamais, nous n'avions encore vu nos enfants défier la mort etla provoquer de la sorte, Puisse Ettsoun (1) ne les avoir point vus ni entendus!

( L'ange ou génie de la mort, On le prend souvent pour la mort elle-même,

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Puisse-t-1l, s’il les a ouïs, ne pas se rendre à leurs ignorants désirs! »

Après cette tirade, Zouzé-tchô s’assit ou plutôt s’affaissa, en donnant les signes de la plus grande surexcitation nerveuse. Je dus détourner le présage que le pauvre homme avait vu dans ce jeu d'enfants, en excusant les bambins de mon mieux. Mais je me gardai bien de lui dire que les jeux favoris des enfants civilisés sont de feindre la chasse, la guerre ou la poursuite des voleurs par les gendarmes; car j’aurais achevé de l’abattre en le portant à croire que les Blancs sont des misérables et que leurs enfants sont pleins de malice dès leur bas-âge. Alors, qu'attendre de bon de pareilles gens ?

Ah! que de sujets de scandale puéril les pauvres Dènè rencontreraient chez nous !

Quelques Indiens de ce camp me demandèrent cequ'ils devaient penser d’une nouvelle nation d'hommes à peau blanche, que Télé affirmait s'être mise en possession de l'Alaska, et quidevait bientôt, disait-il, envahir le Mackenie pour massacrer tous les Dènè. Le portrait que les jeunes Orcadiens du fort Norman leur avait fait de ces Yankis où gens aux longs couteaux, Bié-tehô-Gottiné, était plus qu'hyperbolique : des dents de castor longues de trois pouces, une mâchoire de tigre, une barbe de renne mâle, et de gros yeux ronds à fleur de tète. Les pauvres Indiens ajoutaient à voix basse, avec un air mystérieux et consterné qui me fit éclater de rire, qu'il était arrivé, l'au-

tomne dernier, pour ces hommes-monstres, de grandes caisses pleines de longs couteaux, de revolvers et de bowie-knives, avec lesquels ils se proposaient de perpétrer bientôt leur œuvre d’extermination.

Si ces contes à dormir debout étaient une tactique du petit M. Nick pour s'attacher davantage les Danites du lac des Ours, en exploitant par la terreur leur crédulité d'enfants, et en leur inspirant un bel effroi pour les nouveaux compétiteurs de la Compagnie d'Hudson-Bay, il faut avouer qu’il avait eu peu de jugeotte; car tôt ou tard les mensonges se découvrent et les injusticesse payent.Je pensai doncquecen’avait été là qu'une plaisanteriede ses serviteurs.

Inutile d'assurer mes lecteurs que je détrompai les pauvres Esclaves, en leur assurant qu'ils ne verraient jamais les Américains dans le Mackenzie, tant aue l’Honorable Compagnie y résiderait, et que, lors même qu’ils en deviendraient les maîtres quelque jour, il est peu probable que les Dènè eussent à y perdre; qu’en tout cas. nous, prêtres français, ne les abandonnerions jamais, et que nous saurions bien les recommander et les protéger.

[ne faudrait cependant pas croire que tous les Dènè soient aussi dénués de malice que Zouzé-1ch0 et les pusillanimes que je venais de rassurer; après mom repas, ce même jour, je visitai un autre Esclave nommé Zets6-biekk'a-enh,et surnommé par les Blancs Carillon-t'a ou le Père Carillon, qui mit ma pa-

tience et ma modération à une rude épreuve,

Cet homme avait été frappé tout à coup d'épilepsie, l'été précédent, sans qu’on ait pu en assigner la cause. Depuis lors, il avait eu tant d'accès.et en était si affecté que l’on craignait que sa raison ne déménageàt.

Je l’avais consolé de mon mieux, je lui avais pardonné ses fautes et lonné 1es médicaments dont je pouvais disposer, bien que je ne pusse compter sur leur efficacité, lorsque mon attention fut attirée par des plaintes qui partaient des parois de la loge du malade. Je lève la tête et que vois-je ? Un pauvre enfant de six à huit mois enfoui tout nu et sans aucun soin de propreté dans un sac de peau rempli de poils de renne, et suspendu par ce sac aux perches de la tente. Je m’informe, et l'on m'’apprend que le malheureux bébé, fruit d’un commerce illégitime entre le Flane-de-Chien Zatsiézélè et la sœur de Carillon-t'a, venait de perdre sa mère peu de jours avant mon arrivée, et que son barbare de père l'avait renié.

L'enfant était voué à la mort par inanition.

On lui avait suspendu üuu cou un morceau de gras de renne attaché à une ficeile, et le pauvre petit suçait jour et nuit ce morceau de lard, pour tromper sa faim. Ces gens-là avaient assez de dureté de cœur pour contempler sans pitié les contractions douleureuses de ce petit visäge vieillot de famélique, plissé, ridé par la lente et eruelle agonie qui le déprivait peu à peu de toutes ses chairs, Ce petit squelette animé

offrait à la vue quelque chose d’épouvantable. L'expression de désespoir, qui se lisait en effrayants caractères dans les yeux hagards et brülants de ce petitenfant sans mère nicaresses, me perça le cœur. Elle me révèla un des côtés sombres et terribles de la sauvagerie:

l'indifférence pour les maux d'autrui, l'égoisme à l'égard des malheureux, des orphelins, des moribonds. Ah ! combien il est nécessaire que la religion opère encore de changements, chez les infidèles même les plus doux, pour en faire des chrétiens !

Mais Carillon-t'a n'était plus un infidèle.

C'était un chrétien. Je le priai d'envoyer cet enfant chez moi par une femme ayant du lait, l’assurant que je le ferais conduire à l’orphelinat de la Providence, où il serait élevé gratuitement. Je lui promis même une récompense s’il agissait de la sorte. Il me répondit que, si je voulais emporter moi-même l'enfant sur mon dos et le nourrir jusqu'au fort Norman, il y consentirait volontiers, puisque cet enfant était condamné à la mort; mais que jamais personne ne voudrait le porter si loin, parce qu'un petit enfant n’en valait pas la peine. Privé de sa mère, renié par son père, tant valait-il qu’il mourüt. Il finit en me demandant un morceau de viande pour le pauvre orphelin, dont nul ne se souciait et qui, d’ailleurs, était incapable de manger de la viande.

La réponse cruelle de ce quémandeur sans entrailles dont la tente regorgeait de provi-

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sions, et qui demandait à Dieu sa propre guérison à deux genoux, tandis qu’if laissait mourir d'inanition à son côté l'enfant de sa propre sœur, me transporta d’une telle indignation que, craignant de dépasser les bornes de la modération, je sortis de chez lui brusquement et sans lui dire un mot de plus. Le misérable venait de me soutenir qu'il n’y avait aucune loi qui l’obligeât à nourrir son neveu, füt-ce mème pour l'empêcher de mourir de faim!

Je réunis alors tout le camp et, dévoilant publiquement ce qui se passait chez l’épileptique, je sommai les mères de famille de s’en tendre entre elles pour donner à tour de rôle le sein à ce pauvre enfant, afin de lui sauver la vie. Je leur fis, de plus, un devoir de conscience de me l’amener, afin que je pusse l’envoyer aux Sœurs de charité. Ils promirent tout ; mais, à mon retour, J'attendis vainement l’arrivée de l’enfant. Peu de temps après, J'appris avec douleur que personne ne m'avait tenu parole et que le malheureux petit marty r'avait enfin été enterré vivant par son propre père, l’homme qui tuait soixante rennes par jour !

De tels crimes déconcertent le prêtre; ils ébranlent son courage; ils le font douter de la bonne foi de ses ouailles nouvellement converties. Je sais bien que la bonne moitié des Indiens de ce camp était encore infidèle; que le pèrede l'enfant était un chaman et un esprit-fort ineurable ; qu'un autre Flanc-de-Chien vivait ostensiblement et à ma barbe avec trois femmes,

remplaçant toujours la plus vieille par de plus jeunes; mais les chrétiens, les chrétiennes, que ne se montraient-ils avec ce courage qui leur faisait braver Tele'etses serviteurs protestants”?

En tout cas, des infanticides accomplis avec tant de barbarie et de cruauté expliquent l’extinction rapide et toujours croissante des Indiens d'Amérique. Quand des parents sont assez dénaturés pour assassiner froidement le fruit de leurs entrailles, ils perdent le droit de murmurer contre le Seigneur. Il abandonne leur vie à l’ange de la mort. Voilà ce qu'aurait dû déplorer Zouzé-tchô, au lieu de se scandaliser d’un innocent jeu d'enfants.

Le lendemain soir, les sauvages me dirent qu'ils désiraient honorer ma visite par une grande danse et un festin général. Ils me prièrent de leur dire si je voulais bien accepter l’un et l'autre et présider à leurs divertissements.

Sachant que les danses danites n'offrent aucun danger pour les bonnes mœurs, à moins qu'on ne s’y adonne avec excès et sans modération, je me prêtai paternellement à leur désir, et la danse commença le dimanche soir à l'issue du diner, autour d’un grand feu allumé en plein air, par 35° centigrades de froid sous zéro. Il fallait avoir de la vertu pour danser par une telle température, avouez-le; mais il est à croire que c'était plutôt la folie que la vertu qui mettait leur jambes en mouvement.

Après avoir chanté tous leurs airs et les avoir dansés sur 1e même rythme, qui ne comporte

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qu’une seule figure, le monome circulaire, mes Esclaves passèrent en revue tous les airs flancsde-chien, puis tous ceux des Peaux-de-Lièvre, et même ceux des Loucheux. C'est ce qui rend leurs danses ennuyeuses à l'excès ; parce qu’elles sont toujours les mêmes chez toutes les tribus de race danite, eu égard à cette imitation de tous par tous.

Cependant, Je vis là pour la première fois la danse des oiseaux. On y répète sans cesse les mots suivants :

« Ey!ey! ey! ayitili! ayitili!

«Eyley!ey! sékké koyin!sékkè koyin!»

Cela ressemble beaucoup plus à une bourrée dansée par des ours qu’à un sautillement d’oiseaux; mais peu importe, acceptons-le pour ce qu’on nous le donne.

Qui ne voulait pas en entendre parler, par exemple, c'était Yettanétel, cet homme qui avait laissé Nitajiyé tuer son petit beau-frère. En catéchumène sérieux, il vint dévotement me dire à l'oreille, de l’air d’un homme scandalisé, que ce chant et cette danse d'oiseaux avaient un caractère magique très malin, qui appartenait au répertoire des chamans. Il me priait donc de les faire cesser aussitôt. Tant il est vrai que l'imagination ou la seule intention peuvent transformer en mal les actions les plus inoffensives et les plus indifférentes.

Je ris au nez de Yettanétel, en lui répondant que je ne voyais, dans cet air niais, rien de

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pire que dans tout ce qu'on m'avait hurlé aux oreilles depuis le commencement de la fête.

J'’espérais qu'après avoir sautillé en rond une couple d'heures, en foulant leur grain dans l’aire, — un exercice qui serait très apprécié et très divertissant à Bicêtre ou à Charenton, — mes néophytes en auraient assez de cet amusement vertueux et héroïque, et qu'ils s’empresseraient d'aller se coucher. Mais il n’en fut rien. Je m’aperçus qu’au fond du Dernier-Steppe du Grand Lac des Ours, comme à l'Opéra de Paris, il est plus facile de mettre des danseurs et surtout des danseuses en branle que d'arrêter leurs jambes quand elles sontune fois lancées. Quelque monotones et macabres que fussent, à mon goût, les airs de musique qu’ils m'avaient hullulés à l'unisson, quelque souverainement ennuyeuses que fussent leurs trépidations de monome, mes bons Danites Esclaves y trouvèrent une si grande délectation artistique, que je n’eus pas le cœur d’interrompre un divertissement si innocent et si bien fait pour éteindre à jamais les feux de la concupiscence.

C'était un coup d’œil navrant, — je n'ose pas dire risible, — que le spectacle de ce petit acie de folie humaine, de ces vieillards, de ces mèresgrand, la tête ruisselante de sueur, leurs cheveux gris devenus blancs de frimas et congelés, raidis par le froid, se trémousser niaisement en jetant aux échos du désert les sempiternelles et toujours renaissantes vocalisations

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de leur partition naïve. J’en eus bientôt assez du bal donné en mon honneur et des fusillades que la jeunesse venait tirer au-dessus de ma ‘ète, et j'allai me coucher, bercé par la complainte : « sékkè koyin! sékkè koyin ! la brume « est sur moi ! la brume est sur moi ! »

Je passai dix jours entiers dans ce camp, où mon serviteur, le Métis franco-flanc-de-chien Paul Ælêlê Brisebois, avait son oncle maternel, Yakkay, où le Bœuf-musqué. En m'en retournant chez moi, en la compagnie de ce jeune homme, élevé dans les bois en vrai sauvage, je fus encore obligé de courir devant mes chiens de trait dès que nous eûmes atteint la baie Keith, parce que mon guide perdait la tête.

Quelque invraisemblable que puisse paraitre cette assertion qui revient si souvent dans mes récits, j'en garantis l’authenticité. Une multitude de faits semblables m'ont convaincu que la tête d’un Européen est encore meilleure que celle d’un sauvage, même dans le milieu où celui-ci a vu le jour et où s'écoule son existence. Sans ma présence d'esprit et mon intervention, dans la présente circonslance, Xlélè se serait bel et bien égaré sur le Grand Lac des Ours, son pays, par une poudrerie (1j médiocre de l'Est, et aurait sans doute trouvé la mort à moins de deux lieues de ma maisonnette !

l) Tourmente de neige congelée.

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