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vers leslacs/ntaa-l'ié ouNounk/fwè-djiqhé-l'ié, en pays flanc-de-chien. Durant l'après-midi du 27, nous croisàmes deux autres sentiers parallèles à celui-ci, mais sans y voir personne. À 7 heures du soir, j'avais franchi la montagneplateau de Kodlen-chiw, et campai sur ses déclivités méridionales, n’apercevant autre chose qu'un autre steppe de Li:en à peine coupé de quelques bouquets de sa; : grêles, et où un mirage décevant nous procura la féerie d’un grand beau lac, encore distant de deux jours de marche, et qui s’évanouit à nos yeux avec les derniers feux du soleil.
Le 1° mars, j'atteignis ce grand bassin, le lac du Bras, T'ou-koné-t'oue, dont les dimensions sont si vastes, que je ne pus apercevoir l’autre rive. On peut facilenrent lui assigner 30 kilomètres de long sur 5 à 9 de large.
J'aurais bien vouluenfairelerelevé exact, car la carte ne porte aucune de ces données géographiques; mais je ne pus le faire que bien superficiellement, à cause du froid intolérable de — 43° centigrades qui régnait alors sur le lac, et que rendait encore plus douloureux un vent très piquant du sud-est. Par une température semblable il n’y a ni géographie, ni sentimentalité, ni enthousiasme scientifique ou poétique qui puissent résister à la nécessité de se tenir parfaitement emmitouflé dans ses fourrures et blotti au fond de son traineau
La veille, nous avions encorerencontré quatre nouveaux sentiers indiens dont l’un m'avait
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conduit au lac du Bras. Mais alors il changea de direction et se dirigea vers l'Est, comme les autres. Évidemment on n’ y était venu qu’en reconnaissance, à la recherche des rennes que, l’on ne rencontrait plus nulle part; et il nous devenait évident que la disette régnait aux bords du Mackenzie, puisque tous les Dènè vagraient les forêts de l'Est.
Cependant, durant l’après-midi, nous rencontrâmes enfin un petit troupeau de rennes composé de trente têtes. Il débucha sur nous à une demi-portée de fusil, et, comme nous n'étions pas sur nos gardes, il nous surprit tellement qu’il put se rembucher sans avoir reçu le salut d’un seul coup de feu. J'y perdis mème une excellente arme à deux coups, qui était posée à plat et toute chargée, sur mon traineau. Mes chiens, en s’élançant après les rennes, projetèrent mon fusil contre un sapin où il se rompit en deux comme du verre, parce qu'il était gelé. En même temps les deux coups partaient à la fois, heureusement sans blesser personne.
Nous parcourions alors lamontagne-plateau Chüv-kolla, qui mesure plus de dix lieues de large. J'y vis les premiers pins de Banks ou, si l'on veut, les derniers pins que l’on rencontre en venant du sud; car, par le fait, le 64° 22’ de latitude nord, qu’occupe cette zone élevée, est la limite de ce conifère, vers le nord. En 1864, j'avais déjà traversé cette ligne de faite, mais un peu plus bas, sous le 64° 30° et
en pays flanc-de-chien ; tandis qu'ici nousétions chez les Esclaves ou Étcha-Ottiné. Cette montagne porte sur ma carte le nom de Van-den- Bergh, que je lui avais alors donné.
Toute la journée du 2 mars fut employée à traverser ce plateau et à donner la chasse à un autre troupeau de rennes dont nous y fimes la rencontre, Il nous conduisit sur un sentier qui se dirigeait, cette fois, de l’Est à l'Ouest, et que mes guides voulurent absolument suivre en dépit de mes protestations, parce qu'ils prétendaient que c’était la route d’approvisionnement du fort Simpson, la plus récemment frayée par les chasseurs de ce poste, et qu’elle ne pouvait manquer de nous yconduire très promptement,
Etant à la merci de ces Indiens, je dus nécessairement me soumettre à leur volonté.
Ce sentier nous fit décrire un grand circuit au sommet de Chiw-kolla, vers l'extrémité méridionale du lac Nounk/iwè-djighe, et n’aboutit qu’à une simple cache-à-viande; ce que les Anglais appellent une cairn.
Je pus jouir alors de l'air déconfit et penaud de mes deux guides. Lorsqu'ils voulurent rentrer dans le droit chemin que nous avions suivi précédemment, nous nous trouvâmes au milieu d’un tel labyrinthe de pistes de chasse, que nous y égarâmes nos pas et dûmes bivouaquer sans avoir retrouvé la véritable sente.
Marchant à l’aventure, le 3 mars, nous traversâmes le beau lac des Souchets, Xlo-tikka-
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Franklin découvrit leÿ mars1827etqu'illongea du N.-E. au S.-0., sans lui avoir imposé aucun nom.
Deux autres lacs encore plus vastes lui font suite, sur ia carte du grand navigateur. C'est pourquoi je leur ai donné le nom de ce grand homme. Ce fut par eux qu'ilgagnale Mackenzie, dont j'aperçus les rivages à peu de distance. Mais je me detournai de cette voie, parce que, à 10 heures du matin, les guides retombèrent sur l’ancien sentier battu, qui était, évidemment, celui du fort Simpson.
En mème temps que ce chemin, nous trouvàämes un renne très gras que des chasseurs esclaves y avaient abandonné, après en avoir enlevé la langue et les flancs. Ce nous fut une preuve ou bien que ces Indiens nageaïent dans l'abondance de viande de renne, ou bien que leur clan était trop éloigné pour qu’ils eussent pu y transporter la chair de cet animal.
Nous en régalâmes nos chiens.
Du lac des Souchets on distingue à l'horizon, dans le sud, la Dernière-Montagne, Etéyéché, sous for :n1e d’une bande bleuâtre qui tremblotte dans la brume.
Ce nom seul est une preuve que les Dènè se sont introduits dans le Mackenzie par le nord; parce que, effectivement, Etéyé-chié est la dernière chaine transversale que l’on rencontre en allant du nord au sud; de même que E{atchô-kfwèré, le premier Promontoire, est la première en rang dans la mème direction. Les
Canadiens appellent Étéyé-chié montagne de la Corne; ce que les Anglais ont traduit par Horn-Mountain, parce qu'ils ont confondu éteyé, dernier, avec ét, qui signifie corne.
Je traversai pendant cette journée six petits lacs, mais surtout le beau lac du Glacier aux sapins, l'tsou-khwèni-t'oué, qui mesure 20 kilomètres de long, et à l'extrémité duquel je campai dans une forèt de grands pins, sveltes comme des palmiers.
Le 4 mars, je parcourus 13 lacs, traversui la rivière des Coquilles, Gounkfwara-l'oué, qui marie les eaux d’un lac de même nom à celui du Glacier, et allai déjeuner, à 10 heures du matin, au sommet de Étéyé-chié. Les coquilles dont il est ici question sont celles de l’urio fluvialis, qui est extrèmement commune dans les lacs et les rivières de l’Amérique du nord.
Incendiée en 1868 par l’incur'ie des sauvages, la montagnedelaCorne nous présenta l’aspectle plus lugubre. Il y a de l’insanité chez lez Dènè à ravager ainsi leur triste pays, en le déprivant bien inutilement de la seule chose qui puisse lui concilier un peu d’admiration : ses forêts de sapins.
Après le déjeuner et grâce à un sentier de plus en plus dur et bien frayé, nous reprimes notre course effrénée à travers glaciers, lacs, steppes et bois brûlés. Je bivouaquai sur l’emplacement d'un camp esclave abandonné, après avoir traversé 12 lacs et atteint la pente méridicn.ie de ladite montagne.
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Le 5 mars, je traversai 42 lacs ou marais avant d'atteindre la rivière de l'Élan, Rata-tidié, appelée erronément par les Canadiens rivière des Saules. Elle à l'aspect et la largeur de la Drôme. Nous campâmes sur ses bords glacés, et n’atteignimes le fort Simpson que le 7,à 2 heures de l’après-midi, après 26 jours de marche forcée, depuis le fort Good-Hope, et la traversée de 142 lacs de toutes dimensions.
Après m'être reposé une journée au fort Simpson, je continuai ma route vers la mission de la Providence, avec le seul Alexandre X/wié, n'ayant qu’à suivre le lit du Mackenzie, dont la glace nous offrit une route naturelle et bien plus commode, après tout, que l'asile et le couvert des forêts. En sept autres journées de marche j’atteignis le but de mon voyage, ce qui porta celui-ci à 33 jours consécutifs de marche à la raquette.
Parti malade de Notre-Dame de Bonne Espé-
‘rance et couché dans un traineau, j'arrivai à
l'hospice des Sœurs de charité à pied et faisant mes douze lieues par jour. Il ne me restait plus, dès lors, qu'à... m'en retourner par la première occasion, après leur avoir offert mes respectueux hommages.
Elle ne se fit pas attendre.
Voilà par quelle hygiène se traitent les missionnaires du Bas-Mackenzie, en cas de maladie, Le moyen est bon à suivre et à proposer à nos Facultés de médecine.
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