LA HAUTEUR DES TERRES PAR BLAIKLOCK
U 24e au 33e mille, le pays est comparativement de niveau ; c'est un plateau élevé, qui a ses coteaux, ses marais et ses savannes, légèrement incliné vers l'Ouest avec les eaux qui coulent dans le Tourille.
Quoique ces coteaux soient peu élevés, il en est cependant qui sont escarpés; le roc est presqu'à la surface du sol et perce au sommet ; le sol qui le couvre est mince et composé de gros sable et de gravois avec beaucoup de pierres à la surface, le tout couvert d'une couche épaisse de mousse ; dans les savannes l'on voit une tourbe et une mousse noire d'un pied et demi à deux pieds d'épaissseur ; le bois est de l'épinette noire, du sapin et du bouleau blanc, mais d'une crue très-petite et rabougrie.
Du sommet d'une élévation, dans le 33e mille, on peut voir le pays pour dix milles à la ronde; il paraît brisé par des montagnes qui sont comme des vagues (particulièrement dans le Nord-Ouest et le Nord- Est,1* courtes et détachées, avec des rochers qui percent au sommet ; le bois est noir et rabougri, et le sol maigre, couvert de pier res et de sable ; les arbres sont aussi reu versés en grand nombre.
Depuis le 33e mille le pays est coupé par de profondes ravines et des coteaux de rochers escarpés. Dans le 38e mille, la ligne traverse un lac long et étroit dont les eaux se déchargent au Sud-Est ; il a quatre milles de long sur environ J de large et forme la source des eaux de la branche Nord-Ouest de la rivière Jacques Cartier ; ce lac reçoit ses eaux à plusieurs milles à la ronde. A environ deux milles à l'Ouest de la tête de ce lac, on rencontre le Metaubetchoan, grande rivière qui se décharge dans le lac St. Jean. Au 39e mille, la ligne traverse les premières eaux tributaires du Metaubetchoan, et le terrain penche vers l'Ouest. Au 45e mille, la ligne traverse un endroit très-élevé dans la rangée des montagnes, et offre un point de vue étendu au Sud et au Sud-Ouest du pays, qui est brisé, rocheux et stérile, comme on l'a déjà décrit ; sur un autre point élevé je pouvais voir de l'autre côté de la vallée du Metau' betchoan, au Nord-Ouest, à une distance de 20 milles; à l'Ouest de la rivière le pays ne paraissait pas aussi brisé ; les montagnes s'élevaient les unes au-dessus des autres jusqu'à ce qu'elles se perdissent dans la dis tance; d'après leur apparence, j'oserais dire que la terre était de beaucoup meilleure qu'aucune partie de celle sur la ligne qu'on
eût encore passé. Au Sud-Est et au Nord- Est, aussi loin que la vue peut s'étendre, on voit encore les mêmes coteaux tristes et stériles ; ce point paraît être à la plus grande hauteur des terres dans la seconde chaîne de montagnes, et le terrain s'abaisse graduellement au Nord et au Nord-Est.
Du 23e mille au 45e mille, le pays semblerait avoir la même élévation générale, et quoique bien coupé et brisé par des montagnes et des coteaux, il est le bassin dans lequel les rivières Ste. Anne, Jacques-Cartier, Batiscan, Metaubetchoan et Espicabaw prennent leurs sources ; il est si pauvre et si stérile que je ne crois pas que les terres soient bonnes à aucune chose quelconque.
Du sommet d'un coteau dans le 54e mille, je pouvais voir bien loin dans une direction Sud ; le pays conserve le même caractère stérile et montagneux, avec des rocs et des rochers dans toutes les directions ; le sol est de la plus pauvre description, et le bois est rabougris et petit — (sapin, épinette noire et bouleau blanc.) Je pus aussi apercevoir un grand brûlé au Sud-Est et au Nord-Est, aux environs des sources de l'Upicabaw ou rivière à l'Ecorce.
Ici les montagnes prennent de nouveau une forme continue ; quand elles ne suivent point la direction de quelques grands cours d'eau elles prennent une direction Nord- Est et Sud-Ouest ; mais elles sont tellement coupées par* les ravines et les petits ruisseaux qui descendent de leurs flancs que le pays paraît être absolument bouleversé. Un trait particulier de ces montagnes, c'est qu'elles s'élèvent par une suite de montées presque perpendiculaires e. sont toujours plus escarpées au Sud et au Sud- Est qu'au Nord et Nord-Ouest. Depuis le 39e mille, toutes les eaux coulent vers l'Ouest et s'unissent à celles du Metaubetchoan.
Au 56e mille, la ligne coupe une branche considérable de la rivière Upicabaw, et la coupe de nouveau au 58e mille. Ce cours d'eau vient du Sud-Est et est bordé de hautes rangées de montagnes rocheuses.
Mais après avoir coupé de nouveau la ligne il continue sa course tortueuse à travers une savanne plate, dans une direction Nord, et unissant ses eaux à celles d'une autre grande branche qui v ient aussi du Sud-Est, il suit cette direction pendant plusieurs milles, lorsqu'il tourne à peu près vers le Nord-Est ; et après avoir couru dans cette direction pendant plus de trente milles entre des montagnes élevées et irréguhères, il décharge ses eaux au milieu du lac Kauogami.
Aux 55J milles la ligne entre dans un grand brûlé où le bois a tout été détruit par le feu et se trouve aujourd'hui remplacé par une seconde crue de cerisiers, de saules, de peupliers, de bouleaux blancs et de broussailles. La matière végétale a été consumée par le feu, et il ne reste plus qu'une couche légère de sable et de gravois ■qui couvre les rochers ; dans quelques endroits ce n'est qu'une mousse légère. Ce Brûlé s'étend à une grande distance au Sud-Ouest et au Nord-Ouest et varie de douze à vingt milles en largeur.
A l'Ouest de la ligne, à environ deux milles du 58e poteau de mille, se trouve un lac qui est la source de la branche Sud-Est de la rivière Metasquiac, un des plus grandstributaires du Metaubetchoan. Cette rivière coule dans une vallée profonde, direction 0. S. 0., et est bordée par deux rangées de montagnes hautes, escarpées et rocheuses; elle est rejointe à quelques milles de sa source par une autre grande branche qui vient du N. E. Il y a un nombre de grands et petits lacs sur ce cours d'eau, auprès de quelques-uns desquels la ligne passe. Ces deux branches sont navigables pour de petits canots.
Du 58e au 68e le pays continue à être brisé et coupé, les montagnes s'abaissent graduellement et se détachent à mesure que vous avancez vers le Nord. Au 60e mille, j'envoyai mon assistant avec un parti d'hommes pour avoir des provisions à l'un des dépôts sur le Metaubetchoan, (qui se tiouve éloigné ici de douze milles) ; faisant ainsi vers l'Ouest une section transversale du pays. Sur sa route, il ne vit pas moins de treize petits et grands lacs, tous tributaires de la branche Nord-Est du Metasquiac ; tout le pays était brûlé à un demimille de la rivière et n'était pas aussi brisé ni aussi montagneux que jusqu'ici.
J'ai aussi fait une autre exploration transversale, à partir du 68e mille, pour rencontrer mon canot voyageur sur la rivière, qui était aussi éloignée d'environ douze milles. Cette ligne a traversé plusieurs lacs, et le terrain était beaucoup moins brisé, plus ondulé de coteaux, mais le sol est de la plus pauvre description.
Du 68e au 77e mille, la ligne traverse une étendue de terres plus unies. Les coteaux sont bas et ondulés, les vallées qui les séparent sont larges et sont généralement des savannes et marais à épinette.
C'est le bassin où la branche i ord-Est du Metasquiac prend sa source, ainsi que le Kishpahagan et quelques-uns des tributaires
du Upicabaw. La ligne traverse la branche principale du Kishpahagan au 75e mille, laquelle branche prend sa source dans un grand lac situé entre la ligne et la rivière Metabetchouan.