DE LA HAUTEUR DES TERRES AU LAC ST, JEAN, PAR BLAIKXOCK
\EPUIS le 77e mille, la ligne passe le long d'une rangée de montagnes difficiles et brisées pendant environ quatre milles. C'est dans ces montagnes que la rivière Kishpahaganish prend sa source; elle coule dans une direction Nord-Est. A l'Ouest de cette rangée il y a un grand lac dont les eaux coulent dans le Metaubetchoan.
Du sommet de cette rangée de montagnes j'ai eu plusieurs points de vue étendus de pays à l'Ouest, au Nord et à l'Est. A l'Ouest et au Nord-Ouest ce sont des coteaux couverts de bois sombres, avec çà et là des quan ités de bouleaux blancs près de leurs sommets, et une rangée de coteaux peu élevés sur les bords de la rivière Metaubetchoan. A l'Est et au Nord-Est apparaissent des coteaux ondulés peu élevés, avec une étendue considérable de terrain marécageux, couvert d'un bois sombre, (épinette, sapin, bouleau blanc, et de la mélèze ) Je pouvais voir les vallées du Kishpahagan et Kispahaganish, , courant dans une direction Nord-Est. Depuis cet endroit, le pays s'abaisse rapidement vers le Nord et le Nord-Est. Depuis le 83e mille le terrain descend très rapidement pour deux milles dans les bas-fonds qui bordent la rivière Metaubetchoan, qui s'approche ici très près de la ligne et la suit jusqu'au 87e mille. Cette rivière tourne alors vers le Nord-Ouest et la ligne monte de nouveau un coteau élevé et escarpé. Près de l'ext émité du 85e mille, la ligne est coupée par un ruisseau de 66 pieds de large, d'une eau morte et profonde qui est la décharge d'un grand lac situé à l'Est de la ligne ; ce lac a environ 5 milles de long et entre \\ à 2 milles de large, et est presque situé Nord et Sud.
Le pays s'améliore sensiblement dans cette dernière section ; le bois est plus grand et plus gros et p us varié. Outre le oois le plus commun déjà mentionné, on y trouve le bouleau noir, le peuplier, le mélèze et la plain -, avec des broussailles de bois dur ; le sol est aussi d'une nature plus propre à la culture.
Depuis le 94e mille jusqu'à près de l'extrémité de la ligne, le pays est très brisé,
difficile et rocheux, et s'abaisse rapidement vers le lac. Quelques-unes des montagnes sont tout-à-fait inaccessibles, particulièrement dans les trois derniers milles dans lesquels la ligne coupe trois fois le Metaubetchoan. Les rives sont ici formées par de» bancs de rochers qui varient de un à trois cents pieds de hauteur, et les eaux en sont précipitées dans le lac St. Jean, au-dessous, par une succession de chûtes et de cascades qui se fraient un chemin dans cette gorge étroite de la chaîne de montagnes.
Il y a dans cette section quelques endroits où le sol est bon, bien qu'il soit très-coupé par des coteaux et des monticules. Le bois est gros, élevé et d'une bonne description ; le bouleau blanc, le bouleau noir, le sapin, le peuplier, le .pin rouge et blanc et des mélèzes, avec quelques cèdres et érables. Où le sol n 'est pas trop pierreux et trop rocheux, il est composé d'une bonne marne sèche. Il pourrait y avoir quelques centaines de billots de sciage de pin rouge et blanc à quelque» milles du lac.
Le Metaubetchoan, qui se décharge dans le lac St. Jean, e-t une grande rivière d'au moins quatre-vingt-dix milles en longueur et large d environ quatre-vingt verges pour soixante milles ; elle prend sa source entre les rivières Ste. Anne et Batiscan, et coule dans une direction N. N 0. Elle passe par sept ou huit lacs assez considérables et par autant de chûtes et de mauvais rapides. Elle est n .vigable pour les canots dans toute sa longueur, jusqu'à sa source. Les bords de cette rivière offrent bien peu d'endroits où l'on pourrait faire quelques bonnes fermes, mais, généralement parlant, la terre est d'une qualité inférieure.