‹ Exploration de Quebec au Lac St. JeanChapitre 40 sur 50 · LE SAGUENAY DEPUIS · texte numérisé non relu

LE SAGUENAY DEPUIS

\M. les abbés A. Beaudry et Ant.

Racine déployèrent en cette circonstance une ardeur et une volonté incroyables en faveur de la belle œuvre de la colonisation des terres du Saguenay, que rien ne put ni lasser ni fléchir Le sentiment national dont l'âme de ces Apôtres ■était inondé sut passionner la foule et faire entrer la jeunesse de cette paroisse dans l'heureuse disposition de coloniser cette belle contrée. Une Association fut formée et le siège de ses opérations fut fixé sur les bords fertiles de la rivière aux tables, dans le canton Jonquière. Plusieurs écrits furent publiés dans le même temps et attirèrent l'attention publique sur le grand et vaste territoire du Saguenay et du lac St. Jean.

Cette pensée de la colonisation fut portée comme l'éclair d'un bout à l'autre du pays. On vit dès lors la paroisse de la Baie St. Paul s'organiser aussi en société pour coloniser le canton Signay, situé sur le bord du Lac St. Jean ; tandis que M. l'abbé Boucher, curé de St. Ambroise, près de Québec, doue qu'il était d'un rare courage, s'aventurait avec quelques-uns de ses paroissiens dans les immenses forêts voisines du lac St. Jean pour y établir aussi lui une colonie. Mais la distance trop considérable qui existait entre cette place et Québec, jointe à la difficulté des communications, découragèrent la plupart de ceux qui avaient entrepris le voyage ; plusieurs abandonnèrent la partie. Malgré ce désappointement, M. Boucher ne se laissa pas abattre ; au contraire, avec le petit nombre qui lui demeura fidèle, il s'arma d'un plus grand courage encore et fit commencer les défrichements près de la Belle Rivière, dans le canton Caron.

L'exemple de ces zélés Prêtres et laïcs ne resta pas sans imitateurs. Dès le mois de janvier 181:9 une vaste association fut formée à Ste. Anne de la Pocatière, laquelle comprenait toutes les paroisses des comtés de l'Islet et de Kamouraska. M. l'abbé N. F. Hébert, alors curé de St. Pascal, était l'âme de l'entreprise et y déploya une énergie peu commune. Il fut vaillamment secondé par M M, les abbés F. X. Delâge, curé de llslet; Louis Parent, curé de St. Jean-Port- Joli ; D. H. Têtu, curé de St. Roch ; L. A. Bour ret, curé de Ste. Anne ; Chs. Bégin, curé de la Rivière-Ouelle et J. H. Routier, curé de Kamouraska; ainsi que par un grand nombre de personnes des paroisses sus-mentionnées. Le siège des travaux de cette

nouvelle Société fut fixé sur la rivière des Aulnais, dans le canton Labarre, avoisinant le Lac Kinogomichi ; et, auquel endroit des travaux considérables de défrichements furent exécutés chaque côté de la Rivière et du Lac en question.

Encore d 3rnièrement, nous voyions M.

l'abbé Tremblay curé de Beauport, se dévouer à la cause de la colonisation des bords du Lac St. Jean avec tout le zèle désintéressé dont il n'a cessé de faire preuve dans toutes circonstances. Ce monsieur, avec l'aide des personnes les plus influentes de sa paroisse, s'est empressé d'organiser une Assosiation de défricheurs qui ont commencé à abattre la forêt dans le canton Achamacouane près de la Pointe Bleue du Lac St. Jean, et dans le canton Tremblay, vis-à-vis Chicoutimi. La plus noble émulation règne parmi les membres de cette nouvelle Association, et les progrès dt jà atteints garantissent un plein succès pour l'avenir.

Environ 200 colons ont pris des lots dans l'un ou l'autre centre. Sur ce nombre une trentaine ont travaillé sur leurs lots, et huit ou dix ont pu semer au printemps de 1862. On estime l'étendue de leurs défrichements de la première année à environ 180 ou 200 acres. Plusieurs chefs de famille, quoique pauvres se préparent à aller demeurer incessamment sur leurs lots, voulant au plus tôt changer leur condition de journalier en celui de cultivateur. Heureuse transformation qu'il serait utile d'encourager, non-seulement par des paroles, mais aussi par des moyens pécuniaires, par le ministère d'une Association de Secours, .... par exemple.

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