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LES PROGRES REALISES

E Comté de Chicoutimi comprend la presque totalité de la population du Saguenay. Mr. Drapeau en nous donnant les renseignements qui suivent sur ses progrès, nous donne une appréciation assez exacte des grands résultats obtenus déjà sur tout le parcours do la Rivière Saguenay, de sa source à son embouchure.

Ce comté est situé en arrière de ceux de Charlevoix et Saguenay. et comprend cette immense contrée qui s'étend depuis les environs de l'Anse St Jean, sur la Rivière du Saguenay, jusqu'aux dernières limites nord, embrassant les grandes vallées formées par la Rivière du Saguenay et le Lac St. Jean. Dans le but de développer les ressources de l'intérieur du Saguenay et faire face aux besoins toujours croissants de la colonisation dans cette partie du pays, le gouvernement

à fait ouvrir des routes de colonisation qui ont puissamment contribué aux développement de la contrée. A part les chemins ouverts par le Département des Travaux Publics, il n'a pas été dépensé moins de $87,200 pour l'ouverture de nouvelles routes depuis 1854 outre une somme de $41,000 pour glissoires ou autres travaux publics exécutés pour les fins du commerce et l'exploitation des forêts.

Durant l'année 1862 il a descendu par les eaux du Saguenay 43, 289 billots de pin blanc, 7,000 billots d'épinette et 715 pièces de bois de construction pour les vaisseeux, outre une immense quantité de madriers, planches, lattes, bardeaux, etc., envoyés dans des goélettes.

Il y a quinze ans, l'exportation seul des madriers du Saguenay s'élevait à environ $140,000, suivant que le constatent les rapports de H. Jessopp, ecr., alors collecteur des douanes.

L'auteur de la brochure sur le Saguenay, que je citais dans l'introduction de cette Etude, mentionne que " la maison Price charge tous les ans environ 20 bâtiments européens à Chicoutimi, et 10 à la Grande- Baie. Quelques-uns prennent jusqu'à 27,000 madriers. La valeur du bois ainsi directement exporté en Europe s'élève à environ $180,000. La même maison exporte encore chaque année à Québrc et aux Etats- Unis pour environ $16,000 en bardeaux, bois scié et lattes. A part ce commerce étranger, il s'en fait un autre assez considérable avec les paroisses du fleuve, depuis Québec jusqu'à Rimouski. Nous croyons ne point nous tromper en disant que les ports de Chicoutimi et de la Grande Baie sont régulièrement fréquentés, pendant toute la saison, par 20 ou 30 goélettes dont chacune fait six à sept voyages à Québec et ailleurs, chargées de planches, madriers, fardeaux, bois de cordes et écorces de bouleaux."

D'après ces données, d'une exactitude incontestable sur le commerce du Saguenay, en 1851, on peut se former une idée de sa valeur d'aujourd'hui, puisque d'immenses travaux ont été exécutés depuis pour en faciliter les développements, est que l'extension des affaires généralement embrasse toutes les parties du pays.

Il y a dix ans, on comptait dans les limites de ce comté, qui forme ce qu'on appelle le Saguenay, une population totale de 5,864 âmes,. y compris 663 sauvages. D'après le recensement de 1861, on porte le chiffre de cette population à 10,478 habitants, y com- !

pris 258 sauvages. Comme on voit cette dernière classe diminue sensiblement.

Les défrichements, qui s'élevaient à 13,086 acres, en 1851 forment aujourd'hui une étendue de 40,415 acres.

Ces calculs démontrent donc que la population a doublé depuis dix ans, et que l'étendue du défrichement a triplé.

Le- recensement de 1861 constate qu'il y a actuellement 127,669 acres de terre possédés par la population du comté, dont40,415 acres sont en état de culture, comme je viens de le mentionner, et 87,254 acres sont en bois debout.

Les récoltes de 1860 ont donné 156,911 minots de grains et 102,273 minots de patates, formant en tout 259,184 minots et 3,648 tonneaux de foin, le tout évalué à $182 575.27.

Les produits de l'industrie, tels que le sucre, le beurre, la laine, l'étoffe foulée, la "flanelle, la toile et la filasse, s'élèvent à $32,956.97.

Le bétail, au chiffre de 18,746 têtes, vaut $217, 674.

Le revenu des jardins est estimé à $5,760.

Les voitures d'agrément, au nombre de 892, valent $18,837.

La valeur des instruments aratoires est évaluée à $44,724 ; et eelle de la propriété foncière à $943,842.

Formant une richesse totale de $1,446, 369.24.

" Mais vous savez mieux que bien d'autres,— m'écrivait M. l'abbé Iremblay en date du 15 juin 1863, — à quoi tient le succès de la colonisation ! . . . . Oui, vous savez que sans voies de communication, sans chemins, nos plus belles terres ne sauraient rien valoir ! J'ai visité le Lac St. Jean l'année dernière ; le sol y est d'une richesse extraordinaire, arrosé par de nombreuses petites rivières qui ne peuvent manquer de lui donner la plus grande fertilité ; joignez à cela, un climat aussi doux que celui de Québec et bien d'autres avantages, et vous aurez une idée de l'immense avantage qu'offriraient les terres du lac St. Jean aux colons s'ils avaient des chemins pour s'y rendre. Encore aujourd'hui, les colons sont obligés de faire le trajet de la Grande-Baie au Lac tantôt en voiture, tantôt en canots, et quelquefois à pieds.

" Si le gouvernement faisait terminer au plus vite le chemin Kinogomi, ce serait alors une grande difficulté de levée ; et si, d'un autre côté, le chemin de Québec au lac St. Jean s'ouvrait, oh ! cette fois,* vous verriez des centaines et des milliers de colons aller

s'établir sur le beau et riche territoire du Saguenay.

" Un bon nombre de mes colonisateurs se proposent de partir bientôt pour aller faire de nouveaux abattis sur leurs lots, au Lac. J'espère que plusieurs pourront faire d'assez jolies semences le printemps prochain. Comme vous voyez, il y a du zèle, mais il est à craindre que les obstacles qu'ils rencontrent au début, n'en découragent un certain nombre. Ce serait bien regrettable."

De tout ce qui précède nous devons con-

clure que l'avenir du lac St. Jean offre leplus belles espérances et qu'avec de plus grandes facilités de communication qui ses ront la conséquence nécessaire de l'augmentation de la population et des produits/ cette partie de notre territoire est appelée à devenir une des parties les plus importantes du diocèse de Québec. Ce sont ces voies da communication qu'il est important pour nous de créer et que nous étudierons souple titre de conclusion.

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