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LES INSTRUCTIONS DU MINISTRE D'AGRICUL- TURE

^A soirée se passe tout entière à discuter la possibilité d'ouvrir à la colonisation le pays que nous allions traverser Jusqu'ici rien ne s'opposait à la construction du chemin projeté, et la vallée de la rivière Huron dont nous suivions les contours offrait un terrain bien boisé, suivant des ondulations régulières, se prêtant bien à tous les travaux de la culture. Quelques lots même étaient d jà retenus par les nouveaux colons <jui se proposent de défricher cette nouvelle région. M. Blaicklock dans son exploration de 1849 et de 1852 de Stoneham au lac St. Jean avait suivi deux routes tout à fait différentes, la première suivant une direction nord, depuis le point de départ jusqu'au poste de la baie d'Hudson, à l'embouchure de la rivière Metabetchouan ; la seconde, se rendant au lac Jacques-Cartier en inclinant plus à l'Est et en passant par le lac Caché. C'était la route que nous d vions suivre jusqu'au lac Jacques-Cartier, en évitant toutefois les obstacles qui se présentent de Stoneham au lac

Caché en passant par la vallée de la rivière Huron sur les bords de laquelle nous étions alors campés. M. Neilson, qui avait accompagné M. Blaiklock dans son exploration jusqu'au lac Kenogomi, avait une idée assez exacte des difficultés qui nous attendaient de l'autre côté du lac Jacques-Cartier et insistait sur la nécessité où il se trouvait de hâter la marche de l'expédition pour éviter les neiges profondes qui de bonne heure en Novembre ensevelissent les terres hautes du lac Jacques-Cartier. Il était de la plus haute importance pour nous de franchir ces hauteurs le plus tôt possible, bien que nous fussions pourvus de raquettes, les premières neiges sont toujours des causes de retard et de fatigues, qui pouvaient compromettre la sûreté de l'exploration. Il était donc hors de question à une époque aussi avancée de la saison d'entreprendre autre chose que de traverser le pays en suivant la meilleure direction probable d'après les renseignements obtenus par lès deux explorations précédentes, en prenant note du pays traversé et en plaquant le chemin parcouru de manière à guider plus tard la localisation du tracé. C'était à cela au reste que se bornaient les instructions dn ministre d'agriculture aux chefs de l'exploration. Ces instructions sont à peu près le mot à mot de celles qui avaient été donnérs par l'Hon. M. Kvanturel, alors qu'il était ministre d'agriculture, avec cette différence que l'exploration avait pour but nonseulement l'ouverture d'une voie de communication avec la colonie du lac St. Jean, mais encore l'établissement du territoire situé sur le tracé du chemin, dont l'entretien n'était possible qu'autant que des colons seraient échelonnés sur tout son parcours. Voici ces instructions :

Bureau d'A»riculture, Québec, 17 octobre 1863.

Messieurs John Neilson et A. Hamel, arpenteurs, Québec.

Messieurs,

Une exploration préliminaire, afin de tracer une ligne praticable et avantageuse pour la construction du chemin proposé entre Québec et le lac Saint-Jean, ayant été jug^e nécessaire, vous avez été nommé* pour faire cette exploration, avec toute la célérité convenable.

Ayant après délibérations sur les avantages que peuvent offrir les localités situées aux environs des dernières habitations en arrière de Québec, fait choix du point de départ vous commencerez votre exploration dans la direction du lac Saint-Jean; et vous

la. poursuivrez dans le but proposé de tracer une ligne de chemin, par la voie la plus avant 'geuse qu'il vous sera possible de déterminer, entre votre dit point de départ et le lac Saint-Jean — aux environs de l'embouchure des rivières Ouiatchouan, Metabetchouan ou ailleurs, ou en tout autre endroit au bord du lac que vous jugerez le plus facile et le plus avantageux dans un but de colonisation, tant des terres situées de chaque côté du chemin que de celles situées aux environs du lac.

Pour vous aider de toute l'information que possède ce bureau relativement à la région qui s'étend entre Québec et le lac Saint- Jean, copie du rapport de M. F. W. Blaikîock sur son exploration (en 1849) depuis l'angle Sud de Stoneham, courant Nord 15 ° , Est 104J, jusqu'au bord du lac Saint- Jean, près de la décharge de la rivière Metabetchouan, vous est transmise, ainsi que „ deux plans figuratifs du pays en général qu'il atra versé directement ouqu'il a eu occasion d'examiner dans le cours de son exploration.

Dans l'exécution de cette exploration vous vous dispenserez de faire des mesurages du terrain, mais gardez notes des courses que vous suivrez dans la ligne explorée, laquelle vous plaquerez suffisamment pour qu'elle serve de direc:ion lorsqu'il sera question de localiser la ligne pour la construction du chemin proposé, si toutefois le résultat de vos explorations est favorable, ce dont vous dresserez un rapport détaillé pour ce bureau, mentionnant approximativement l'étendue des terres cultivables de chaque côté du chemin, les difficultés que vous pourrez rencontrer dans son ouverture et le coût probable de sa construction, accompagné d'un plan figuratif indiquant, d'une manière approximative, la position de la ligne que vous considérez la plus avantageuse pour 3'objet en contemplation.

Vous engagerez un parti d'hommes aux gages que la nature du service exigera et au nombre que vous jugerez nécessaire, et dans toutes les dépenses, tant pour votre parti que pour les transports, la plus grande économie vous est recommandée, et vous voudrez bien faire les comptes en double d'après les formules ci-jointes. J'ai, etc.,

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