‹ Exploration de Quebec au Lac St. JeanChapitre 6 sur 50 · L. Letellier, Ministre d'agriculture · texte numérisé non relu

L. Letellier, Ministre d'agriculture

UN FAUX GUIDE, v ES le point du jour, samedi le 24 octobre, nous levions le camp et à la suite d'un guide recommandé par la société de colonisation de St. Roch, nous pénétrions dans l'épaisse forêt,

tantôt côtoyant les flancs d'une colline, tantôt traversant une plaine humide plantée d'aulnages, dont les rameaux entrelacés s'opposaient à notre marche. Ici et là, des arbres renversés à franchir, des pentes glissantes et des montées rapides. Partout une couche de neige fondante chargeant les arbres et s'abattant comme une avalanche sur chacun de nous chaque fois qu'une secousse imprimée aux rameaux trahissait notre passage. Notre guide, avec une assurance imperturbable, semblait reconnaître chaque vallée, chaque colline, chaque ruisseau, chaque arbre, marchait toujours en avant ne s'arrêtant que pour permettre aux porteurs un instant de repos. Soudain nous arrivons aux pieds d'une montagne arymdie qu'il faut tourner à droite ou à gauche. M. Neilson consultant sa boussole, croit qu'il faut suivre la vallée à droite, qui doit traverser l'ancien sentier de M. Blaiklock. Le guide s'y oppose et prétend racourcir de beaucoup en prenant la valloe de gauche, et pour ne pas froisser la société de colonisation de St. Roch nous suivons son guide recommandé et décrivons trois quarts de cercle autour de cette malheureuse montagne qui nous fait perdre une demi-journée, au g and mécontentement de tout le parti. Le guide commence à perdre de son assurance et les porteurs se vengent des fatigues qu'il leur a inutilement fait souffrir en le badinant sur ses connaissances de la localité. Le soir nous campons encore dans la vallée de la rivière Huron, complètement trempés par la fonte de la neige dont les arbres étaient chargés et qui sous les rayons d'un soleil magnifique fondait en pluie abondante sous le couvert du bois.

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