‹ Exploration des affluents du Mississippi [microforme]Chapitre 10 sur 662 · LAC SUPÉRIEUR, MINES DE CUIVRE · texte numérisé non relu

LAC SUPÉRIEUR, MINES DE CUIVRE

des dagues, dont ils se servent. Le veri-de-gris découle par les crevasses et les fentes de rochers qui sont sur les bords, ct sur ceux des rivières qui y tombent. On prétend qu'il y en a dans l'ile de Minong et des islets qui sont entièrement de ce métal.

On trouve parmi le cailloutage de ce lac des morceaux d'un vert de belle couleur qui s’escrase aisément.

D'UNE AUTRE MINE DE CUIVRE QUI SE TROUVE DANS LE LAC SUPÉRIEUR, (Lettre 40. — À Québec, le... 1710.)

La mince dont je viens de vous parler, dans ma dernière lettre, n’est pas la seule qui soit dans le lac Supérieur. On en croit une très abondante dans une isle qui est au nord, visà-vis la rivière Michipicoton, à 8 ou 10 lieues au large. Peu de Sauvages y ont esté à cause des brumes ct des tonnerres, qui y sont fréquens. Ils disent qu'il y a des loupscerviers et des lièvres d’une grandeur prodigieuse.

Quatre Sauvages furent une fois poussez par un gros vent et obligez d'y débarquer. Voulant se préparer à manger, ils firent rougir des pierres pour mettre dans leur ouragan ou plat d’escorce, afin de faire cuire leur poisson. Parmi ces pierres, iis en trouvèrent qui estoient très pesantes et qui ressembloient à du métail; cela ne les empescha pas de s'en servir. Après avoir mangé, ils se rembarquèrent et emportèrent avec eux de ces pierres, dont il y en avoit en plaque. Le vert-de-gris ne tarda pas à faire connoistre la malignité de son poison, car peu après estre arrivez à leur cabane, trois en moururent, et le quatriesme, qui conta ce qui leur estoit

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