LAC SUPÉRIEUR. MINES DE CUIVRE
arrivé, mourut aussy bientost après, ce qui a donné une telle terreur aux autres Sauvages qu'ils n'ont osé y retourner. — Les uns disent que c'est la demeure du tonnerre, parce qu'il y tonne souvent; d’autres croyent que cette isle est flottante à cause que les vapeurs et les brumes dont elle est chargée, tantost plus et tantost moins, selon que le soleil les raréfie ou les espaissit, la font paroistre plus proche ou plus esloignée, — Ces brumes n'empeschent pas cependant qu'on la distingue d'une autre isle, qui est entre elle et la terre ferme. Ils s’imaginent tous que c'est le séjour d’un mauvais esprit, qu'ils appellent Michibichy, et disent avoir veu autour des poissons, qui ont la figure d'homme et qu’ils appellent Memogbissiouis, si bien que, quand ils passent dans cet endroit et mesme dans d'autres, où ils sçavent des mines, ils haranguent ce Michibichy et ces monstres, qu'ils croyent apparemment commis à leur garde, afin qu'ils ne les fassent point périr en passant, ct jettent du tabac dans l'eau pour qu'ils fument.
Tous les Sauvages croyent que, s'ils monstroient une mine à une autre personne, ils mourroient dans l’année; ils en sont si persuadés qu’il est quasi impossible de leur faire descouvrir, et c'est ce qui fait qu’on ne connoist que celles dont ils ne peuvent absolument cacher la connoissance.
DES SAUVAGES DE LA SAPINIÈRE ET DES ASSENIPOUALS. Lettre 50, —= A Québec, le... 1710,
Plus avant dans le nord du lac Supérieur, en tirant vers celuy d'Alemipigon, il y a des Sauvages qu'on nomme Sauvages de La Sapinière, qui descendent l'été à Kamanistigouya en traite sur ce premier lac. Ce sont des gens crrans et compris dans ceux du Nord.
Les Assenipouals viendroient facilement commercer sur les bords de ce lac, s'ils n'avoient pas la guerre avec les Christinaux. Ces Sauvages sont nombreux, et quelques François ont pénétré dans leur pays. Ils assurent qu’à huit journées de chez eux, il y a une grande rivière qui sort du lac qui porte leur nom, et qu’elle va et vient tous les jours, — ce qui s'explique par le flux et le reflux, — qu’ils ont veu plusieurs fois de grands canots à la voile dessus, — ce sont des navires, — mais que les peuples qui sont dans ces grands canots ne traitent pas avec eux, et les tuent quand ils les peuvent attraper; que cependant ils sont faits comme nous.
Ces Sauvages ont apparemment pénétré jusques à la Mer de l'Ouest, et il y a apparence que les peuples dont ils parlent sont les Espagnols. On auroit trouvé cette mer, si ceux qui avoient eu ce dessein n’avoient pas esté arrestez en chemin par le profit qu'ils trouvoient dans le commerce du castor; outre qu'un particulier seul ne peut faire cette entreprise. Elle seroit cependant aisée, et on pourroit la faire en passant chez les Sioux ou les Assenipouals, ou par le Missouri, qui est une grande rivière qui va toujours à l’ouest. Il est certain, suivant le rapport de tous les Sauvages, qu'on pénétreroit chez
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