‹ Exploration des affluents du Mississippi [microforme]Chapitre 9 sur 662 · DU LAC SUPÉRIEUR ET D'UNE MINE DE CUIVRE · texte numérisé non relu

DU LAC SUPÉRIEUR ET D'UNE MINE DE CUIVRE

(Lettre 48, — A Québec, le... 1710 )

Le lac Supérieur a, selon la supputation des voyageurs, 250 lieues de long. — La figure en est d'un arc bandé, et on trouve à l'ouest une langue ou pointe de terre, nommée Kiouenam, qui avance plus de trente lieues, et qui fait la figure de la flesche.

Le costé du nord est affreux par une chaisne de rochers et de montagnes. Cette chaisne commence vers la mer, un peu au-dessous de Québec, continue dans ce costé du lac et se perd vers les Assenipouels. Partie des gens des terres viennent s'y habituer pour y vivre de poisson, sçavent les limites des terres qu'ils y occupent et souvent s’y font la guerre.

Quand il doit faire mauvais temps, on le connoist par les houles de ce lac, ce qui donne lieu aux voyageurs de seretirer et mettre à terre dans les anses, dont il est remply. Le costé du sud est bien différent. Il y a sur les bords des sables, sur lesquels l’eau enfle quelquefois de 12 à 18 pieds, lorsqu'il vente; ensuite les terres y sont bonnes. — Les Outavois y estoient autrefois establis et y semoient quantité de bled d'Inde; mais ils ont esté obligez d'abandonner à cause de la guerre qu'ils avoient avec les Sioux. Les bois sont beaux et de toute sorte, et il y a, outre les bestes qui se trouvent au nord, du cerf et du chevreuil en quantité et mesme, dans cer-

taines années, des bœufs illinois.

Il est quasi certain qu'il y a des mines de cuivre sur les bords de ce lac et dans les isles qui sont dedans. On trouve sur le sable des morceaux de ce métal, et les Sauvages en font

Page 1