‹ Exploration des affluents du Mississippi [microforme]Chapitre 12 sur 662 · SIOUX · texte numérisé non relu

SIOUX

des peuples policés comme nous, ou mesme dans la Chine, comme quelques-uns le prétendent.

DES SAUVAGES SIOUX, (Lettre 51, — A Québec, le, ., 1710.)

Les Sauvages Sioux habitent sur les bords du fleuve du Mississipi, au-dessus du Sault-Saint-Antoine, aux environs du lac Supérieur et mesme plus nord. Ces peuples sont très nombreux et errans ; suivant quelques-uns, ils composent dixsept villages et, selon d’autres, onze. On n'en connoist que trois, qui sont les Tintons, les Songasquitons et les Oudebaetons. Ils vivent de chasse et de folle avoine. Leur langue n’a aucune ressemblance avec celle des autres Sauvages. Elle tient des prononciations chinoises.

Ces Sauvages ont quelque idée ‘des Espagnols. Ils ont la guerre avec toutes les nations des lacs. Ils sont bons coureurs, adroits à la découverte, braves, aguerris et très obéissans à leurs chefs. Les autres Sauvages disent que ce sont des hommes. C’est la plus grande louange qu'ils se puissent donner les uns aux autres. Elle veut dire qu'on est très brave et qu'on sçait mourir avec fermeté. Ces Sauvages aussi ne craignent point la mort; ils sçavent se la donner, d’abord qu'ils ne voyent point d'apparence de pouvoir se sauver des

mains de leurs ennemis : ce qui fait qu’on n’en prend jamais en vie; mais s'ils sont cruels à eux-mesmes, ils ne le sont point aux autres. Ils renvoyent ordinairement les prisonniers qu’ils font dans l’espérance d’avoir la paix, et ce n'est qu'après une grande perte de leurs gens et estre las de renvoyer des prisonniers, qu’ils en font brusler, Ils ne les font point souffrir,

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