SAGEAN RETOURNE AU FORT D'ORANGE
beaucoup d’ostentation, les chevelures tenant à la peau des testes de seize hommes François, qu'ils avoient massacrés et mangés, plantées sur des perches comme des estendards, qui marquoient leur victoire à la porte de leur chef ou général d'armée. Ledit général et les autres chefs ou officiers de sor ‘rmée les furent conduire avec trois cents hommes armés jusqu'à moitié chemin, à la considération, comme ils disoient, du gouverneur anglois, qui les avoit envoyés, pour qui ils leur donnèrent deux douzaines d’escharpes ou ceintures de peaux de caribou, brodées de grains de porcelaine, représentant diverses figures d'animaux et autres, et bordées de franges de poil de porc espic, teint en diverses couleurs, le tout bien tissé, qui est la chose du monde qu'ils estiment le plus, mesme au-dessus de l'or, lequel présent ils disoient faire audit gouverneur pour cimenter et aflermir l'alliance qui estoit entre eux et les Anglois, et ils réitérèrent leurs premieres protestations de ne pardonner jamais aux François et de ne faire jamais de paix avec eux, tant que Île soleil et la lune marcheroient, avec ordre exprès d’en assurer ledit gouverneur, En se séparant, ils recommandèrent audit Sagean et aux Hollandois de la Compagnie de prier de leur part l'Onnontio de se souvenir de leur envoyer de la poudre et autres munitions, et firent une décharge de leurs armes à feu en criant : Vive l'Onnontio.
Après cette cérémonie, ledit Sagean et sa Compagnie continuèrent leur chemin jusqu’au fort d'Orange, où ils menèrent les dix personnes qu'ils avoient rachctées. Un Hollandois, habitant de la ville, laquelle se nomme aussi la ville d'Orange, qui estoit sans enfans et fort riche, adopta la petite fille, qui n’avoit qu’un an, pour en faire l'héritière de tous ses biens;
120 SAGEAN S'ARRÈTE A HOOK-LAND.
les trois femmes furent ensuite envoyées à New-York, au ser. vice de celle du nouveau Gouverneur, dont il sera parlé cyaprès, et les six hommes furent dispersés dans des villes circonvoisines, pour y travailler à gagner leur vie.
Ledit Sagean séjourna cinq jours audit fort d'Orange, après son retour du camp des Iroquois, y recevant tousjours les mesmes bons traitemens du commandant, et le sixiesme jour, il se rembarqua sur la rivière pour retourner à New-York, escorté de dix hommes, sçavoir quatre soldats de la garnison et six habitans. Ils apprirent bien des nouvelles, pendant leur trajet, par les gens d’une chaloupe qu'ils rencontrèrent en un endroit, qui s'appelle Hoock Land, qui leur dirent qu’on avoit eu advis à New-York de la déclaration de la guerre entre les deux Couronnes : celle de France et celle d'Angleterre, secondée de cette fameuse ligue, dont tous les desseins contre la France ont eschoué; qu'il y estoit arrivé six vaisseaux de guerre avec un nouveau gouverneur nommé Milord S/ater, envoyé de la part du Roy Guillaume pour relever et chastier l'ancien gouverneur nommé Linsselaer, Suisse de nation et de religion protestante, qui, ayant usurpé le gouvernement, quoyqu'il ne fust qu’un simple marchand, mais fort riche, refusoit de rendre la forteresse, ayant trouvé le secret de se faire seconder dans sa révolte par le peuple, en luy persuadant que ces vaisseaux et ledit Slater venoient de la part du Roi Jacques, et à fausses enseignes, pour les surprendre; et que lesdits vaisseaux battoient ladite forteresse qui, de son costé se défendoit avec fureur, ce qui obligea ledit Sagean et ceux qui estoïent de sa compagnie, de s’arrester audit lieu de Hoockland jusqu’à estre plus amplement informés de ce qui se passoit à New-York. — Ils y sejournèrent quatre jours et y
appri Iroqu huit dans causo disant qu'il attein dans < d'Ora Le qu apprir Vernet facteur apaisé York, Ils :
fortere Sagea
de rest
terrog(
intellid
gouver
quoy i
qui ax luy de dudit
n'est q voir p
pour s
ser -
Cycir-
près s les our, ork, ison leur n un avoit re les erre, ontre ax de