SIOUX
et, pour faire finir leurs peines plus tost, ils les enveloppent dans un canot d'escorce, où ils mettent le feu.
Ces Sauvages ne voyent point d'estrangers de leurs amis qu'ils ne leur racontent leurs morts ct qu'ils ne les pleurent et ne fassent des danses à leur honneur. C'est de leur pays qu'on tire les pierres rouges de calumet. La chasse y est bonne et abondante par la quantité d'animaux qui y sont. Ils en vivent et de folle avoine, qu'ils cueillent dans les marais qui sont autour d'eux.
Ces marais rendent leur pays inaccessible à leurs ennemis, qui ne laissent pas cependant d'y pénétrer, ce qui fait qu'ils sont tousjours sur la défiance et qu’ils dorment avec une dague à chaque main, et l’arc et la flesche sous leur teste.
Ils sont, à cause du peu de commerce qu'ils ont avec nous, sans aucune instruction du christianisme, Ils ont mille superstitions. Les uns adorent le soleil; les autres, la lune et les cstoiles, et font quantité de sacrifices pour se rendre leur divinité favorable.
Je ne crois pas qu'il y ait des femmes au monde plus misérables et traitées plus indignement que celles de ces Sauvages. Elles n'entrent dans la cabane de leurs maris que pour les nétoyer, les accommoder et pour servir ; elles restent dans une petite séparation qui est à l’entrée, avec les chiens. Quand elles sont en voyage, les Sauvages les chargent comme des mulets, ne les regardant, à proprement parler, que comme leurs esclaves.
Leurs cabanes ne sont point couvertes d'escorce, comme celles des autres nations; elles sont de peaux de chevreuil.
Mr CEE Tone