‹ Exploration des affluents du Mississippi [microforme]Chapitre 133 sur 662 · LE CAPITAINE ARRÊTÉ EN PERSF · texte numérisé non relu

LE CAPITAINE ARRÊTÉ EN PERSF

tant en nègres et en bestiaux. Après qu'ils se furent rafraischis, pendant quinze jours, audit Saint-Augustin, ils poursuivirent leur course le long de la coste de Mozambique, et furent à Mahil, 100 lieues de Madagascar, isle habitée par des Maures, où ils apprirent que M. de Serquigny estoit à l'isle de Joanna, environ 10 lieues de Mahil, allant aux Indes avec les vaisseaux du Roy qu'il commandoit. De là ils furent à la rivière de Cene, distante de Mahil de 40 lieues, où il y a un establissement de Portugais, qui y font la traite de la poudre d’or avec les nègres du pays. Ils n'y restèrent qu'une nuit, et s’en furent vers Bombas, à 30 lieues de là, où il y a aussi un establissement de Portugais; de Bombas ils furent, sans s’arrester, aux îles de Pattes, qui en sont à r4 ou 15 lieues, et qui appartiennent aux Arabes. Ils ne s'y arrestèrent pas non plus et s’en furent à l'isle de Saccator, distante des autres d'environ Go lieues, et appartenant aussi aux Arabes, où ils firent de l’eau et du bois pendant six jours, et entrèrent dans la mer Rouge, qu'ils parcoururent l'espace de trois semaines, sans y rien trouver non plus qu'ailleurs, que des vaisseaux de Maures, bien escortés de navires de guerre anglois et hollandois. Ils restèrent ensuite, pendant un mois, mouillés à l’île de Babe, dans ladite mer Rouge. Enfin,ennuyés de n’y rien faire, ils s'en furent dans le golphe de Perse, jusqu’au royaume de Seba, où le capitaine ayant mis pied à terre, avec seize hommes de son équipage, il y fut arresté avec ses gens à cause de ses pirateries, et comme on alloit pour se saisir aussi de quatre hommes qui estoient restés à garder la chaloupe, ceux-cy, ayant eu vent de la détention de leur capitaine et de leurs camarades, poussèrent au large et gagnèrent le bord. Ce que voyant, le maistre du bastiment et le reste de l'équipage, ils

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MATHIEU SAGEAN QUITTE LES PIRATES. 147 levèrent l'ancre et mirent à la voile. Ils furent le long de la coste de Mascate, où estant arrivés aux isles Plattes deux jours après, ils firent rencontre d'une espèce de petit bastiment, qu'on nomme Jong en ce pays-là, équipé d’Arabes et d'Arméniens. L'avant pris, ils y trouvèrent pour cent mille escus de perles (il y en avoit bien douze boisseaux), qu’ils venoient de pescher, et que les Anglois partagèrent entre eux, sans en faire part aux François ni aux autres estrangers qu'ils avoient pris et obligés de faire la course avec eux. Après avoir rodé dans ce golfe l’espace de deux mois et demy de temps, ils en sortirent et naviguèrent tout le long de la coste de Surate. Ils furent à Cravaille, dans le royaume de Sonde, où les Anglois ont une factorerie. À environ une lieue et demie dudit Cravaille, il y a une isle où les Portugais ont une forteresse, et qui a esté autrefois une retraite de voleurs et de pirates. Ils tirent du bois et de l’eau audit Cravaille, et ledit Sagean s’estant trouvé un de ceux qui y furent commandés pour aller à icrre, il prit cette occasion de s'eschapper, et se sauva à Ancola, 14 lieues de la ville et forteresse appartenant au Roy de Sonde, esloignée de la mer d'environ 12 lieues. Un Hollandois, qui estoit aussi de ceux de l'équipage du capitaine Léger, se sauva avec luy.

N'ayant point trouvé là de quoy réparer leur misère, ils sen furent à la ville capitale dudit royaume, résidence ordinaire du Roy, aussi nommée la ville de Sonde. Elle a une lorteresse de terre forte et sans aucune pierre, bois, ni palissade pour la soutenir et défendre. Il y a vingt-quatre canons en batterie, qui sont faits de plusieurs pièces à la mode de ce pays-là et du calibre de 12 et de 8.

En arrivant, ils rencontrèrent deux Portugais, qui faisoient

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