‹ Exploration des affluents du Mississippi [microforme]Chapitre 256 sur 662 · DES NAOUYDICHES SE JOIGNENT A LA HARPE · texte numérisé non relu

DES NAOUYDICHES SE JOIGNENT A LA HARPE

toit. Nous cabanasmes de l'autre costé du lac. A cinq heures du soir, un sauvage Naouydiche, qui estoit à la descouverte, nous ayant reconnus pour alliés, vint nous donner avis que les cabanages, que nous avions trouvés, estoient un party de guerre Cancy de soixante hommes, duquel il falloit se donner de garde; qu'à 6 lieues plus loin estoient rangés le grand chef Naouydiche sur le bord d'une des branches de la rivière des Oùüachitas, et quarante guerriers, qu’il alloit au village Touacara afin d'y voir le chef françois. Ce jour nous fismes 6 lieues au N.-O.

Le 28, nous marchasmes dans une belle prairie, diversifiée de costeaux et de bosquets ; nous y rencontrasmes une quantité prodigieuse de bœufs sauvages et grand nombre de loups; ils sont petits et ne sont point mauvais. Nous y aperceusmes aussi beaucoup de perdrix, de bécasses et de vanneaux. Le soir nous montasmes au sommet d’un rocher, à la descente duquel nous cabanasmes près d’un petit lac; le mesme soir ma chienne angloise s’esgara, de laquelle j'eus fort grand regret; l’on fit 3 lieues au N. un quart N.-E.

Le 29, nous avançasmes de 3 lieues au N.-N.-E. et traversasmes un bois assez difficile et plusieurs petites montagnes pierreuses. Nous entrasmes, après, dans des prairies, ensuite dans un bois fort espais, dans lequel nos guides nous esgarèrent. Après mille embarras, nous nous trouvasmes sur les bords de la branche du Ouest de la rivière des Ouachitas, laquelle se sépare à 20 lieues plus bas de l'autre branche, qui remonte dans le O.-N.-O. ; cette rivière se décharge dans la Rivière Rouge, à 14 lieues de son entrée. A deux heures de l'après-midi, nous joignismes le parti Naouydiche; il estoit occupé à boucaner des licornes. C'est

dich:

quel dans bois bran nous

Le quell prof d'un tomb

ruiss.

SEPT, 17 10, ON S'ARRÈTE A LABRANCHE O.-N.-0, DU OUACHITA. 287

un animal gros comme un moyen cheval; il a le poil roux de la couleur et longueur de celuy des chèvres, la jambe assez mince et dans le milieu du front une corne, sans branche, d’un demi-pied de long ; la viande en est très délicate. Cette descouverte se trouve conforme à ce que M. de Bienville avoit entendu dire des Sauvages que, dans le haut de la rivière des Oüachitas, il y avoit des licornes.

Le grand chef Naouydiche et ses guerriers me tesmoignèrent beaucoup d’amitié et me chantèrent dans cet endroit le Calumet, ce qui m'engagea à luy faire de nouveaux présents ; je leur montray les marcassites, que j'avois ramassées dans les montagnes; ils m’assurèrent que dans la mesme chaisnière au N.-E., d’où je l’avois pissée, ils avoient eu connoissance de plusieurs pierres métalliques fort pesantes.

Le 30, nous restasmes au cabanage; les Sauvages s'occupèrent à pescher plusieurs poissons dans un ruisseau qui restoit dans la rivière.

Le 51, nous nous mismes en marche avec le parti Naouydiche; nous trouvasmes un bois fort espais, à la sortie duquel nous entrasmes dans un autre bois plus clair; ensuite dans des prairies, au bout desquelles nous passasmes un bois, à la sortie duquel nous nous arrestasmes au bord de la branche du O.-N.-0. de la rivière des Ouachitas. Ce jour nous fismes 6 lieues dans le Nord un quart N.-O.

Le 1°", nous traversasmes la branche de la rivière, dans laquelle il n’y avoit pour lors que deux à trois pieds d'eau de profondeur ; nous suivismes un sentier à la droite le long d'un bois assez espais, qui nous mena à des hauteurs; nous tombasmes dans des prairies et vallons, où nous passasmes un

ruisseau, rempli de gros coquillages, faits en façon de ricados,

fi

Tite MCE

Page 1