‹ Exploration des affluents du Mississippi [microforme]Chapitre 27 sur 662 · NATIONS AVEC LESQUELLES ON N'A PAS TRAITÉE · texte numérisé non relu

NATIONS AVEC LESQUELLES ON N'A PAS TRAITÉE

départ tacite, car je ne vous mande rien que je ne soustienne et que je ne vérifie, et par la suite vous verrez clairement que je travaille plus pour le public que pour moy mesme. — Mon voyage des Nadouesioux en est une preuve incontestable, puisque les présens qu'il m’y faut faire ne sont pas de si petite conséquence que je n’en fasse bien dans les lieux de traitte, où il m'est facile d'aller sans courir tant de risques, tout au moins deux cens cinquante robes, sans néantmoins en pouvoir prétendre un sol, d'autant qu'acceptant les présens de paix et la faisant, ils ne respondent point, ct quand mesme ils seroient dans la volonté de respondre, ils ne le sçauroient, puisque le castor, qui y est, est encore en vie; et de me charger de peaux d'ours, ou de peaux de bœufs, qui sont les pelleteries qu'ils ont à présent, c’est ce que je ne feray pas. Cependant les présens sont faits et receus, et par ainsy la plus grande et la meilleure partie de ma marchandise donnée; nonobstant tout cela, j'auray travaillé pour l'hydre, car, s'il y en a un de content, quatre-vingt-dix-neuf se plaindront. Mais les plaintes ny la reconnoissance des uns et des autres me sont peu sensibles, pourveu que je sois assez heureux, Monseigneur, de ne vous pas déplaire, et que toutes les raisons que je vous allègue, qui ne contiennent que pure vérité, soyent assez fortes pour vous obliger à vous relascher de la rigueur des Ordonnances, sans quoy, je ne puis venir à bout de mon dessein; car, quand j'auray gagné les Nadouesioux ct que je leur auray fait promettre de descendre avec des Saulteurs, de quoy je ne fais nul doubte, ma résolution estant, comme vous aurez veu par l'entretien que j'eus avec Oumamins, de demeurer en ostage chez eux jusqu'à leur retour, je ne seray pour tout cela qu’au milieu de ma

carri à m veul ayat aux cux, auro pas soyc tout Nad desc

moit

moy

ordr soul ordr qui :

sera men s'en SC g reve à sa sçay man faisa sera pay

qui

ienne tque able, de si ix de ques, noins t Îles it, Ct re, ils 1 vie; s, qui feray ainsy donydre, laint des assez

que it que vous je ne pagné des- , ma \ que squ'à e ma

DU LHUT GËNÉ PAR LES ORDONNANCES. 35 carrière, veu que le plus grand obstacle que je voy pour aller à mon but est que je ne trouveray pas un François qui veuille se risquer à cause des deffenses. Mais, Monseigneur, ayant vos ordres, par lesquels il ne sera fait aucun tort, tant aux biens qu'à la personne de ceux qui descendront avec eux, et lesquels les reconduiront pour venir quérir ce qu'ils auront icy, d'autant qu’en les menant à vous je ne souffriray pas qu'ils emportent aucune pelleterie, à cette fin qu'ils soyent plus en estat de veiller dans les portages et pendant tout le chemin à ce que l'on ne fasse aucune insulte aux Nadouesioux, je vous promets qu'il n’y en a pas un qui ne descende, et bien plus je me flatte que ies trois quarts au moins de ceux qui sont icy hault ont assez de confiance en moy pour faire ce que je leur dirois, si j'estois porteur de vos ordres. Et comme j'hyverneray aux Nadouesioux, si vous souhaitez, Monseigneur, qu’il en descende, m'envoyant un ordre pour cela, vous aurez la bonté de l’adresser au Père, qui sera lors à Sainte-Marie du Sault, estant incertain si ce sera le Père Baloquet ou le Père Enjalran qui y est présentement, et cette incertitude cst causée sur ce que le premier, s'en allant au commencement de Febvrier à Michiiimakinac, se gela trois ou quatre doigts des pieds, ce qui l’empescha de revenir au Sault,et ce qui obligea le R. P. Nouvel d'envoyer à sa place sur la fin dudit mois le P. Enjalran, lequel je ne sçay pas s'il y restera ou non, ct par ainsy je ne puis vous mander au vray le nom de celuy qui y sera. Toutefois me faisant l'honneur de m'escrire, vous ordonnerez à celuy qui y sera de m'envoyer vos lettres par quelques Saulteurs, que je payeray, ou bien de les remettre entre les mains des Francois,

qui les luy demanderont de ma part, car pour moy et ceux Vi. 3

Page 1